Coupe du monde féminine : combien gagnent les Bleues ?

Les joueuses de Corinne Diacre sont bien loin du salaire d'un Lionel Messi, qui empochait 81 millions d'euros. Les joueuses de Corinne Diacre sont bien loin du salaire d'un Lionel Messi, qui empochait 81 millions d'euros. [FRANCK FIFE / AFP]

Victorieuses de la Corée du Sud le 7 juin au parc des princes (4-0), puis de la Norvège hier à Nice (2-1), les Bleues de l'équipe de France de football sont loin de gagner autant que leurs homologues masculins. Les inégalités de salaires entre les joueuses et les joueurs restent en effet vertigineuses.

Malgré une augmentation du montant des droits TV et l'implication grandissante des sponsors, les ressources économiques tirées du football féminin demeurent largement inférieures au foot masculin.

Les joueuses de Corinne Diacre sont en effet bien loin du salaire d'un Lionel Messi, qui empochait 81 millions d'euros (112,5 au total en comptant les 31 millions de bonus issus de ses partenariats et contrats publicitaires).

Dans le championnat professionnel féminin, qui comprend douze clubs et qui est dominé par Lyon et le PSG, le salaire moyen est établi à 3.500 euros mensuels net (hors primes). 

Cette moyenne est légèrement trompeuse, étant donné que l’OL et le PSG ont les moyens de verser des hauts salaires à quelques joueuses internationales de leur effectif, tirant cette moyenne vers le haut.

A titre d'exemple, bien qu’étant la deuxième joueuse de foot la mieux payée au monde, Amandine Henry, capitaine des Bleues âgée de 29 ans, gagne beaucoup moins que des joueurs masculins. Seule la Norvégienne Ada Hegerberg, sa coéquipière à Lyon et premier Ballon d'Or féminin de l'histoire en 2018, gagne plus qu'elle, soit 400.000 euros (ce qui reste tout de même cent fois moins que Neymar, joueur le mieux payé de Ligue 1 avec 36 millions d'euros brut annuels au PSG).

Son club, l'Olympique lyonnais, lui verse le salaire le plus élevé du championnat avec environ 360.000 euros bruts par an, soit 30.000 euros par mois, a révélé France Football.  Ses deux coéquipières en sélection et en club, Wendie Renard et Eugénie Le Sommer, émergent respectivement à 29.000 et 19.000 euros. A noter que les champions du monde qui affichaient les salaires les «plus faibles» en juillet dernier, à savoir Benjamin Pavard et Thomas Lemar, gagnaient tout de même 1,2 million d'euros.

Le salaire moyen dans ces deux clubs locomotives se situe donc entre 4.000 et 4.500 euros. Hormis les trois stars des Bleues citées juste au-dessus, le salaire moyen des vingt autres sélectionnées pour la Coupe du monde se trouve donc plus dans cette dernière fourchette.

Une prime faible comparée à celle des champions du monde 2018

Quant à la prime en cas de victoire en finale de la Coupe du monde, là encore, l’écart est flagrant. Les joueuses de l’équipe de France empocheront en effet dix fois moins que les Bleus, champions du monde l’an dernier. La Fifa attribue 3,5 millions d’euros aux vainqueures, contre 33,8 millions chez les hommes.

Les Françaises, qui touchent également une somme fixe lors de chaque match de l’équipe de France, savent donc combien elles obtiendront à l’issue de la compétition. En cas de victoire, détaille Le Parisien, les Bleues se partageraient, avec les quatre membres du staff technique, la somme de 1,1 millions d'euros selon le mode de répartition retenu, soit 40.000 euros pour chacune des 23 joueuses. 

Un montant très loin de celui des Bleus, qui ont touché dix fois plus l'an dernier. Ces derniers se sont en effet partagé 30 % des 33,8 millions d'euros offerts aux champions du monde, soit 11,4 millions d'euros. Cette somme a été divisée entre les joueurs et le staff, chacun recevant, à l'arrivée, 370.000 euros. 

Les raisons de ces écarts vertigineux ? En France, d'un point de vue juridique, aucune joueuse n'est considérée comme professionnelle à proprement parler, contrairement aux hommes qui signent un contrat avec leurs clubs respectifs, et sont liés à la Ligue de football professionnel (LFP). Les filles, elles, dépendent de la Fédération française de football (FFF) et sont sous «contrat fédéral», similaire à celui des amateures. Néanmoins, dans les faits, elles agissent toutes comme si elles étaient professionnelles.

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