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Japon : qui est Sohei Kamiya, décrit comme le nouveau Donald Trump nippon, dont le parti est en plein essor ?

Sohei Kamiya a multiplié les déclarations polémiques pendant la campagne électorale. [Tomohiro Ohsumi/Pool via REUTERS/File Photo]

Ces derniers mois, le parti populiste de droite japonais Sanseito a connu une ascension fulgurante, culminant avec une victoire majeure aux élections parlementaires ce dimanche face à la coalition conservatrice vacillante du Premier ministre Shigeru Ishiba. Mais qui est donc son dirigeant, Sohei Kamiya, que certains surnomment le «Donald Trump nippon» ?

Le nouvel homme fort du Japon ? Fondé en 2020, le parti Sanseito, également appelé «Parti de la Participation Politique», a obtenu 14 sièges de sénateurs à la Chambre haute du Japon, contre un seul lors du scrutin précédent trois ans plus tôt. Figure centrale de cette percée, Sohei Kamiya, ancien directeur de supermarché, a su fédérer son électorat autour du slogan «Les Japonais d'abord», inspiré par le programme de Donald Trump.

Né en 1977 à Takahama, le chef du parti a commencé sa carrière en tant que professeur d'anglais avant de diriger, en 2002, le magasin familial, Kamiya Store. Il a ensuite obtenu un diplôme en droit en 2007, marquant ses premiers pas en politique en étant élu la même année, au conseil municipal de Suita dans la préfecture d'Osaka. 

Mais c'est au plus fort de la pandémie mondiale de Covid-19 en 2020, il a fondé le Sanseito en se positionnant comme un fervent «antivax»,et dénonçant une «cabale des élites mondiales», sur sa chaîne YouTube «ChGrandStrategy», où il cumule actuellement plus de 480.000 abonnés. 

De Youtube à la Chambre des conseillers

Seul élu de son parti à la Chambre des conseillers en 2022, son mouvement a gagné en notoriété grâce à sa campagne nationaliste «Le Japon d'abord», en écho au célèbre «America First», soulignant le principe fondamental de donner la priorité à son pays.

«Je pense que le Japon a besoin d'un mouvement politique comme "America First". Mais pas du même style de leadership : Donald Trump est trop égocentrique pour le Japon», avait-il déclaré lors d'une interview. 

Pourtant, à l'instar du chef d'État américain, Sohei Kamiya a multiplié les déclarations polémiques pendant la campagne électorale, en capitalisant notamment sur la frustration de la population face à la hausse des étrangers, au surtourisme, à la stagnation des salaires, à l'inflation ou encore à la dégradation du pouvoir d'achat.

«Sous la mondialisation, des entreprises multinationales ont modifié les politiques du Japon à leur propre avantage. Si nous ne parvenons pas à résister à cette pression étrangère, le Japon deviendra une colonie !», avait proclamé ce réserviste des Forces d'autodéfense à l'occasion d'un meeting à Kagoshima. 

«50 à 60 sièges» à venir ? 

«Sanseito est sur toutes les lèvres, surtout ici aux États-Unis, en raison de son discours populiste et anti-étranger. C'est davantage un signe de faiblesse du PLD et du Premier ministre Shigeru Ishiba qu'un véritable triomphe idéologique», a observé Joshua Walker, directeur de l'organisation Japan Society, cité par Reuters

Malgré un programme jugé xénophobe et de discriminatoire – notamment pour avoir qualifié les politiques d'égalité des sexes d'erreurs qui pousseraient les femmes à travailler au détriment de la maternité – cette stratégie semble avoir porté ses fruits. Ce mois-ci, le parti a obtenu 14 sièges à la Chambre des représentants, malgré une présence encore modeste à la Chambre basse, plus puissante, avec 3 sièges. 

Cette percée a ébranlé le parti au pouvoir, faisant ainsi perdre le contrôle des deux chambres à la grande coalition conservatrice japonaise, dirigée par le Premier ministre Shigeru Ishiba et son Parti libéral-démocrate (PLD) pour la première fois en 15 ans.

«Le public a compris que les médias avaient tort et que Sanseito avait raison», a déclaré Sohei Kamiya après cette victoire, promettant d'obtenir «50 à 60 sièges» lors des prochaines élections afin que «les politiques [du parti] deviennent enfin réalité».

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