La Russie et son allié biélorusse doivent entamer ce vendredi de grands exercices militaires conjoints, suscitant l'inquiétude des pays de l'Otan quelques jours après l'intrusion sans précédent de drones présumés russes sur le territoire polonais.
Une véritable démonstration de force. Ce vendredi, l'exercice militaire de grande ampleur Zapad 2025, organisé conjointement par Moscou et Minsk, va commencer près de la capitale biélorusse.
Cet entraînement, qui doit mettre en œuvre des dizaines de milliers de combattants, des avions de combats, des chars et des missiles jusqu'à mardi prochain, intervient alors que des dizaines de drones, vraisemblablement lancés par la Russie, ont pénétré l'espace aérien polonais dans la nuit de mardi à mercredi.
Suite aux incursions de drones russes en Pologne, j’ai décidé de mobiliser trois chasseurs Rafale pour contribuer à la protection de l’espace aérien polonais et du Flanc Est de l’Europe avec nos alliés de l’OTAN.
Je m’y étais engagé hier auprès du Premier ministre polonais.…— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) September 11, 2025
Cette action, jugée délibérée par Varsovie et ses alliés, mais récusée par Moscou, a suscité une vive émotion et a été qualifiée de provocation par les pays occidentaux. En réaction, Emmanuel Macron a d'ailleurs annoncé, jeudi 11 septembre, le déploiement de «trois chasseurs Rafale» afin de soutenir la Pologne.
Des missiles Orechnik déployés
Plus généralement, selon le Premier ministre polonais Donald Tusk, les manœuvres de Zapad 2025 visent à simuler l'occupation du corridor de Suwalki, qui s'étend le long de la frontière entre la Pologne et la Lituanie, avec l'enclave russe de Kaliningrad à l'ouest et la Biélorussie à l'est.
Cette zone est souvent considérée comme un point faible de l'Otan, qui pourrait être la première cible d'une hypothétique attaque russe. Mais cette crainte est une «absurdité totale», a balayé le président biélorusse et fidèle allié de Vladimir Poutine, Alexandre Loukachenko.
Le ministre biélorusse de la Défense a récemment affirmé à un média d'Etat que les exercices Zapad avaient été éloignés des frontières de la Pologne et de l'Ukraine pour «réduire les tensions». Mais en août, Minsk avait annoncé que les manœuvres impliqueraient les missiles hypersoniques à capacité nucléaire Orechnik, développés par la Russie.
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a estimé que l'on n'avait jamais été aussi proche d'un «conflit ouvert» depuis la Seconde Guerre mondiale. Le but de «Zapad 2025» n'est «certainement pas défensif», a assuré de son côté Volodymyr Zelensky.