Mobilisation, blessures, arrestations... 6 mois de gilets jaunes en chiffres

Moins légion mais toujours sur le pavé. Alors que beaucoup avaient prédit que le mouvement ne passerait pas l'hiver, les gilets jaunes fêteront ce vendredi 17 mai leurs six mois d'existence. L'occasion de faire un point sur les chiffres de la mobilisation.

1.200.000 signatures pour une pétition

Levier décisif de la contestation, la pétition lancée par la gilet jaune Priscillia Ludosky avait atteint le million de signatures en à peine douze jours, devenant le deuxième texte le plus soutenu sur Change.org depuis l'ouverture de la plateforme en France (derrière «Loi travail, non merci» de 2016). A l'heure où ses lignes sont écrites, son appel a dépassé les 1.219.000 signataires.

De 282.000 à 18.600 manifestants

Pour leur acte fondateur du 17 novembre, plus de 282.000 manifestants étaient sortis affublés d'un gilet fluo pour protester contre la hausse des prix des carburants. Répondant aux très nombreux appels sur les réseaux sociaux, ils avaient alors «filtré» les axes de circulation, mais aussi occupé ronds-points et péages, avec l'objectif de bloquer, ou du moins affecter l'économie nationale.

Les actes III et IV, délocalisés dans les métropoles et illustrés par des heurts avec la police et des dégradations, dont le saccage de l'Arc de Triomphe à Paris, ont marqué un tournant dans la mobilisation : depuis, les cortèges de gilets jaunes ne cessent de s'écrémer, samedi après samedi. Lors de leur dernier acte, ils n'étaient plus que 18.600 manifestants dans toute la France, d'après les chiffres du ministère de l'Intérieur (37.500 selon le «Nombre jaune»). Combien seront-ils samedi prochain ?

11 morts et plus de 4.000 blessés

Depuis le début du mouvement, 11 personnes sont mortes, principalement dans des accidents de la route. Côté manifestants, 2.448 personnes ont été blessées, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur arrêtés au 13 mai. Selon le décompte tenu par le journaliste indépendant David Dufresne, 24 de ces blessés ont été éborgnés et cinq ont eu la main arrachée.

Côté forces de l'ordre, Beauvau a recensé 1.797 blessés, principalement des policiers ou des gendarmes, mais aussi quelques pompiers.

10.718 gardes à vue et 2.000 condamnations

En l'espace de six mois, les forces de l'ordre ont effectué un total de 12.107 interpellations, qui se sont soldées par 10.718 gardes à vue, selon les chiffres du gouvernement publiés début avril. Bilan : près de 2.000 condamnations prononcées (dont 40 % étaient de la prison ferme) et autant d'affaires classées sans suite, selon la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. L'exécutif n'a pas avancé de nouveaux chiffres depuis. 

13.900 TIRS DE LBD et 256 enquêtes visant des forces de l'ordre

Documentées par des vidéos postées sur les réseaux sociaux, les accusations de violences policières se sont multipliées ces derniers mois, à mesure que les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre devenaient plus violents. Au cœur de la polémique, notamment : l'usage jugé excessif du lanceur de balles de défense (LBD) – début mars, il y avait déjà eu 13.905 tirs cumulés. D'après les chiffres des autorités publiés fin mars, 256 enquêtes pour des soupçons de violences policières ont été ouvertes par l'IGPN, la «police des polices», et l'IGGN, son équivalent pour la gendarmerie.

4 milliards d'euros de coûts

Magasins fermés, voitures brûlées, dégradations du mobilier urbain, pillages, blocages... Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a estimé le coût économique des manifestations à 0,2 point de croissance, soit quatre milliards d'euros, répartis sur 2018 et 2019. Un impact qu'il a jugé «sévère».

Selon la dernière estimation publiée par la Fédération française de l'assurance (FFA), les actes de vandalisme commis en marge des cortèges ont coûté, eux, près de 200 millions d'euros aux assureurs.

DE 75% À 50% De soutiens

Massif à ses débuts, le soutien des Français aux gilets jaunes s'est peu à peu érodé au fil des manifestations, du fait de l'infiltration de black blocs dans les cortèges et de violences toujours plus fortes – d'un côté comme de l'autre. Quand les trois-quarts des Français (75%), voire plus, avaient une bonne opinion du mouvement le 28 novembre, ils sont désormais 60% à vouloir qu'il prenne fin, selon différents sondages récents. Reste qu'au bout de six mois, un Français sur deux soutient toujours le mouvement de révolte.

Vous aimerez aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles