Ce jeudi, le parquet de Nîmes a annoncé qu’un collégien de 15 ans, placé précédemment en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur le meurtre d’une octogénaire au Grau-du-Roi (Gard), a été mis en examen pour assassinat.
Une affaire sordide. Pris d'un «besoin viscéral de faire mal», un collégien de 15 ans «sans histoires» a été mis en examen ce jeudi après avoir avoué le meurtre brutal d'une octogénaire au Grau-du-Roi, dans le Gard. Il avait ciblé sa victime au hasard.
Interpellé mardi, cinq jours après les faits, il avait déclaré lors de sa garde à vue avoir «saisi la victime par l'arrière, lui avoir asséné des coups d'une perceuse, puis des coups de pied et de poing, avant de l’étrangler», a précisé la procureure Cécile Gensac, lors d’une conférence de presse.
Il a par la suite déclaré «avoir prévu cette agression le jour même, en préparant la mise à disposition de la perceuse dont il s'était doté dans le matériel familial, en la cachant en amont, non loin du lieu des faits dans un buisson, avant de venir la reprendre muni d'un masque et de gants puis de passer à l’acte» dans la soirée, a poursuivi la magistrate.
Le jeune homme, qui habitait à proximité, a ainsi expliqué avoir eu un «besoin viscéral de faire mal en raison d'un ressenti d'une profonde injustice à son encontre, dans le milieu familial notamment».
Des tensions familiales
Enfant d'une troisième union de son père, il était très proche de l'un de ses demi-frères devenu papa, ainsi que de ses neveux et nièces, mais des tensions en début d'année entre les adultes de la famille l'ont tenu à l'écart de ces derniers, très importants pour lui.
«Un épisode plus récent de rupture sentimentale l'avait également perturbé», a aussi expliqué la procureure, selon qui les parents, «sensibles à ses difficultés avaient vainement tenté de trouver un psychologue ou un psychiatre pour le soutenir».
Le jeune homme, bon élève, sans histoires et entouré de ses parents et de bons copains, avait commencé à «perdre un peu pied en classe», a aussi dit la magistrate.
«Aucun lien n'existe entre lui et la victime, qui a été choisie au hasard dans son projet d’agression», a-t-elle de nouveau souligné.
Mis en examen du chef d'assassinat, il a été placé en détention provisoire et encourt une peine de 20 ans de prison sous réserve que les experts psychiatres qui seront désignés n'écartent pas sa responsabilité pénale, a finalement conclu Cécile Gensac.