Les 10 meilleurs mangas à lire cet été 2019

Voici les meilleurs mangas sortis cette année à «siroter» pour l'été. Voici les meilleurs mangas sortis cette année à «siroter» pour l'été. [DR]

En mode farniente, les grandes vacances sont toujours un terrain propice à la découverte de nouvelles séries. Voici les meilleurs mangas sortis cette année à «siroter» pour l'été.

Albator : mémoires de l'arcadia

Une cape rouge et noir, la mèche rebelle et une longue balafre sur la joue… Quel enfant des années 1980 ne se souvient pas d’Albator, le capitaine corsaire ? Ce pirate de l’espace et héros tragique, contraint à l’exode pour défendre la Terre, fait son retour dans une BD inédite, imaginée par Jérôme Alquié. Admirateur inconditionnel du manga créé en 1969 par Leiji Matsumoto, et de son adaptation en séries animées (1978 et 1984), ce Marseillais de 44 ans dit «vivre un rêve» en lui rendant hommage.

Dans ce premier tome – trois sont prévus –, Albator remonte à bord de l’Arcadia, son vaisseau emblématique, pour en découdre avec les Sylvidres. Les quadragénaires y retrouveront avec un plaisir certain l’équipage du célèbre pirate, porté par un dessin sublime. Une savoureuse madeleine de Proust pour les fans de ce héros intemporel.

Capitaine Albator : Mémoires de l’Arcadia, de Jérôme Alquié, éd. Kana. tome 1 disponible.

Beastars

Le Festival International de la BD d'Angoulême a été, dès janvier, le théâtre du lancement très attendu de Beastars. Manga phénomène commencé en 2016 au Japon sous le dessin de Paru Itagaki, celui-ci prend place dans un monde animal anthropomorphique. Alors qu'ils évoluent dans une société prônant l'égalité et le respect entre prédateurs et proies, les animaux de l'institut Cherryton découvrent impuissants le corps inerte de Tem, un alpaga, tué sauvagement au sein de l'établissement. Les soupçons vont rapidement s'orienter vers les carnivores, mais qui est vraiment le meurtrier ? A travers le regard de Legoshi, un grand loup à la personnalité ambigüe, le lecteur découvre alors cette société allégorique de la nôtre, sous le trait inspiré de Paru Itagaki.

La mangaka Paru Itagaki a eu du flair et livre un travail remarquable, tant sur le dessin que sur l'ambiance et le scénario de cette étrange société animalière. L'auteure japonaise a vu son travail récompensé à de multiples reprises, ayant reçu tour à tour : le prix culturel Osamu Tezuka de la meilleure nouveauté en 2018, le prix Kôdansha du meilleur shônen, ainsi que le prestigieux prix Manga Taishô, rappelle Ki-oon son éditeur en France. A la lecture des deux premiers tomes, que l'éditeur nous a fournis, le titre mérite sincèrement le détour. Et si l'on pense immanquablement à Blacksad et Zootopie dès les premières planches, Beastars possède assez de chien pour rapidement s'en démarquer et offrir une aventure singulière, à la fois sombre et attachante.

Beastars, de Paru Itagaki, éd. Ki-oon, 5 tomes disponibles.

My Home Hero

Avec My Home Hero, la maison d'édition Kurokawa se glisse dans un genre quelle exploite assez peu : le thriller. Et pourtant My Home Hero se révèle être un petit bijou en la matière. En amenant des parents sans histoire et aimants à commettre un crime pour préserver la vie de leur fille chérie, Naoki Yamakawa au scénario et Masashi Asaki au dessin mêlent à la fois drame et comédie, dans une histoire digne d'un roman policier.

Recommandé chaudement par le romancier Maxime Chattam en bandeau de couverture, My Home Hero n'usurpe en rien les compliments de l'écrivain qui le qualifie de «réussite totale». Le premier tome se révèle palpitant de bout en bout, avec un sens du suspens et de l'humour qui ne sont pas sans rappeler le ton caustique de la série Dexter. Les amateurs de thriller apprécieront, y compris celles et ceux qui n'auraient jamais ouvert un manga de leur vie.

My Home Hero, de Naoki Yamakawa et Masashi Asaki, éd. Kurokawa, 4 tomes disponibles.

Tsugumi Project

Avec Tsugumi Project, l'éditeur Ki-oon propose une nouvelle série 100 % maison et l'éditeur français a eu du flair. Ippatu, mangaka «mentorisé» notamment par Jiro Taniguchi (Le Sommet des Dieux), livre ici un récit post-apocalyptique, où le Japon aurait été ravagé par une guerre totale.

Deux siècles plus tard, les autorités européennes décident d'envoyer une équipe de prisonniers récupérer une arme surpuissante. Baptisée Tsugumi, celle-ci se cacherait dans le pays du Soleil-Levant. Problème, le Japon est toujours considéré comme une zone contaminée par les radiations. Seule récompense pour ces condamnés, la possibilité de gagner leur liberté, s'ils remplissent cette mission. Une quête de la dernière chance à laquelle prend part Léon, un ancien soldat d'élite. Mais l'affaire tourne rapidement court, lorsque l'avion chargé de les déposer sur place s'écrase dès son arrivée. Survivant du crash, Léon découvre alors un Japon hostile, dont la faune et la flore a connu de nombreuses mutations génétiques...

