Un grand brûlé survit grâce à une greffe de peau de son jumeau

Des brûlés ont déjà été greffés avec de la peau de leur vrai jumeau, mais jamais sur une telle étendue, où les chances de survie sont quasiment nulles.[PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Un homme, brûlé sur la quasi-totalité du corps et condamné à mourir, a été sauvé grâce à la greffe de peau de son frère jumeau.

«C'est la première fois qu'on réalise une greffe de peau entre jumeaux sur 95% du corps», a déclaré à l'AFP le Pr Maurice Mimoun, chef du service de chirurgie plastique et reconstructrice à l'hôpital Saint-Louis à Paris.

Selon les médecins, l’avantage de cette peau greffée est qu’elle ne sera jamais rejetée, sans nécessiter de traitement immunosuppresseur (anti-rejet) puisque ces vrais jumeaux ont un capital génétique identique.

Franck, 33 ans, avait été admis le 27 septembre 2016 au centre spécialisé de l'hôpital Saint-Louis de Paris (AP-HP, Assistance Publique des hôpitaux de Paris). Suite à un accident de travail, l’homme avait été brûlé sur 95% de son corps et condamné à mourir. Il avait été pris en charge par le Pr Mimoun et l'équipe du Pr Alexandre Mebazaa en anesthésie réanimation. Par chance, Franck avait un jumeau homozygote (du même oeuf). Ce dernier, Eric, l’avait sauvé en acceptant de lui donner sa peau.

Une dizaine d'opérations réalisées

Prélevée sur le jumeau sain, la première greffe de peau avait été réalisée le septième jour après l'admission de Franck à l'hôpital. Afin de réaliser le transfert immédiat de la peau, deux équipes de chirurgiens et d'anesthésistes réanimateurs avaient opéré les jumeaux au même moment, révèle l’AFP.

Le procédé avait été répété au 11e et 44e jour pour assurer la couverture entière du patient brûlé. Au total, ce dernier avait subi une dizaine d'opérations, incluant greffes et interventions pour exciser la peau brûlée, toxique pour l'organisme, a souligné le Pr Mimoun.

De fines couches de peau prélevées

De «minces couches» (5 à 10 cm de large) avaient été prélevées sur le crâne du donneur, car cette partie du corps cicatrise très vite, en moins d'une semaine. La peau du dos et des cuisses, qui cicatrise en une dizaine de jours, avait également été prélevée. Les 45% de peau obtenue avaient été étirés dans une machine pour obtenir «comme un bas résille», ensuite posé sur le corps. «Les petites plaies entre chaque maille cicatrisent en dix jours», a expliqué le chirurgien à l’AFP. Eric «conservera peut-être une petite différence de pigmentation», a précisé le médecin.

Franck est sorti du centre de brûlés de l'hôpital Saint-Louis mi-février, quatre mois et demi après son hospitalisation. Il poursuit désormais sa rééducation de jour dans un centre. «Il est chez lui avec sa compagne, il peut vaquer à ses occupations, son visage a très bien récupéré, ses mains aussi», s’est réjouit le Pr Mimoun. 

Quant à son frère, il «va bien» et est «super ravi» d'avoir aidé son frère.

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