Les candidats au poste de Secrétaire général des Nations Unies vont être auditionnés cette semaine. Au nombre de quatre, les profils et parcours de ces prétendants seront examinés par les membres du Conseil de sécurité, avant que décision ne soit rendue.
En pleine tempête, l’ONU cherche un nouveau capitaine de vaisseau. L’actuel Secrétaire général, Antonio Guterres s’apprête en effet à céder le gouvernail après avoir passé près d’une décennie à la tête de l’institution. Les prétendants à sa succession vont être auditionnés cette semaine, en public, dans le cadre d’un grand oral. Une étape préliminaire avant la désignation de celui ou celle qui prendra la tête des Nations Unies.
Les candidats auront ainsi la lourde tâche de convaincre les membres du Conseil de sécurité. Bénéficiant du droit de veto, ce sont surtout les cinq membres permanents qui ont véritablement l’avenir des prétendants entre leurs mains, à savoir les Etats-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni et la France. Pour l’heure, quatre candidats briguent le poste de Secrétaire général des Nations Unies.
Michelle Bachelet

Âgée de 74 ans, Michelle Bachelet est une personnalité politique internationale de premier plan. Détenue et torturée en raison de son opposition au régime d'Augusto Pinochet, elle a été la première femme présidente du Chili, de 2006 à 2010 et de 2014 à 2018.
De sensibilité socialiste, elle a également été à la tête du Haut-commissariat de l'ONU pour les droits de l'Homme. L’exercice de ce poste sensible lui a notamment attiré quelques ressentiments. La Chine avait notamment critiqué vivement sa publication d'un rapport accablant sur le sort des Ouïghours, l'une des 55 minorités ethniques officiellement reconnues par Pékin.
Dans sa lettre de candidature pour le poste de Sécrataire général des Nations Unies, Michelle Bachelet se montre déterminée. Elle se dit notamment «convaincue» que son expérience l'a «préparée à affronter» une époque marquée par un système international en proie «à des défis d'une ampleur, d'une urgence et d'une complexité sans précédent».
Rafael Grossi

Le second prétendant est, lui, issu d’un pays plus à l’est. Diplomate de carrière, Rafael Grossi en effet originaire d’Argentine. Âgé de 65 ans, il s’est notamment illustré à la tête de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA), dont il a pris les rênes en 2019. Ce poste l’a amené à traiter de nombreux dossiers sensibles, dont le programme nucléaire iranien, ou encore les risques liés à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia occupée par les forces russes. Autant de sujets brûlants, en lien avec les conflits en cours et dans lesquels sont impliqués plusieurs des membres permanents du Conseil de sécurité.
Dans sa lettre de candidature, le diplomate plaide notamment pour un «retour (de l'ONU) à ses bases fondatrices : sauver l'humanité du fléau de la guerre». Un discours qui se veut à rebours de celui de nombre d’Etats qui soulignent plutôt l'importance de la cohabitation des trois piliers onusiens, à savoir la paix, les droits humains, et le développement.
Rebeca Grynspan

L’Amérique latine est décidément à l’honneur. La troisième candidate n’est autre que l’ancienne vice-présidente du Costa Rica, Rebeca Grynspan. Peu connue du grand public, elle dirige pourtant l’agence de l’ONU pour le Commerce et le Développement (Cnuced). Un poste qui l’a notamment amené à négocier «l'Initiative céréalière de la mer Noire». Cet accord, signé par Moscou et Kiev en 2022, visait à faciliter les exportations de céréales ukrainiennes après l'invasion russe de l'Ukraine.
Fille de parents juifs ayant «à peine survécu» à l'Holocauste avant d'immigrer au Costa Rica, Rebeca Grynspan met en avant son histoire personnelle dans sa lettre de candidature. Elle souligne ainsi son attachement à la Charte de l’ONU, fondée au sortir de la Seconde guerre mondiale, laquelle dispose : «un avertissement permanent contre les dangers de la déshumanisation, de la méfiance et de la fragmentation».
Macky Sall

Dernier candidat de cette liste, Macky Sall est le seul n’étant pas issu d’Amérique latine. Âgé de 64 ans, l’ancien président sénégalais a notamment été envoyé spécial du Pacte de Paris pour les Peuples et la Planète. Portée par le Burundi, sa candidature à l’ONU n’est toutefois pas soutenue son propre pays. Macky Sall est, en effet, accusé par les autorités sénégalaises d’avoir réprimé dans le sang les violentes manifestations politiques qui ont fait des dizaines de morts entre 2021 et 2024.
Dans sa lettre de candidature, Macky Sall souligne la nécessité d’entretenir le lien entre deux des piliers onusiens, la paix et le développement. Il estime ainsi que la paix ne saurait être «pérenne» quand le développement se trouve miné «par la pauvreté, les inégalités, l'exclusion et la vulnérabilité climatique».