Le 19 juin 1986, Coluche trouvait la mort dans un accident de moto sur la route entre Cannes et Opio, dans les Alpes-Maritimes, percuté par un camion de 38 tonnes. Une tragédie qui continue d’alimenter les hypothèses d’un complot visant l’humoriste.
Les années passent, le doute subsiste. Le documentaire «Mon Coluche à moi» de Michel Denisot, diffusé le 28 mai dernier sur TMC, a donné la parole à Ludovic Paris, un des deux amis présents le jour de la mort de Coluche, le 19 juin 1986, après que l’humoriste a percuté un camion de 38 tonnes sur une route départementale entre Cannes et Opio.
Il a ainsi rappelé que, contrairement aux informations transmises à l’époque, Coluche roulait paisiblement sur sa moto – une Honda 11 VFC noire et rouge – avant de percuter le poids lourd. «J’étais derrière lui. On était tous les trois, on roulait peinard sur les petites routes de la Provence, c’était sympa. Mais bon, ce fameux camion, on se demande pourquoi il était là», a expliqué Ludovic Paris.
Selon l’enquête policière, l’humoriste, qui roulait sans casque, a heurté l’avant droit du véhicule alors que celui-ci a brusquement réalisé un virage sec, le tuant sur le coup. «On ne m’enlèvera pas de la tête que ce n’est pas normal. C’était un petit coup monté, comme on appelle ça. Je le dis, la période Mitterrand n’était pas évidente. Enfin bon, c’est comme ça, c’est la vie», a ajouté l’ami de Coluche dans le documentaire.
Une manœuvre inattendue
Un témoignage qui colle aux propos de l’autre ami, Didier Lavergne, qui avait accepté de revenir sur les circonstances de l’accident dans le livre «Coluche, l'accident - contre-enquête», écrit en 2006 par Antoine Casubolo et Jean Depussé. «Il roulait vers nous, ça j'en suis sûr. Il aurait été arrêté, et puis il aurait tourné et fait la manœuvre quand on est arrivés, bon, peut-être que je me serais posé moins de questions. Mais là, c'était comme s'il avait fait exprès, pour nous foutre en l'air, tu vois», avait-il expliqué.
Dans leur livre, les auteurs affirment qu’au lendemain du drame «personne n'a pris la peine de consulter les témoins. Les journaux se sont contentés de reprendre les infos diffusées par l'AFP. Or, il se trouve que Coluche roulait à soixante kilomètres à l'heure (sur une route limitée à 90km/h, ndlr) dans une ligne droite. Le camion arrivait en sens inverse pratiquement au pas et au dernier moment, il a viré à gauche».
Pour certains fans de Coluche, ce dernier s’était attiré des ennuis après sa course à l’élection présidentielle en 1981 où il enregistrera jusqu’à 10% d’intentions de vote avant de retirer sa candidature. D’autres assuraient que c’était l’industrie agro-alimentaire qui avait vu d’un mauvais œil la création des Restos du cœur. En 2020, sur RTL, le fils de Coluche, Marius, s’était exprimé face aux multiples théories du complot à propos de la mort de son père.
Selon lui, il ne s’agit que de simples fantasmes face à une mort en apparence trop «banale» pour être vraie : «C'est un peu la même chose que pour Elvis Presley, Hitler ou Lady Di : les gens ne peuvent pas admettre qu'un type aussi extraordinaire [que mon père, NDLR] puisse avoir une mort 'banale' et donc le fantasme prend le pas sur la raison et ils se mettent à penser tout et n'importe quoi».