Les 6 meilleurs mangas de janvier 2019

Beastars s'annonce comme l'un des incontournables de ce mois de janvier. [© 2017 Paru Itagaki/AKITASHOTEN]

L'année 2019 s'annonce particulièrement riche en matière de nouvelles séries dans le milieu de l'édition manga en France.

Quelques perles très attendues et souvent multiprimées au pays du Soleil-Levant s'apprêtent à s'installer dans les rayons des libraires. De nombreuses rééditions seront également à suivre, à l'instar de Slam Dunk qui profitera d'une Star Edition chez Kana pour fêter les 20 ans de la série de basket de Takehiko Inoue, à partir de mars prochain.

Delcourt/Tonkam poursuivra aussi son effort autour de l'œuvre de l'immense Osamu Tezuka, avec l'arrivée de MW et de Phoenix, deux chefs-d'œuvre du maître. Pour les lecteurs à la recherche de nouveautés, voici une première sélection de cinq titres qui promettent de faire parler d'eux dès ce mois de janvier.

Beastars

Le Festival International de la BD d'Angoulême sera le théâtre du lancement très attendu de Beastars. Manga phénomène commencé en 2016 au Japon sous le dessin de Paru Itagaki, celui-ci prend place dans un monde animal anthropomorphique. Alors qu'ils évoluent dans une société prônant l'égalité et le respect entre prédateurs et proies, les animaux de l'institut Cherryton découvrent impuissants le corps inerte de Tem, un alpaga, tué sauvagement au sein de l'établissement. Les soupçons vont rapidement s'orienter vers les carnivores, mais qui est vraiment le meurtrier ? A travers le regard de Legoshi, un grand loup à la personnalité ambigue, le lecteur découvre alors cette société allégorique de la nôtre, sous le trait inspiré de Paru Itagaki.

Pourquoi il faut le lire :

La mangaka Paru Itagaki a eu du flair et livre un travail remarquable, tant sur le dessin que sur l'ambiance et le scénario de cette étrange société animalière. L'auteure japonaise a vu son travail récompensé à de multiples reprises, ayant reçu tour à tour : le prix culturel Osamu Tezuka de la meilleure nouveauté en 2018, le prix Kôdansha du meilleur shônen, ainsi que le prestigieux prix Manga Taishô, rappelle Ki-oon son éditeur en France. A la lecture des deux premiers tomes, que l'éditeur nous a fourni, le titre mérite sincèrement le détour. Et si l'on pense immanquablement à Blacksad et Zootopie dès les premières planches, Beastars possède assez de chien pour rapidement s'en démarquer et offrir une aventure singulière, à la fois sombre et attachante.

Beastars, de Paru Itagaki, éd. Ki-oon, tome 1 et 2 disponibles le 24 janvier 2019.

Eveil

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Hana ©︎ Taiyou Matsumoto, 2002-2018

Auteur maintes fois primé et devenu célèbre pour son travail sur Amer Béton, Taiyô Matsumoto sera l'un des invités prestigieux du FIBD à Angoulême fin janvier. L'auteur aura même droit à une rétrospective sur place. En attendant sa venue en France, il sera possible de découvrir Eveil, dès le 18 janvier. Le maître se projette dans un futur lointain, où nos cultures et nos civilisations ont été oubliées. Devenu plus proches de la nature, à l'image des amérindiens, un peuple organise sa communauté pour gagner la protection des esprits. 

Pourquoi il faut le lire :

Avec Eveil, Taiyô Matsumoto livre un manga impressionnant de maîtrise. Son récit ésotérique questionne le lecteur, tandis que son trait singulier sert l'étrangeté de sa narration. L'histoire, encore inédite en France, se révèle poétique et profonde, portée par des planches très encrées, qui ne sont pas sans rappeler Number 5, du même auteur. Un récit épique que Kana réédite d'ailleurs le même jour qu'Eveil.

Eveil, de Taiyô Matsumoto, éd. Kana, histoire complète en un tome, disponible.

My Home Hero

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My Home Hero © 2017 Naoki Yamakawa / Masashi Asaki / Kodansha Ltd.

Avec My Home Hero, la maison d'édition Kurokawa se gisse dans un genre quelle exploite assez peu : le thriller. Et pourtant My Home Hero se révèle être un petit bijou en la matière. En amenant des parents sans histoire et aimants à commettre un crime pour préserver la vie de leur fille chérie, Naoki Yamakawa au scénario et Masashi Asaki au dessin mêlent à la fois drame et comédie, dans une histoire digne d'un roman policier.  

Pourquoi il faut le lire :

Recommandé chaudement par le romancier Maxime Chattam en bandeau de couverture, My Home Hero n'usurpe en rien les compliments de l'écrivain qui le qualifie de «réussite totale». Le premier tome se révèle palpitant de bout en bout, avec un sens du suspens et de l'humour qui ne sont pas sans rappeler le ton caustique de la série Dexter. Les amateurs de thriller apprécieront, y compris celles et ceux qui n'auraient jamais ouvert un manga de leur vie.

