La course aux européennes est lancée

Tous les partis espèrent peser sur la prochaine composition du Parlement européen, dont le siège est situé à Strasbourg. Tous les partis espèrent peser sur la prochaine composition du Parlement européen, dont le siège est situé à Strasbourg. [© FREDERICK FLORIN / AFP]

Le compte à rebours est lancé. A deux mois, jour pour jour, des élections européennes, certains partis sont déjà en campagne, d’autres encore en quête de candidats, mais tous fourbissent leurs armes.

Alors que l’abstention est une constante des européennes (56 % en 2014), le scrutin du 26 mai, le premier depuis la séquence électorale de 2017, s’annonce plus que jamais crucial pour l’ensemble des formations, chacune ayant autant à perdre qu’à gagner, mais aussi décisif pour le futur de l’Europe.

LREM en pole position dans un scrutin-test

En tête des intentions de vote (23,5 %, selon un récent sondage Ipsos), le parti majoritaire, qui n’a encore aucun siège, espère effectuer une entrée en force au Parlement européen.

Comme Emmanuel Macron l’a répété dans sa tribune diffusée le 5 mars dans les vingt-huit pays de l’UE, c’est un duel entre les «progressistes», dont il se veut le chef de file, et les «nationalistes», incarnés par les ­populistes, qui s’annonce.

La campagne de Nathalie Loiseau, intronisée tête de liste hier, lundi 25 mars, aura ainsi à charge de vanter une «Europe qui protège», selon les mots du président.

En pleine crise des ­gilets jaunes, le scrutin pourrait toutefois devenir un référendum pro ou anti-­Macron, les électeurs mécontents risquant de le sanctionner dans les urnes.

D’autant plus si les réponses que le chef de l’Etat a promis d’apporter au grand débat, mi-avril, déçoivent l’opinion. Une stratégie que LREM affinera samedi, lors d’un premier meeting de campagne à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

Le RN prêt à surfer sur la vague nationaliste

Arrivé en tête aux européennes de 2014 et deuxième à la dernière présidentielle, le RN, désormais sur les talons de LREM (21,5 %), entend confirmer son statut de premier parti d’opposition.

Sa présidente Marine Le Pen, en visite à Mayotte et à La Réunion dès aujourd’hui, a misé sur une campagne de proximité, sillonnant les villages du pays plutôt que les grandes villes.

Et ce, toujours accompagnée de la tête de liste du RN, le jeune Jordan Bardella. Nouveauté de ce scrutin : le parti pourra compter, cette fois, sur le succès des nationalistes en Italie, en Hongrie ou encore en Autriche, pour espérer changer les institutions «de l’intérieur», via une «alliance des nations».

Ce qui explique son programme édulcoré, sans sortie de l’euro annoncée. De son côté, Nicolas Dupont-Aignan, leader de Debout la France (5 %) et ex-allié du RN en 2017, va faire bande à part.

LR à la reconquête sur une ligne conservatrice

A la peine depuis sa déroute à la présidentielle, LR veut se relancer en regroupant les différentes sensibilités de droite.

Résultat, une liste conduite par le philosophe François-Xavier Bellamy, à la ligne conservatrice (anti-immigration, pro-­sécuritaire…), mais aussi par l’élue francilienne Agnès Evren et l’eurodéputé ­Arnaud Danjean, plus modérés.

Et ce ­calcul paraît porter ses fruits, le parti étant crédité de 12 % des voix, contre 8 % en décembre. L’objectif, pour son président Laurent Wauquiez : s’installer comme la «seule alternative crédible».

Les Insoumis et les Verts cantonnés à un bras de fer

Au coude à coude dans les sondages (8 %), LFI et EELV, qui refusent les jeux d’alliances et visent à se démarquer de la gauche traditionnelle, semblent destinés à un match dans les urnes – malgré leurs points communs.

La tête de liste du parti de Jean-Luc Mélenchon, Manon Aubry, porte un programme anti-libéral, tandis que le patron et candidat des écologistes, Yannick Jadot, «pragmatique», s’est dit favorable «à la libre-entreprise et à l’économie de marché».

La gauche classique au combat, mais en ordre dispersé

A gauche, plus que jamais divisée, l’enjeu sera surtout d’atteindre les 5 % de voix nécessaires pour obtenir des élus et rester dans le paysage.

La preuve : pour survivre, le PS d’Olivier Faure a même dû laisser la tête de sa liste à l’essayiste ­Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique, donné à 6,5 %.

Mais, malgré d’intenses tractations, celui-ci a échoué à unir le mouvement de Benoît Hamon, Génération.s (4 %), et les communistes (2 %). Si le rassemblement parvient à se faire à gauche, ce sera donc plutôt pour les municipales de 2020

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