Lors de la présentation de son plan pour Gaza ce lundi, Donald Trump a proposé la création d'un «Conseil de la paix» pour superviser la reconstruction du territoire. Et le nom de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair a été cité pour y participer.
Un retour au premier plan. Lors d'une conférence de presse commune avec Benjamin Netanyahou tenue à la Maison Blanche, lundi 29 septembre, Donald Trump a présenté son plan en 20 points pour mettre un terme au conflit à Gaza.
Parmi toutes les mesures proposées par le président américain se trouve la création d'un «Conseil de la paix», un organe international chargé de superviser la transition politique dans le territoire palestinien, dirigé par Donald Trump et composé de plusieurs membres, dont Tony Blair.
Un bilan mitigé lors d'une mission au Moyen-Orient
L'ancien Premier ministre britannique (entre 1997 et 2007), a salué cette proposition «audacieuse et intelligente», au sein de laquelle il jouerait un rôle important en tant qu'expert du conflit israélo-palestinien.
Statement by Tony Blair in response to President Trump’s announcement https://t.co/otFpDGWJcapic.twitter.com/bmX8XkFizF
— Tony Blair Institute for Global Change (@InstituteGC) September 29, 2025
Et pour cause : après une décennie passée au 10, Downing Street, où l'un de ses grands succès fut la signature de l'«accord du Vendredi saint», instaurant une paix durable entre l'Irlande du Nord et le Royaume-Uni, Tony Blair a été l'émissaire du «Quartet pour le Moyen-Orient».
Ce groupe, composé des Etats-Unis, de la Russie, de l'Union européenne et des Nations unies, a été formé en 2002 en réponse à l'escalade du conflit entre Israël et l'Autorité palestinienne. Son action vise à rapprocher les deux gouvernements afin d'obtenir la fin des hostilités.
Mais le bilan de Tony Blair, qui est resté à ce poste entre 2007 et 2015, est assez maigre. Aucune avancée majeure n'a été obtenue et les recommandations du Quartet, à savoir la création d'un Etat palestinien et un démantèlement des colonies israéliennes en Cisjordanie, n'ont jamais été suivies d'actes concrets.
L'intervention en Irak en 2003 est restée dans les mémoires
Surtout, la participation de l'ancien chef de gouvernement travailliste à un plan pour Gaza est mal perçue par les Palestiniens : c'est lui qui, en 2003, avait pris la décision d'engager le Royaume-Uni dans la guerre en Irak aux côtés des Etats-Unis.
Tony Blair s'est alors éloigné de ses alliés européens, et notamment la France, en soutenant coûte que coûte l'intervention américaine et l'affirmation de l'administration Bush sur l'existence d'armes de destructions massives dans le territoire irakien, ce qui s'est révélé être faux.
Cette participation au conflit, qui a précipité le Proche-Orient dans le chaos, est restée dans la mémoire des dirigeants et des populations des pays arabes, et même dans celle des membres de son propre parti.
«La décision catastrophique de Tony Blair d’envahir l’Irak a coûté des milliers et des milliers de vies. Il ne devrait pas être près du Moyen-Orient, et encore moins de Gaza», a taclé l'ancien leader travailliste Jeremy Corbyn sur X.
Mais avant un éventuel retour de l'ancien Premier ministre britannique sur l'échiquier géopolitique, le Hamas doit accepter le plan proposé par Donald Trump, déjà soutenu par Benjamin Netanyahou ainsi que les négociateurs qatari et égyptien.
Le mouvement terroriste palestinien, qui examine le document, devrait donner sa réponse dans les prochains jours.