Paris : abaisser à 50 km/h la vitesse du périphérique serait-il efficace ?

Une diminution de la vitesse autorisée sur l'anneau de 35 km a déjà eu lieu en 2014. [© JACQUES DEMARTHON / AFP]

Alors que la maire de Paris, Anne Hidalgo, s'est dite favorable à diminuer «rapidement» la vitesse sur le périphérique après qu'un rapport en ce sens lui a été remis ce mardi 28 mai 2019, une telle mesure serait-elle efficace ?

Sur la pollution

L'effet de la baisse de la vitesse sur la qualité de l'air n'est pas direct. «Il n'y a pas de chiffre précis pour le passage de 80 à 70 km/h du périph' en 2014. Il y a plusieurs critères à prendre en compte», souligne Charlotte Songeur, ingénieure à Airparif. Les études c'est lorsqu'ils roulent en-dessous de 30 km/h ou au-dessus de 70 km/h que les véhicules polluent le plus. Or, «à 50 km/h, on est déjà dans un optimum de pollution», pointe Charlotte Songeur.

Cette réduction de vitesse peut toutefois se montrer vraiment efficace en améliorant la fluidité du trafic, car «la circulation en accordéon provoque beaucoup de pollution», martèle l'ingénieure d'Airparif.

Plus largement, selon elle, «les changements à grande échelle sur la voierie peuvent avoir des effets sur les comportements et limiter les déplacement en voiture. Clairement, si on en enlève, cela améliore la qualité de l'air». Mais reste à voir si une telle mesure ne risque pas déplacer le problème : «il faut ensuite voir comment le trafic va se reporter ailleurs», nuance Charlotte Songeur.

Sur le bruit

Selon un précédent rapport de Bruitparif, la limitation de vitesse en 2014 a permis en moyenne de diminuer les niveaux sonores de 0,5 décibels pendant la journée, et de 1,2 décibels pendant la nuit.

Des baisses relativement limitées qui s'expliquent par le fait que pendant la journée, les véhicules ne peuvent pas souvent rouler à la vitesse maximale autorisée, en raison des bouchons. C'est surtout la nuit où c'est le cas, et donc où les gains sont les plus élevés.

Si ce changement n'est pas forcément très marquant pour les riverains, il s'ajoute à la pose d'un nouveau bitume isolant, sur un tiers du périphérique. «Les effets des deux mesures apportent un gain significatif parce qu'on est autour de cinq décibels en moins. Et là, c'est perceptible à l'oreille», souligne Fanny Mietliki, directrice de Bruitparif sur Franceinfo.

Sur les accidents

Là encore, abaisser la vitesse limite ne garantit pas directement une baisse des accidents. Depuis le passage à 70 km/h, entre 2014 et 2018, ce sont 3.210 accidents, 375 blessés et 17 morts qui ont été dénombrés sur le périphérique, selon les données de la préfecture de police de Paris récemment révélés par le site Caradisiac. Or, de 2009 à 2013, ces chiffres étaient de 3.904 accidents, 381 blessés et 16 morts.

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Plus globalement, la réduction à 80 km/h des routes départementales est également contrastée. En janvier, Edouard Philippe, le Premier ministre, se réjouissait de cette mesure qui aurait permis de sauver 116 vies en six mois. Mais un mois plus tôt, le comité d'évaluation des 80 km/h (non-officile et indépendant) avait évoqué sur RTL une efficacité moindre que prévue.

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