Naissances, mariages, espérance de vie, solde migratoire... La population française passée au crible

L'année dernière, 767.000 bébés sont nés en France, soit 17.000 de moins qu’en 2016. [Photo d'illustration. PHILIPPE HUGUEN / AFP].

A l'occasion de la présentation du recensement de la population 2018, l'Insee a dévoilé, ce mardi 16 janvier, son dernier bilan démographique. Voici les cinq principaux enseignements à retenir.

Le plus faible solde naturel depuis l'après-guerre

Au 1er janvier 2018, la France totalisait une population de 67,2 millions de personnes, une croissance de 233.000 personnes (+0,3%) sur un an, malgré une nouvelle baisse des naissances.

Le solde naturel, c'est-à-dire la différence entre le nombre de décès et le nombre de naissances, s'établissait, l'année dernière, à + 164.000 personnes.

Hors Mayotte, le solde naturel français est ainsi le plus faible constaté depuis la Seconde guerre mondiale, relève l'Institut national de la statistique.

Le solde migratoire (la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours de l'année) est lui estimé à + 69.000 personnes.

Comme par le passé, relève l'Insee, il participe moins que le solde naturel à l’augmentation de la population française.

Des naissances en baisse pour la troisième année consécutive

Autre donnée et pas des moindres, l'Insee révèle qu'en 2017, le nombre de naissances a diminué en France pour la troisième année consécutive.

L'année dernière, ce sont ainsi 767.000 bébés qui sont nés en France, soit 17.000 de moins qu’en 2016 (- 2,1 %), après une autre baisse de 15.000 nouveaux-nés l'année précédente.

Une baisse des naissances qui s’expliquerait notamment par la diminution du nombre de femmes âgées de 20 à 40 ans constatée depuis le milieu des années 1990. L'Insee note ainsi qu'elles étaient 8,4 millions en 2017, contre 8,8 millions en 2007 et 9,3 millions en 1995.

Concernant le taux de fécondité des Françaises (qui évalue le nombre moyen d'enfants par femme en âge de procréer), celui-ci s'établissait l'année dernière à 1,88 enfant par femme, enregistrant lui aussi sa troisième année de baisse.

Selon l'Insee, la France reste toutefois le pays de l’Union Européenne où la fécondité est la plus élevée.

De son côté, l'âge moyen à la maternité a continué de croître pour atteindre 30,6 ans en 2017, alors qu'il était de 29,8 ans il y a encore dix ans. 

Des décès en hausse, avec le vieillissement des générations du «baby-boom»

Pour ce qui est des décès, 603.000 personnes sont mortes en France en 2017, soit 9.000 de plus qu’en 2016.

L'Insee remarque que le nombre de décès a tendance à augmenter depuis le début des années 2010. Cela s'explique notamment par le fait que les générations nombreuses issues du baby-boom atteignent maintenant des âges de forte mortalité. 

Parallèlement, le vieillissement de la population française se poursuit : au 1er janvier 2018, les personnes de 65 ans ou plus représentent désormais 19,6 % de la population contre 19,2 % début 2017.

L'écart d'espérance de vie entre les hommes et les femmes se réduit encore

Les petites filles nées en 2017 peuvent espérer vivre pendant 85,3 ans, contre 79,5 ans pour les hommes. 

L'écart d'espérance de vie entre les deux sexes est ainsi de 5,8 ans en 2017, contre 7,8 ans vingt ans plus tôt.

L'Insee note enfin qu'après un recul en 2015, l'espérance de vie s’est remise à progresser en 2016 et 2017 pour les hommes, mais est restée stable en 2017 pour les femmes, qui n’ont pas retrouvé l’espérance de vie qu’elles avaient en 2014.

Quatre Pacs conclus pour cinq mariages célébrés

Créé en 1999 avec pour vocation première de répondre aux attentes des couples de même sexe en matière de reconnaissance légale et sociale, le Pacs (pour Pacte civil de solidarité) connaît depuis un succès certain.

Selon les dernières données disponibles de l'Insee, il y a ainsi eu, en 2017, 228.000 mariages de célébrés en France, contre 192.000 Pacs conclus (chiffres de 2016).

En d'autres termes, aujourd'hui, il se conclut quatre Pacs pour cinq mariages célébrés.

Dans le même temps, la proportion de couples de même sexe qui choisissent l'un ou l'autre type d'union est, elle, restée stable.

Il y a ainsi eu 7.000 mariages et 7.000 Pacs de conclus entre personnes de même sexe.

Par ailleurs, l'Insee révèle que les personnes pacsées ont des caractéristiques sociodémographiques spécifiques. 

Parmi les personnes diplômées de l’enseignement supérieur vivant en couple, 12 % sont pacsées, contre 2 % seulement parmi les personnes n’ayant pas de diplômes.

D'ailleurs, l'étude pointe que les cadres et les professions intermédiaires sont plus enclins à se pacser que le reste de la population.

Les couples pacsés vivent enfin le plus souvent dans de grandes villes. Les villes de plus de 100.000 habitants concentrent en effet une plus forte proportion de couples pacsés ou en union libre que les autres. Ainsi, seuls 66 % des couples qui y vivent sont mariés (contre 72 % en moyenne en France).

Sans surprise, il y a beaucoup de personnes pacsées à Paris (9 % des unions), ce département étant peuplé de couples en moyenne jeunes et très diplômés.

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