Tsugumi Project appartient à ces rares mangas qui accrochent vraiment le lecteur dès les premières planches et qui le ne lâchent pas. Le dessin virtuose d'Ippatu offre une lecture soignée et dynamique, alternant entre les phases contemplatives d'un Japon post-apocalyptique et celles d'action survoltées. Surtout, ce seinen se révèle suffisamment dramatique pour tenir en haleine grâce à une direction artistique personnelle et inspirée. Une des meilleures surprises de 2019.

Tsugumi Project, de Ippatu, éd. Ki-oon, tome 1 disponible.

Aposimz

Auteur dont la carrière a explosé à l'international, Tsutomu Nihei voit arriver en France Aposimz chez Glénat, son dernier manga qui renoue avec son sujet de prédilection : la survie de l'humanité dans un avenir lointain, très lointain. Après le succès de Knights of Sidonia (éd. Glénat), qui a eu l'honneur d'être adapté en série animée sur Netflix, le mangaka se relance dans un univers cassant les codes du Sentai (X-Or, Kamen Rider, Bioman). L'aventure prend place sur un astre artificiel, nommé Aposimz, où l'intrépide Esserrow se retrouve au cœur d'un conflit qui pourrait bouleverser l'ordre du monde et le pouvoir mis en place par l'Empire.

Sur des bases très classiques, Nihei appose le dynamisme de son trait impeccable, qui atteint ici encore des sommets. Surtout, l'auteur du très sombre et très encré Blame! (qui fait actuellement l'objet d'une sublime réédition Deluxe en librairies) offre ici des planches lumineuses et éblouissantes, tout en nuances de gris. Son trait n'est d'ailleurs pas sans faire penser au célèbre Nausicaä de la Vallée du Vent, d'Hayao Miyazaki (toujours chez Glénat). Aposimz s'impose d'emblée comme un nouveau titre très prometteur pour cet auteur de génie.

Aposimz - La Planète des Marionnettes, de Tsutomu Nihei, éd. Glénat, 3 tomes disponibles.

Le bateau de Thésée

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© 2019 Toshiya Higashimoto.  All rights reserved. First published in Japan in 2017 by Kodansha Ltd., Tokyo. Publication rights for this french edition arranged through Kodansha Ltd., Tokyo.

Peut-on vivre en endossant moralement la responsabilité de son père, condamné pour le massacre de 21 personnes ? C’est sur cette question, en forme de critique acerbe d’une société japonaise sévère sur ce sujet, que Le Bateau de Thésée débute. Le nouveau manga des éditions Vega plonge dans la quête de rédemption menée par Shin Sano, pour réhabiliter son père, emprisonné à vie à la suite d’une enquête qui comporte de nombreuses zones d’ombre. Le jeune homme se lance dans une investigation qui le mènera sur les traces de son enfance sur l’île d’Hokkaido. Lieu où il a grandi avec sa mère, tout en étant jugé par le regard des autres, en raison des actes criminels présumés de son géniteur. A ce passé douloureux se mêle un autre combat, celui que Shin mène pour conserver la garde de son enfant, alors que sa femme est morte en couche.

Récit tragique et enquête policière s’entrecroisent dans Le Bateau de Thésée. Les éditions Vega donnent à lire un récit qui s’annonce passionnant. Au crayon, Toshiya Higashimoto livre des planches claires et précises, tout en offrant un regard intimiste sur le destin de cette famille déchirée, toujours jugée par la société. Avec sa narration en miroirs, où l’auteur renvoie tour à tour aux événements du passé, tout en explorant le présent, Le Bateau de Thésée dénote dans le paysage des mangas souvent aseptisés, en interrogeant les fondements de la société japonaise, parfois en décalage avec le monde actuel.

Le bateau de Thésée, de Toshiya Higashimoto, éd. Vega, 3 tomes disponibles.

La lanterne de Nyx

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NYX NO LANTERN © 2016 Kan Takahama

Miyo possède un don : celui de connaître l’histoire d’un objet en l’effleurant des doigts, un pouvoir spécial qui lui permet aussi de lire l’avenir. La vie de cette jeune japonaise modeste, orpheline et analphabète, va basculer le jour où elle trouve son premier travail chez un brocanteur aux goûts exotiques. Dénommé Momotoshi, cet iconoclaste au passé mystérieux, se plaît à parcourir l’Europe pour en ramener toutes ses excentricités et inventions.

Prenant place dans le Japon de la fin du XIXe siècle, La Lanterne de Nyx témoigne d’un pays dont la curiosité commençait à s’ouvrir vers le Vieux Continent, alors en pleine révolution industrielle. Commence alors le récit passionnant de cette jeune ingénue qui témoigne des trésors que l’homme a été capable de d’imaginer et de créer.

