Comprendre et savoir expliquer la réforme de l'assurance chômage en 250 mots

La réforme vise à atteindre 7% de chômage d'ici à 2022. [© JOEL SAGET / AFP]

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, la refonte de l'assurance chômage, pas encore appliquée mais déjà controversée, entend relancer l'emploi en durcissant les règles d'indemnisation. Voici les clés pour tout comprendre à cette réforme explosive.

Quels objectifs ?

Alors que «le système actuel n’incite pas au retour à l’emploi durable», le projet de loi, finalement négocié sans les partenaires sociaux, vise à «faire en sorte que le travail paye toujours plus que l'inactivité», selon le gouvernement. L'objectif : économiser jusqu'à 3,9 milliards d'euros et atteindre 7% de chômage d'ici à 2022 (contre environ 9%).

Quelles mesures ?

Dévoilée mi-juin, la réforme prévoit un «bonus-malus» appliqué aux entreprises (hôtellerie, restauration, bâtiment…) pour éviter le recours abusif aux contrats courts, un durcissement des conditions d'accès à l'indemnisation, la dégressivité des allocations pour les plus hauts salaires, un meilleur accompagnement des demandeurs d’emploi, ainsi que l'ouverture de ces droits aux démissionnaires et indépendants. Le tout sur le principe «à travail égal, allocation égale».

Si l'exécutif estime «au maximum» à 700.000 le nombre de personnes affectées par le projet, l’Unédic calcule, elle, que près de deux millions de chômeurs vont perdre des droits.

Quelles critiques ?

Alors que la réforme doit être appliquée par décret (sans vote du Parlement) «d'ici à la fin de l'été», syndicats et patronat sont vent debout. Laurent Berger (CFDT) juge les mesures «profondément injustes» et «extrêmement dures», tandis que Geoffroy Roux de Bézieux (Medef) fustige un texte «inefficace qui découragera l’emploi» et traduit une «vision punitive» de l’économie.

L'opposition, à gauche surtout, dénonce de son côté une réforme «purement financière qui fera 100% de perdants», pointant plutôt le manque systémique d'activité en France (680.000 offres sur Pôle Emploi pour plus de 3,6 millions de chômeurs début 2019).

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