Les routines beauté promues sur TikTok par les influenceurs et très prisées des adolescents ne seraient pas sans danger, selon une étude médicale. Produits irritants, risques d’allergies et coûts élevés sont notamment pointés du doigt.
On ne le dira jamais assez : prudence quant aux contenus publiés sur TikTok et visionnés par les adolescents. Une étude parue dans la revue Pediatrics et citée par CNN s’alarme des routines beauté promues par les influenceurs sur ce réseau social, déplorant leurs dangers potentiels sur la santé.
Les médecins de l’étude ont analysé les routines beauté de 100 vidéos TikTok publiées par des influenceurs âgés de 7 à 18 ans. Ils ont alors identifié en moyenne 11 actifs (ingrédients des cosmétiques) potentiellement irritants et augmentant le risque d’allergies ou de photosensibilisation (une réaction cutanée provoquée par le soleil).
En outre, très peu de ces routines intégrait une protection solaire pourtant indispensable, ont également déploré les dermatologues.
Parmi les actifs largement recommandés sur la plate-forme : l’utilisation d’AHA. Ces acides de fruit sont de puissants exfoliants qui permettent de nettoyer la peau en profondeur, d’unifier le teint et de booster le renouvellement cellulaire. Si les AHA sont très courants dans les routines cosmétiques, il est indispensable d’appliquer une protection solaire par la suite car ils rendent la peau plus vulnérable aux rayons UV du soleil, responsables pour rappel du vieillissement cutanée et pire des cancers de la peau.
«Je recommande l'utilisation quotidienne d'une crème solaire à tous les âges mais particulièrement à ceux qui utilisent des AHA. C'est une étape nécessaire pour prévenir les dommages cutanés permanents», a ainsi souligné le Dr Molly Hales, première auteure de l'étude et dermatologue, citée par CNN.
Mauvaise utilisation des actifs
Les auteurs de l’étude pointent également l’utilisation d’actifs irritants. Les AHA, mais également les produits à base de vitamines (niacinamide, vitamine C…) sont considérés comme des irritants potentiels pouvant entraîner des effets secondaires, tels que des rougeurs ou des sécheresses cutanées.
Là encore, ce ne sont pas les produits qui posent problème mais leur mauvaise utilisation, notamment leur accumulation dans les routines TikTok.
«Dans de nombreux cas, les filles n’ont peut-être pas réalisé qu’elles appliquaient le même ingrédient actif encore et encore, ce qui augmente simplement le risque d’irritation», a expliqué le Dr Tara Lagu, auteure de l’étude et maître de conférences adjoint en médecine et sciences sociales médicales.
Les chercheurs ont également déploré la présence de 20 autres ingrédients reconnus comme étant des allergènes. En outre, plus de la moitié des produits cités contenaient du parfum, qui peut provoquer des dermatites de contact (réaction cutanée, ndlr).
De 146 à 437 euros par mois
Le Dr Sonal Shah, dermatologue qui n’a pas participé à l’étude, s’est dite inquiète de la désinformation sur les réseaux sociaux, en particulier pour les «créateurs de contenu de moins de 18 ans». «Ce sont des sources qui n’ont pas de formation scientifique, qui ne connaissent pas bien la science derrière beaucoup de ces produits, leur fonctionnement ou les risques qu’ils comportent», a-t-il pointé auprès de CNN, soulignant qu’il existe sur TikTok des dermatologues qui offrent des conseils bien plus crédibles.
Au-delà des effets sanitaires de ces routines, l’étude s’inquiète également de leurs conséquences financières et de leur impact sur la santé mentale.
L’analyse des 100 vidéos utilisées dans l’étude ont permis d’établir que ces routines beauté comptaient en moyenne six étapes pour un coût allant de 168 $ (146 € environ) à parfois plus de 500 $ (437 euros environ) par mois.
«Quand les enfants se lèvent à 5h30 un jour d'école pour avoir le temps d'appliquer ces routines complexes, je pense qu'il s'agit moins de santé que de poursuivre une idée de la beauté irréaliste et problématique», a martelé déclaré le Dr Molly Hales, rappelant le rôle crucial des réseaux sociaux sur la santé mentale des plus jeunes.
En conclusion de leur étude, les dermatologues chercheurs rappellent qu’en cas de problématique de peau, il est important de s’adresser à un professionnel de santé.