La boxeuse algérienne Imane Khelif a décidé de contester, ce lundi, les tests de féminité mis en place par la fédération internationale devant le Tribunal arbitral du sport.
Elle contre-attaque. L’Algérienne Imane Khelif, championne olympique de boxe aux Jeux olympiques de Paris 2024, a attaqué devant la justice sportive la nouvelle réglementation de l'instance World Boxing imposant des tests de féminité, a annoncé lundi le Tribunal arbitral du sport.
Algerian boxer Imane Khelif has filed an appeal at the Court of Arbitration for Sport (CAS) against World Boxing “concerning a decision that disallows the athlete’s participation in upcoming World Boxing events without a preliminary genetic test.” CAS statement ⬇️ pic.twitter.com/PaNCoAGzVw
— Dan Roan (@danroan) September 1, 2025
Au cœur d'une polémique sur son genre lors des Jeux de Paris, l'Algérienne conteste l'interdiction qui lui a été faite de participer aux compétitions internationales sans subir au préalable un test chromosomique, précise le TAS, qui n'a pas encore fixé de date d'audience.
aucune chance d'aboutir ?
Dans le détail, Imane Khelif demande l'annulation de la décision prise fin mai par World Boxing qui l'a privée en juin du tournoi d'Eindhoven - première compétition soumise à la nouvelle réglementation - et veut pouvoir participer «sans test» aux Mondiaux à Liverpool, qui débutent ce jeudi et que ne disputera pas l'Algérienne. Cette dernière requête n'a quasiment aucune chance d'aboutir puisque le TAS a précisé avoir refusé d'accorder un effet suspensif à l'appel de la boxeuse algérienne, formé le 5 août.
«Les parties échangent actuellement des mémoires écrits et, avec leur accord, une audience sera programmée», ajoute le TAS, dont les procédures dont confidentielles et les audiences presque toujours à huis clos. La requête de la boxeuse de 26 ans offrira la première occasion d'un débat judiciaire sur le rétablissement dans le sport mondial - par World Boxing mais aussi en natation et athlétisme - des tests génétiques destinés à établir le sexe biologique, en vigueur aux JO entre 1968 et 1996.
Par un test PCR, il s'agit de conditionner l'accès à la catégorie féminine à l'absence de «gène SRY», situé sur le chromosome Y indicateur de masculinité, méthode vantée pour sa simplicité par ses promoteurs. Un tel dépistage écarterait les athlètes transgenres, ainsi qu'une partie de celles qui ont toujours été considérées comme de sexe féminin, mais présentent des chromosomes XY, soit l'une des formes de «différences de développement sexuel» (DDS) ou intersexuation.