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Esclavage : la France opposée à «une hiérarchie entre les crimes contre l'humanité»

La résolution a été adoptée fin mars par 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions. [Fabrice COFFRINI/AFP]

Interrogé sur le vote de la France d'une résolution de l'ONU qui proclame la traite des esclaves africains comme crime le plus grave contre l'humanité, Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie, a refusé toute «hiérarchie entre les crimes contre l'humanité».

La France s'est abstenue lors du vote d'une résolution de l'ONU qui proclame la traite des esclaves africains comme crime le plus grave contre l'humanité car elle «refuse de créer une hiérarchie» entre ces derniers, a déclaré ce vendredi à l'AFP Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.  

«Si nous nous sommes abstenus sur cette résolution, c'est parce que nous refusons de créer une hiérarchie entre les crimes contre l'humanité, de mettre en compétition les souffrances que ces abominations et ces crimes continuent de provoquer aujourd'hui», a-t-il affirmé lors de son passage à Lomé, capitale du Togo.

Toutefois, «il est indispensable, si nous voulons construire un avenir en commun, de pouvoir faire ce travail de mémoire et de vérité sur notre passé, dans ses facettes positives comme dans ses facettes les plus sombres», a ajouté l’homme politique.

La résolution, adoptée fin mars avec 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les États membres de l'Union européenne), déclare «la traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains» comme «les plus graves crimes contre l'humanité», condamnant cette «injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l'humanité».

Réparer les torts du passé

Le texte était porté par le président ghanéen John Mahama, dont le pays a été le premier du continent à accéder à l'indépendance en 1957. L'esclavage transatlantique a organisé le commerce de millions de personnes d'Afrique de l'Ouest et centrale.

La résolution appelle les États à s'engager dans un processus de justice pour réparer les torts du passé, notamment des excuses formelles, des compensations pour les descendants des victimes, des politiques de lutte contre le racisme et la restitution des biens culturels et spirituels pillés. 

Jean-Noël Barrot s'est entretenu jeudi soir avec le dirigeant togolais Faure Gnassingbé et vendredi avec son homologue Robert Dussey, au moment où l'ancienne colonie française se rapproche de la Russie et tend la main aux juntes sahéliennes hostiles à Paris.

Les relations entre Lomé et Paris s'étaient refroidies en juin 2025, lorsque le Togo avait suspendu pour trois mois la diffusion de France 24 et Radio France internationale, accusés d'avoir relayé des «propos inexacts et tendancieux» concernant des manifestations contre le pouvoir dans la capitale togolaise. «J'ai plaidé pour que cette suspension soit levée au plus vite. C'est dans l'intérêt de toutes les parties», a donc indiqué Jean-Noël Barrot. 

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