My Home Hero, de Naoki Yamakawa et Masashi Asaki, éd. Kurokawa, tome 1 disponible.

Le Voleur d'estampes

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© Camille Moulin-Dupré/Glénat

L'espiègle «Voleur» sans nom se rhabille tout de noir pour commettre ses méfaits dans le tome 2 du Voleur d'Estampes. Ce manga français, réalisé par Camille Moulin-Dupré, narre les péripétie de ce coquin qui entend dérober rien de moins que la plus grande statue de Bouddha du Japon. Problème, les autorités son bien décidées à traquer ce monte-en-l'air facétieux.

Pourquoi il faut le lire :

Après avoir fait un détour par la case animation en collaborant sur «L'Île aux Chiens» (2018), dernier film de Wes Anderson, le français Camille Moulin-Dupré reprend le pinceau qu'il avait particulièrement bien manié lors de la sortie du premier tome du Voleur d'Estampes, en 2016. Une histoire construite en forme d'hommage à l'art séculaire de l'estampe que nous avions déjà saluée. Ce second tome conclut ainsi ce voyage à la fois poétique et amusant dans le Japon médiéval.

Le Voleur d'Estampes, de Camille Moulin-Dupré, éd. Glénat, tomes 1 et 2 disponibles.

Jagaaan

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JAGAAAN © 2017 MUNEYUKI KANESHIRO/ KENSUKE NISHIDA/SHOGAKUKAN

De flic de quartier humilié par les voyous à super-héros haineux prêt à se débarrasser de la vermine. Voici le parcours de Shintaro Jagasaki, dont le destin bascule le jour où il interpelle un mutant dans le métro. A l'issue de cet affrontement, Shintaro voit son bras droit hériter d'un étrange pouvoir, capable de convertir sa main en une arme destructrice... 

Pourquoi il faut le lire :

Sur le thème déjà vu du type sans histoire qui obtient des superpouvoirs, Jagaaan promet une histoire sombre, grâce à son personnage de loser qui souhaite dépasser ses complexes pour s'offrir enfin la vie qu'il mérite. Le duo Muneyuki Kaneshiro (scénariste) et Kensuke Nishida (dessinateur) pourraient bien créer la surprise avec des tomes qui s'annoncent prometteurs. Le rythme enlevé et l'action ultra-violente font irrémédiablement penser à l'excellent Parasite de Histoshi Iwaaki (édité en France chez Glénat et disponible en série sur Netflix). Et pour se faire une idée, un extrait du premier tome est disponible ici.

Jagaaan, de Muneyuki Kaneshiro et Kensuke Nishida, éd. Kazé, tome 1 disponible.

Atrail

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© Goro TANIGUCHI 2016 © Akihiko HIGUCHI 2016  KADOKAWA CORPORATION

Iori Shijima est un lycéen sans histoire, un jeune homme peu ambitieux, qui aspire au calme et à trouver un job moyen, pour une vie simple et sans vague. En somme, un personnage inintéressant. Et pourtant, comme tous les adolescents, il ne se connaît pas réellement et n'a absolument aucune conscience qu'il est un être spécial sur qui repose l'avenir de l'humanité, mais aussi de la Terre entière. C'est sur ce scénario qui débute sans grand intérêt pour Atrail, nouveau manga paru chez Doki Doki, que le scénariste Goro Taniguchi va déployer des trésors d'ingéniosités pour propulsé le lecteur dans une aventure mêlant science-fiction, mondes parallèles, superpouvoirs et romance, le tout englobé dans une vaste comédie. Car Iori Shijima va devoir prendre ses responsabilités le jour où il découvre que la réalité, dans laquelle il vit, est purement factice...

Pourquoi il faut le lire :

Réalisateur émérite et très largement applaudi par les fans de science-fiction et de méchas avec la série Code Geass (dont la 1ère saison est disponible sur Netflix), Goro Taniguchi livre un récit aux multiples références pour offrir une œuvre chorale fraîche et amusante. On pense en effet tour à tour à la cacophonie de Ranma 1/2, aux triangles amoureux de Kimagure Orange Road (Max et Compagnie en France), aux entités déifiés d'Evangelion et au monde irréel du Truman Show. Au dessin Akihiko Higuchi s'applique, avec des planches dignes d'un animé à gros budget, donnant l'impression d'être au cinéma. Dynamique et très plaisant, Atrail est une belle surprise qui pourrait profiter d'une histoire maîtrisée, puisque l'œuvre (toujours en cours de publication au Japon) doit tenir sur six tomes. Un pari qu'on espère voir relever.

ATRAIL, de Goro Taniguchi (scénario) et Akihiko Higuchi (dessin), éd. Doki Doki, tome 1 disponible.

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