Le hashtag #SignaleUnMusulman ne fait pas rire Christophe Castaner

Le ministre de l'Intérieur a fait part de son mépris Le ministre de l'Intérieur a fait part de son mépris[STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]

Après avoir énuméré, lors de son audition par la commission des lois du Sénat au sujet de l'attaque à la préfecture de police, les «signes» éventuels de radicalisation islamiste, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, ou du moins ses propos ont été tournés en dérision par la twittosphère. «Méprisable», selon lui.

Pour rappel, le locataire de la place Beauvau avait déclaré que le «port de la barbe», la «conversion» à l'islam, une «pratique régulière ou ostentatoire de la prière rituelle», ou encore le «port du voile intégral» en dehors du travail pouvaient être des signes de pratique et d'adhésion à l'islam radical. Et en ce sens devaient être automatiquement «signalés».

Twitter avait aussitôt répliqué avec le hashtag sarcastique #SignaleUnMusulman, multipliant les appels à signaler des hipsters ou des politiques avec une barbe de trois jours, des auditeurs de chansons arabophones,  Alexandre Benalla, des boucles d'oreilles en forme de babouches, Steve Rogers alias Captain America des «Avengers», des chats, et même l'abbé Pierre, Gandalf du «Seigneur des Anneaux» et le Père Noël.

«Personne ne fait de lien entre l'islam et le terrorisme»

Autant de moqueries et de traits d'ironie qui ne sont pas du goût de Christophe Castaner. «Certains ont glosé ou fait de l'humour. Je trouve ça méprisable», a lâché le ministre lors de son audition. «Quand j'ai donné la liste de ce qui peut permettre d'identifier une radicalisation, notamment vers un islam radical, un islam politique, le terrorisme, un certain nombre de personnes se sont moquées [...], chacun ici sait que personne ne fait de lien entre la religion musulmane et le terrorisme, ni même entre la religion musulmane, la radicalisation et le terrorisme», a-t-il expliqué. Avant de nuancer : «Mais cela peut arriver. Le nier, c'est mentir aux Français.»

Le «premier flic de France» a également insisté sur l'importance pour les forces de l'ordre de signaler tout fait qui leur paraîtrait suspect, estimant que c'est leur «responsabilité [...] d'assumer la dénonciation d'un phénomène». «Pour moi ce n'est pas négociable. Ça fait partie de leurs missions. Ils doivent protéger les Français, leurs collègues et je refuse qu'ils m'opposent une réserve sur ce sujet-là.» 

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