Les frappes américano-israéliennes ont tué, en un mois de guerre, de nombreux hauts dignitaires iraniens, à l'instar du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution dont la mort a été confirmée ce lundi.
À l'aube du deuxième mois de guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran, les forces occidentales ont abattu un grand nombre de cibles parmi les hauts responsables politiques et militaires de la République islamique.
Le président américain Donald Trump s'est ainsi vanté d'avoir obtenu un «changement de régime», tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a estimé que l'Iran était «en train d'être décimé».
Le point sur les figures clés du pouvoir iranien tuées jusqu'à présent.
Le guide suprême
L'ayatollah Ali Khamenei, numéro un du pouvoir iranien depuis 1989, a été tué au premier jour de la guerre, le 28 février, lors d'une frappe sur Téhéran qui a également coûté la vie à plusieurs membres de sa famille.
Son fils Mojtaba Khamenei a été désigné comme son successeur officiel. Alors qu'il n'est, à ce stade, jamais apparu en public, il serait, selon plusieurs sources américaines, gravement blessé après une frappe aérienne sur Téhéran.
Le commandant de la marine
L'Iran a confirmé ce lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière avec d'autres officiers supérieurs. Il était tenu, entre autres, responsable du blocage du détroit d'Ormuz.
Alireza Tangsiri était par ailleurs une des figures des forces armées les plus connues du grand public. Ce vétéran de la guerre Iran-Irak (1980-1988) dirigeait la marine depuis 2018.
Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale
La mort d'Ali Larijani est probablement la perte la plus lourde subie par la République islamique après la disparition d'Ali Khamenei. Il a été tué le 17 mars lors d'une frappe israélienne qui a aussi tué des membres de sa famille, dans la région de Téhéran.
Il était considéré comme l'un des hommes les plus puissants d'Iran, dirigeant la diplomatie, la défense et les services de sécurité depuis l'été 2025 et jouant un rôle clé dans la répression des manifestations iraniennes en 2026.
Ali Larijani était notamment charger de préparer l'Iran à la guerre et protéger le système de la république islamique en cas d’assassinat de ses dirigeants. Il supervisait par ailleurs les négociations autour de l'accord sur le programme nucléaire iranien.
L'homme avait aussi exercé les fonctions de président de l’Assemblée consultative d’Iran jusqu’en 2020 et de directeur de l'Islamic Republic of Iran Broadcasting (IRIB), la radio-télévision d'État jusqu’à sa mort. Il avait été candidat à l’élection présidentielle du pays en 2024.
Le commandant en chef des Gardiens de la Révolution
Mohammad Pakpour, ex-chef des forces terrestres des Gardiens de la Révolution, a été tué au premier jour de la guerre et a été remplacé par l'ancien ministre de l'Intérieur et de la Défense, Ahmad Vahidi.
Il dirigeait l'armée idéologique depuis juin 2025, date à laquelle il avait succédé à Hossein Salami, tué pendant la guerre de douze jours d'Israël contre l'Iran.
Le conseiller du guide suprême
Ali Shamkhani, pilier des forces armées depuis les années 1980, a lui aussi été tué au premier jour de la guerre. Il a eu droit à des funérailles publiques à Téhéran.
Le ministre du Renseignement
Esmaïl Khatib a été tué par une frappe israélienne à Téhéran le 18 mars. A son poste depuis 2021, il était accusé par les organisations de défense des droits humains d'avoir joué un rôle clé dans la répression de manifestations.
Le ministre de la Défense
Aziz Nasirzadeh, ministre de la Défense et ancien vétéran de la guerre Iran-Irak, a lui aussi été tué dans une frappe le premier jour de la guerre.
Le commandant du Bassidj
À la tête de cette milice qui réunit des volontaires, Gholamréza Soleimani, a été tué dans une frappe le 17 mars.
Le porte-parole des Gardiens de la Révolution
Ali-Mohammad Naïni a été tué dans la matinée du vendredi 27 mars dans ce que les Gardiens ont qualifié d'attaque «lâche» des Etats-Unis et d'Israël.
Juste avant que sa mort ne soit confirmée, l'agence de presse Fars avait publié une dépêche citant Ali-Mohammad Naïni, selon lequel la production de missiles de l'Iran méritait «la note parfaite» et se poursuivait malgré la guerre.
Le chef du bureau militaire du guide suprême
Mohammad Shirazi a été tué le premier jour de la guerre. Il avait la tâche cruciale de coordonner les différentes branches des forces de sécurité au sein du bureau du guide suprême.
Le chef d'état-major des forces armées
Abdolrahim Mousavi, tué le premier jour de la guerre, n'occupait son poste que depuis juin 2025, après la mort de son prédécesseur Mohammad Bagheri lors de la guerre des 12 jours.
deux morts décisives en 2020
Six ans avant le début du conflit «actuel» entre les États-Unis, Israël et l'Iran, deux hauts dignitaires qui occupaient une place primordiale dans l'organigramme du régime de la République islamique avaient été éliminés par les forces occidentales.
Il s'agit de Qassem Soleimani, général majeur et commandant de la Force Qods du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, et de Mohsen Fakhrizadeh, scientifique spécialiste du nucléaire et considéré comme le père du programme nucléaire militaire iranien.
Malgré ces pertes, certaines figures clés du régime iranien ont survécu, comme le président du parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf. La République islamique s’est également réorganisée, remplaçant les responsables tués, tout en poursuivant la guerre.