Avec La Lanterne de Nyx, la mangaka Kan Takahama livre l’un des mangas les plus intéressants de ce début d’année, développant son talent sur des cases d’une belle délicatesse et sur grand format. Entre récit historique et aventure shojo, elle trouve ici un compromis intéressant et singulier pour éviter les écueils d’une énième histoire d’amour mielleuse. Surtout, Kan Takahama offre au catalogue des éditions Glénat, un manga attachant qui se plaît à dépeindre, avec une certaine mélancolie, ce qu’il y a de mieux en l’humanité : son imagination débordante. Une vraie réussite.

A noter, l'autrice a déjà profité de la traduction de deux oneshots déjà très remarqués en France : Le Dernier Envol du Papillon ainsi que Tokyo, Amour et Libertés. Tous deux parus chez Glénat.

La Lanterne de Nyx, de Kan Takahama, éd. Glénat, 2 tomes disponibles (sur un total de six).

Mes voisins les esprits

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© Ushio Shirotori/MAG Garden

Depuis le Voyage de Chihiro (2001), les yokaïs (monstres et fantômes du folklore populaire japonais) ont acquis une forme de célébrité à l'international. C'est à ces créatures séculaires aux formes éthérées que s'intéresse Mes Voisins les Esprits, nouvelle série des éditions Doki Doki.

Présentés dans leur forme la plus favorable, à l'instar du dessin animé de Hayao Miyazaki, les yokaïs peuplent chaque page du manga de Ushio Shirotori. On y découvre le quotidien de Yachiho, qui vient de s'installer dans une étrange demeure. La jeune fille et son chat vont faire la connaissance de curieux esprits. Surtout, ces êtres capables de voyager entre le monde des vivants et celui des morts vont l'aider à en savoir plus sur la disparition de sa mère.

Mêlant sourires et frissons, cette nouvelle histoire de fantômes japonais s'affiche à mi-chemin entre un shojo et un seinen. Si les premières pages laissent libre cours à l'imagination et à l'innocence de la jeune Yachiho, les suivantes laissent présager d'une aventure plus sombre. Trépidant.

Mes voisins les esprits, de Shirotori Ushio, éd. Doki Doki, 1 tome disponible.

Bip Bip Boy

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PIKO PIKO SHOUNEN © Rensuke Oshikiri 2009 by Ohta Publishing Co., Tokyo

Des salles d’arcades aux consoles, en passant par les jeux électroniques, Rensuke Oshikiri a consacré sa vie à explorer les jeux vidéo. Dans Bip-Bip Boy, le mangaka se raconte à travers différentes saynètes bourrées d’humour, où il dépeint tour à tour sa vie de «loser» en amour, mais de «winner» manettes en main.

De cette passion débordante, il nous offre une folle traversée des années 1980, 1990 et 2000 en poussant le bouton «power» des Game & Watch, Famicom, PC Engine, Game Boy, Super Famicom, Saturn, PlayStation et Xbox 360, dans le pays qui a su propulser pixels et polygones du «simple» jeu pour enfant au rang d’art universel.

Bip-Bip Boy est le nouveau pari des éditions Omaké Books. Et la maison fondée par le journaliste Florent Gorges, spécialiste de l’histoire des jeux vidéo, trouve ici un récit taillé sur mesure pour les amoureux de ce loisir culturel. Page après page, Rensuke Oshikiri renvoie aux (vieux) joueurs les moments cocasses que beaucoup d’entre eux ont vécus durant leur jeunesse.

Que ce soit l’envie irrépressible d’acheter une console qu’on ne possède pas encore ou les rivalités entre vétérans des salles d’arcade, l'auteur - également derrière la série High Score Girl (Netflix) et éditée en manga chez Mana Books - dépeint avec justesse une vie dédiée à l’un des meilleurs divertissements du monde. Une lettre d’amour et d’humour adressée au monde du jeu vidéo, que tout gamer se doit de lire, avec une nostalgie certaine au fond du cœur.

Bip-Bip Boy, de Rensuke Oshikiri, éd. Omaké Books, 3 tomes disponibles.

Astra lost in space

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En 2063, les sorties scolaires n'ont plus rien à voir avec la visite du parc zoologique du département. Les élèves embarquent dans une navette, direction l'espace !

Et la mission des jeunes Kanata et Aries, accompagnés de leurs camarades de classe, les propulsera jusqu'à visiter une nouvelle planète, baptisée McPa. Problème, leur petite virée spatiale va les confronter à un étrange phénomène cosmique qui les renverra à plusieurs années lumières de leur point de rendez-vous.

Pensé d'abord pour les jeunes lecteurs (dès 11 ans), Astra Lost in Space est une agréable surprise à découvrir chez Nobi Nobi. Kenta Shinohara a imaginé un récit de science-fiction complet en 5 tomes, porté par un rythme haletant.

Les cases s'enchaînent et l'odyssée survivaliste de Kanata et sa clique reste particulièrement plaisante à suivre, avec un hommage à Star Trek assumé. Une bonne pioche que nous recommandons aux parents en quête de nouveautés intéressantes pour leurs enfants.

Astra Lost in Space, de Kenta Shinohara, éd. Nobi Nobi, 3 tomes disponibles.

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