Goldfish : un manga attachant venu d’Allemagne

Édité chez Nobi Nobi, Goldfish est le premier manga allemand à traverser le Rhin. [© Nana Yaa / Tokyopop GmbH / All Rights Reserved]

A l'heure où les auteurs français se réapproprient les codes du manga (Radiant (éd. Ankama), Le Voleur d'Estampes (éd. Glénat)...), l'Allemagne aussi voit une génération s'intéresser à la BD japonaise pour s'en inspirer. Et Goldfish, édité chez Nobi Nobi, est le premier manga allemand à traverser le Rhin.

Dans la veine des shônens du pays du soleil levant que sont One Piece et Naruto, ce nouveau titre marie les mythologies grecque et nordique pour livrer un récit au rythme trépidant autour de personnages attachants. Une aventure dessinée avec brio par Nana Yaa, mangaka germanique, que nous avons pu interviewer à l'occasion de sa venue récente à Paris.

On parle beaucoup de la France comme l’autre pays du manga après le Japon, mais comment ce media est-il perçu en Allemagne ?

Le marché du manga en Allemagne est très différent du marché français, c’est un petit pays de bande dessinée en général. Celle-ci y est vue comme un type de lecture un peu ringard et enfantin… Mais au milieu de cela, le manga ne se porte pas trop mal, car les albums sont moins chers et attirent donc un public plus jeune !

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Comment en êtes-vous venue à vous intéresser au manga ?

J’ai toujours aimé dessiner, depuis toute petite. Je me suis d’abord intéressée aux bandes dessinées qui étaient disponibles autour de moi : W.I.T.C.H., Astérix… J’ai donc d’abord été une fan de bande dessinée. J’ai commencé à m’intéresser au manga via les animes diffusés à la télévision, je me suis demandé de quoi ils étaient tirés ! J’ai aussi eu la chance de découvrir un jour le coin manga de ma bibliothèque de quartier, il y avait de tout et c’est par là que j’ai commencé.

Quelles sont vos influences ?

Tout peut être source d’inspiration pour moi : livres, jeux vidéo, films, émissions de télévision… Pas seulement d’autres mangas. Par contre, quand j’étais petite, j’ai commencé par lire du shônen, c’est donc le style qui m’a le plus inspirée : j’ai longtemps idéalisé les longues épopées épiques de ce genre.

J'ai décidé de mélanger toutes les mythologies que je connaissais : pour créer un univers inéditNana Yaa

Comment travaillez-vous ?

Cela dépend, si c’est une publication papier ou si je travaille pour mon webcomic. Si c’est pour mon webcomic, c’est plutôt libre, je dessine quelques idées, je fais un story-board et je me lance. Si c’est pour une publication papier, je fais un script très précis et un storyboard que j’envoie à mon éditeur, il me fait des retours et on avance comme ça jusqu’à ce que nous tombions d’accord. Je fais ensuite un brouillon à l’aide d’une tablette graphique que j’imprime en bleu avant de l’encrer puis de le scanner pour le retoucher à l’ordinateur. J’envoie ensuite les planches à mon assistante pour qu’elle fasse les trames et je fais enfin de petites corrections.

Dans Goldfish, vous réinterprétez la mythologie grecque en la mariant avec les légendes nordiques. Pourquoi les avez-vous choisis ?

Pour moi, les récits de la mythologie grecque sont les premiers contes merveilleux auxquels j’ai eu accès, ils m’ont donc fascinée. Concernant la malédiction de Midas, j’ai toujours trouvé que cela ferait un super pouvoir très cool ! Mais cela avait été beaucoup utilisé dans la littérature jeunesse et je voulais faire quelque chose de différent. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de mélanger toutes les mythologies que je connaissais : pour créer un univers inédit aux frontières très larges !

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© Nana Yaa / Tokyopop GmbH / All Rights Reserved

Comment expliquez-vous le succès de Goldfish ?

C’est une question difficile, mais je pense que c’est une question de chance dans le timing : en effet, au moment où je commençais à présenter mon projet, la maison d’édition qui édite Goldfish en Allemagne, TOKYOPOP, venait de lancer une nouvelle collection autour du shônen qui bénéficia d’un plan de communication efficace et de beaucoup de visibilité. Au moment de la sortie, beaucoup d’artistes allemands m’ont aussi soutenue. Enfin, je pense que la couverture a joué aussi un rôle important. En effet, j’ai fait plus de trente essais avant d’arriver à ce qu’elle est aujourd’hui et je pense qu’elle a pu attirer certaines personnes, dont les éditeurs français de Nobi Nobi !

Quelles thématiques aimeriez-vous développer dans vos prochains projets ?

Dans le futur, j’aimerais m’intéresser un peu plus à des sujets du quotidien, sur la santé mentale par exemple. Je pense que le message de Goldfish n’est pas aisément transposable à la vie quotidienne, et même si j’adore la fantasy, j’aspire aujourd’hui à écrire des dialogues de la vie de tous les jours. J’aimerais aussi explorer vraiment le champ de la comédie que j’apprécie particulièrement.

Goldfish, de Nana Yaa, éd. Nobi Nobi, tome 1 disponible.

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