Icône parmi les icônes du cinéma américain, l'acteur et réalisateur Robert Redford est mort, annonce le New York Times. Il avait 89 ans.
C’était un des derniers géants d’Hollywood. L’immense acteur, réalisateur et parrain du cinéma indépendant Robert Redford a rendu son dernier souffle ce mardi a fait savoir le New York Times, relayant un communiqué de Cindi Berger.
La directrice générale de l'agence de publicité Rogers & Cowan PMK y souligne que la star s’est éteinte dans son sommeil, sans toutefois préciser les causes du décès. «Robert Redford est décédé le 16 septembre 2025, à son domicile de Sundance, dans les montagnes de l'Utah – l'endroit qu'il aimait, entouré de ceux qu'il aimait», a-t-elle écrit.
Né à Santa Monica en Californie en 1936, Robert Redford avait voyagé en Europe pendant un an avec l’idée de devenir peintre avant de s’installer à New York et s’inscrire à l’Académie d’Arts dramatiques. Il avait fait ses débuts à la télévision dans un épisode de «Maverick» sur ABC en 1960 puis au cinéma en 1962 dans «War Hunt» au côté de Sydney Pollack, qui allait plus tard le diriger dans sept films, dont «Out of Africa» et «Le Cavalier électrique».
Figure du Nouvel Hollywood, sa beauté a irradié le grand écran notamment dans les cultissimes «Butch Cassidy et le Kid» (1969), «L'Arnaque» (1973), «Gatsby le Magnifique» (1974), «Les Trois Jours du Condor» (1975) ou encore «Les Hommes du président» (1976). Son dernier rôle remonte à 2019 dans «Avengers : Endgame».
Fondateur du festival de Sundance
Réalisateur de «Et au milieu coule une rivière» (1992), «Quiz Show» (1994), «L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux» (1998), «Lions et agneaux» (2007), et «Sous surveillance» (2012), il avait, après son Oscar du meilleur réalisateur pour «Des Gens comme les Autres» (1980), fondé le Sundance Film Institute et le Festival de Sundance en 1981. La première édition avait servi de laboratoire à une dizaine de cinéastes pour développer leurs projets expérimentaux et est rapidement devenue la Mecque du cinéma indépendant.
Fervent démocrate, Robert Redford a plus tard affiché son engagement politique, exprimant un intérêt particulier pour la cause environnementale, les droits des Amérindiens et des LGBTQ+. «Je crois que le cinéma militant a un rôle à jouer», avait-il confié à à Variety en 2002, «et il devrait l'avoir. Je pense qu'il est tout à fait pertinent de se concentrer sur les questions socioculturelles de notre époque, en particulier les documentaires, car la vérité semble plus difficile à trouver dans les médias et le journalisme traditionnels.» Robert Redford a également été producteur exécutif de nombreux projets télévisuels.
Interrogé sur l'héritage de Robert Redford, Sydney Pollack avait en 2008 déclaré à Variety : «Certains se souviendront de lui pour des films décalés comme «Votez McKay» ou «La Descente infernale». D'autres se souviendront de lui comme d'un grand acteur romantique dans des films comme «Nos Plus Belles Années». D'autres le considéreront comme une figure majeure de l'émergence du cinéma indépendant. D'autres se souviendront de «Des Gens comme les Autres» comme d'un premier film impressionnant. Il a toujours été difficile à anticiper. Je pense qu'il apprécie, de manière perverse, de ne pas faire ce qu'on attend de lui.»
Reconnaissant envers ses fans
Dans l'un de ses derniers messages sur les réseaux sociaux, Robert Redford avait remercié ses fans. Alors qu'il célébrait son 89e anniversaire en août, il était revenu sur sa vie et sa carrière. «Tout d'abord, je tiens à remercier mes fans qui m'ont soutenu à chaque étape, de ‘Butch Cassidy’ à ‘Des Gens comme les Autres’, et votre soutien a été précieux. Votre amour pour mon travail me permet de garder les pieds sur terre et d'être reconnaissant».
Il avait souligné que remporter un Bafta pour «Butch Cassidy et le Kid» en 1971 «avait montré que je pouvais me débrouiller seul», et que gagner un Oscar pour la réalisation de «Des Gens comme les Autres» dans les années 1980 «était un rêve devenu réalité».
Sa plus grande fierté restait néanmoins le Sundance Institute. «Des distinctions comme la Médaille présidentielle de la liberté (plus haute distinction civile américaine qui lui avait été remise par Barack Obama en 2016, ndlr) et ma nomination au Time 100 reflètent une vie de narration et de plaidoyer.», avait-il dit avant de rappeler que des drames comme celui de la perte de son fils Scott lui avait enseigner la résilience.
«J'ai décroché de petits rôles à la télévision, j'ai appris à Broadway et j'ai pris des risques en dirigeant et en développant Sundance. Des pertes personnelles, comme celle de mon fils Scott, m'ont appris la résilience. C'est le courage, la passion et l'amour de l'art qui m'ont amené ici. Je suis ravi que mes films, de ‘L'Arnaque’ à ‘Et au milieu coule une rivière’, vous aient touchés, suscité des conversations ou apporté du réconfort. Sundance a donné la parole à de nouveaux cinéastes, et mon travail en matière d’environnement a inspiré certains à prendre soin de notre planète». Il avait conclu : «Votre soutien rend tout cela utile, merci de faire partie de mon voyage.»
Robert Redford laisse dans le deuil ses filles, Shauna et Amy, et sa deuxième femme, Sibylle Szaggars, qu'il avait épousée en 2009.