Ce lundi 22 décembre, la Fédération française de canoë-kayak a annoncé le décès Jean Laudet à l’âge de 95 ans. Ce doyen des champions olympiques tricolores avait décroché l’or en 1952.
Le sport français est en deuil. Jean Laudet, décédé à l'âge de 95 ans, avait remporté l'unique titre olympique de la France en canoë en ligne avec sa médaille d'or décrochée aux Jeux d'Helsinki, en 1952, avec son copain Georges Turlier en biplace (C2).
Il «s'est éteint le samedi 20 décembre à Nevers, la ville qui l'avait vu naître», a écrit lundi la Fédération française de canoë-kayak (FFCK) dans un communiqué, saluant «un homme d’une grande élégance, toujours plein d’une énergie communicative».
[#Hommage]
Le #CNOSF a appris avec tristesse le décès de Jean Laudet à l'âge de 95 ans.
D’abord licencié au sein du club de rugby de l’Union sportive nivernaise (aujourd’hui USON Nevers), Jean Laudet s’oriente ensuite vers le canoë. À l’âge de 21 ans, il remporte la médaille d’or… pic.twitter.com/1mB7gPN71p— FranceOlympique (@FranceOlympique) December 23, 2025
Né le 5 août 1930, «Jeannot» se voyait ouvreur ou arrière à l'USON, l'historique club de rugby de Nevers dont il est resté jusqu'au bout un fervent supporter avant de bifurquer vers le canoë, attiré par une publicité dans le Journal du Centre. Georges Turlier, Nivernais et fan du ballon ovale comme lui, embarquait dans l'aventure.
la Légion d'honneur à 92 ans
Ensemble, accompagnés de huit autres amis du rugby, ils ont décroché en 1949 leur premier titre : champion de France de canoë dans la catégorie C10. Laudet, appelé pour faire son service militaire au bataillon de Joinville, qui accueille les sportifs de haut niveau, y était rejoint par Turlier, d'un an son cadet et qui avait devancé l'appel pour pouvoir s'entraîner avec lui dans l'optique des JO 1952 à Helsinki.
«Nous sommes allés aux Jeux olympiques très décontractés, sans aucune pression. Nous étions jeunes et nous ne nous posions pas la question de savoir si nos allions finir premiers ou derniers. J'imagine que pour les sportifs d'aujourd'hui c'est autre chose», racontait-il en 2016 dans une interview pour un ouvrage consacré aux grands sportifs de Bourgogne.
Ils ont d'ailleurs failli ne jamais prendre le départ, leur bateau ayant été refusé au contrôle pour une quille jugée non conforme. Mais grâce aux outils prêtés par l'équipage soviétique, ils ont pu réparer leur embarcation à temps. «Nous étions deux gamins livrés à eux-mêmes», résumait-il. À leur retour de Finlande, pas de réception à l’Élysée, ni de décoration honorifique mais «une poignée de main» du préfet, se remémorait-il en 2020 dans Le Journal du Centre, et un timbre à 40 (anciens) francs tiré à leur effigie.
Opticien de formation, Jean Laudet avait ensuite exercé le métier d'antiquaire entre Nevers, Paris et Pougues-les-Eaux, un petit village de la Nièvre, où il s'était installé. Retraité, il continuait à 90 bougies passées à pratiquer régulièrement le golf, son autre grande passion, jusque sur les parcours d'Agadir, au Maroc. Il dut attendre 2022, à 92 ans et plus de 70 ans après son sacre olympique, pour se voir remettre la Légion d'honneur.