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Vols de voitures : comment l’IA est utilisée comme nouvelle arme pour faire reculer les voleurs et leurs méthodes

L’IA agentique ne se contente pas d’alerter et peut prévenir le conducteur, l’entreprise gestionnaire de la flotte, voire les forces de l’ordre si un vol est détecté. [© Targa Telematics]

Après plusieurs années de hausse des vols de voitures, une nouvelle génération de véhicules connectés mise sur l’intelligence artificielle pour anticiper les risques et agir avant qu’il ne soit trop tard. 

Un véhicule est volé près de toutes les 7 minutes en France. En 2024, 70.459 d’entre eux ont disparu sur le territoire, selon le baromètre Argos de 2024. Parmi les modèles les plus ciblés : la Renault Clio IV, la Toyota RAV4, mais aussi les Peugeot 208 et 3008. 

La valeur des véhicules, celle de leurs pièces détachées, mais aussi la sophistication des méthodes de vol employées expliquent ce phénomène. Par exemple le «mouse jacking», qui permet de pirater les systèmes électroniques à distance, s’est imposé comme l’un des outils privilégiés des voleurs. 

«Aujourd’hui, on a 9 véhicules sur 10 qui sont volés grâce à des technologies extrêmement avancées», souligne auprès de CNEWS Samia Arfaoui, porte-parole du groupe France de Targa Telematics, spécialisée dans cette technologie. 

Toutefois, les derniers chiffres du baromètre Argos, publié le 18 février de cette année, montrent un infléchissement de cette tendance avec une diminution de 9 %, soit 64.088 véhicules volés. Un recul qui coïncide avec l’essor de nouvelles solutions technologiques directement intégrées dans les véhicules. Parmi elles, l’intelligence artificielle dite agentique, capable non seulement d’analyser une situation, mais aussi d’agir de façon autonome pour prévenir le risque. 

Aller plus loin que l'alarme

«L’IA agentique incarne la capacité d’agir. Elle constitue les bras et les jambes de l’intelligence artificielle : capable non seulement de recommander, mais aussi de déclencher et d’orchestrer des actions opérationnelles de manière autonome», détaille Samia Arfaoui. 

Concrètement l'IA analyse la situation en s'appuyant sur un système de scoring, allant de 1 à 5. Une échelle qui permet d'évaluer le niveau de risque. Mais l’outil ne se contente pas de déclencher une alarme, il peut prévenir le conducteur, l’entreprise gestionnaire de la flotte, voire les forces de l’ordre si un vol est détecté. 

Pour cela, le système analyse le comportement du conducteur, croise les données de géolocalisation, l’historique des trajets et détecte toute situation inhabituelle comme l’arrêt dans une zone à risque ou bien même un itinéraire différent. «Plus j’ai de data et plus la base de données est riche, plus l’algorithme affine son analyse», explique Samia Arfaoui. 

D’après les chiffres officiels transmis par l’entreprise à CNEWS, les véhicules dotés de ce dispositif, au nombre de 4 millions, ont enregistré en 2025 une baisse moyenne de 12 % des vols en 2024, pouvant grimper à 20 à 30 % selon les zones géographiques et les types de véhicules

Vers une démocratisation de la télématique embarquée ? 

«J’en suis convaincue, l’IA agentique aujourd’hui est plus efficace qu’un dispositif traditionnel d’anti-vol. Elle ne va pas simplement empêcher le vol, elle va enregistrer des informations utiles pour mieux répondre à l’avenir à cette problématique», affirme la porte-parole du groupe. 

Même si pour l’instant, ce dispositif bénéficie principalement aux entreprises et à leurs employés, «depuis 2020, de plus en plus de véhicules en sont déjà équipés par défaut», précise-t-elle. 

Pour l’ensemble des entreprises de télématique, l’objectif à terme est clair : généraliser ce dispositif afin qu’il soit présent dans toutes les voitures et qu’il ne soit plus perçu comme une «option haut de gamme». «Un peu comme le régulateur de vitesse, aujourd’hui toutes les voitures en sont équipées par défaut. Ce qui serait génial, c’est qu’il se passe la même chose avec la télématique», se projette Samia Arfaoui. 

«Avant on disait que c’était un mouchard, maintenant les personnes reconnaissent de plus en plus la télématique», observe-t-elle.

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