Coupe Davis : et la France se reprend à rêver

[PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Un seul être vous manque... Le forfait de Rafaël Nadal a totalement relancé le suspens d'une demi-finale de Coupe Davis qui en paraissait quasiment dépourvue, permettant aux Bleus, pourtant pas dans leur meilleur forme, de croire à une inespérée deuxième finale de suite.

Une bonne étoile suit décidément Yannick Noah. Depuis qu'il a pris les rênes de l'équipe de France de Coupe Davis en 2016, les N.1 adverses ont bien souvent eu la fâcheuse tendance à manquer à l'appel. Des désistements qui ont considérablement dégagé la route des Bleus depuis deux ans (Berdych et Raonic en 2016). Lors de la campagne victorieuse de 2017, la France a joué face au Japon sans Nishikori, face à la Grande-Bretagne sans Andy Murray et face à la Serbie sans Djokovic. Un strike ! Si cela ne rabaisse en rien la valeur d'une Coupe Davis - la Belgique a été battue en finale avec David Goffin -, cela facilite évidemment la tâche.

L'histoire se répète donc. On ne donnait pas cher de la peau de Bleus bien pâles ces dernières semaines face à une équipe d'Espagne agrémentée d'un Nadal qui n'a perdu qu'un seul match de Coupe Davis dans sa carrière.

Morceau compliqué

L'entraîneur de l'équipe d'Espagne de Coupe Davis Sergi Bruguera (d) conseille Rafael Nadal lors du quart de final contre l'Allemagne, le 6 avril 2018 à Valence [JOSE JORDAN                    / AFP/Archives]
L'entraîneur de l'équipe d'Espagne de Coupe Davis Sergi Bruguera (d) conseille Rafael Nadal lors du quart de final contre l'Allemagne, le 6 avril 2018 à Valence

La probabilité d'un forfait de l'Espagnol, ultramotivé cette saison pour ramener la Coupe, la dernière sous l'ancienne formule, la seule, la vraie, couvait avec insistance depuis que le genou récalcitrant du Majorquin était apparu strappé à l'US Open. Juste avant l'annonce de la sélection française la semaine dernière, le scénario d'un énième forfait idyllique pour les Bleus semblait se dessiner. Et cela n'a pas raté. Le lendemain de son abandon face à Del Potro en demi-finale, Nadal a jeté l'éponge.

Ce retrait change tout comme l'a résumé mardi le capitaine des Bleus, assurant diplomatiquement qu'en tant que «fan de tennis», il regrettait que le N.1 mondial ne vienne pas à Villeneuve d'Ascq. Mais il a vite repris sa casquette : «En tant que capitaine, cela change tout pour la rencontre. La physionomie est totalement différente, notamment au niveau de la préparation. Quand Nadal joue, c'est quasiment deux points (assurés) pour l'Espagne... Là, ça change et il faut s'adapter».

Une adaptation dans ce sens apparaît tout de suite plus facile à gérer. Mais voilà. Même sans Nadal, l'Espagne reste un morceau compliqué. Les deux meilleurs joueurs de Sergi Bruguera, Carreno Busta (21e) et Bautista Agut (26), se tiennent à deux places près des deux meilleurs1 Français Lucas Pouille (19e) et Richard Gasquet (24e). Et la surface rapide choisie au départ pour tenter de désavantager le plus possible Nadal, n'est pas du tout un problème pour eux.

Des Bleus qui se cherchent

 Le capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis Yannick Noah lors d'une séance d'entraînement, le 13 septembre 2018 à Lille [Philippe HUGUEN / AFP]
Le capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis Yannick Noah lors d'une séance d'entraînement, le 13 septembre 2018 à Lille

Comme l'a rappelé Yannick Noah, «sur le papier» cette équipe «est encore meilleure que la nôtre». Un état des lieux à mettre en relief avec le niveau des joueurs français en ce moment.

En dehors de la blessure de Nadal, l'US Open ne leur a pas fait du bien, incapables de poursuivre en deuxième semaine, comme à chaque Grand Chelem cette saison. Lucas Pouille, en quête de confiance depuis des mois, s'en est un peu mieux sorti, battu au 3e tour. Mais sa spirale négative n'a pas été brisée. Il n'a jamais affronté Carreno Busta, qui lui aussi a tutoyé le top 10 il y a un an. Et Bautista Agut n'est pas un joueur qui lui réussit (3 victoires à 1 pour l'Espagnol).

La situation n'est pas meilleure pour Richard Gasquet, qui n'a jamais gagné contre Carreno Busta, et une seule fois en trois confrontations contre Agut. La possibilité de voir jouer Benoît Paire, le bizuth surprise de la sélection, après le forfait de Nadal, a considérablement fondu. A moins que Yannick Noah ne concocte une énième surprise...

C'est une banalité en Coupe Davis mais la bascule du double devrait être évidemment décisive. Le néo-retraité Julien Benneteau (probablement associé à Nicolas Mahut), qui avait été privé de finale la saison dernière, aura certainement à coeur de finir (enfin) sa carrière sur une victoire dans cette même salle de Villeneuve d'Ascq où les Bleus avaient été sacrés. L'exploit est en tout cas à portée. Reste à le saisir.

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