Fécondité stable mais insuffisante, solde naturel historiquement bas, mariages en baisse... la France à la loupe

C'est un peu une tradition. Ce mardi 14 janvier, à l'occasion du lancement de l'enquête 2020 du recensement de la population, l'Insee a dévoilé son bilan démographique annuel, portant sur l'année précédente. Une étude démographique de grande envergure dans laquelle on apprend, notamment, que la fécondité se stabilise enfin en France, après quatre années consécutives de baisse.

Une fécondité stabilisée mais insuffisante au renouvellement des générations

L'année dernière, 753.000 bébés sont nés en France, soit, au total, 6.000 naissances de moins comparé à 2018 (– 0,7 %).

Dans l'Hexagone, l'Insee constate que le nombre de naissances baisse chaque année depuis cinq ans, mais à un rythme qui ralentit au fil des années.

Ainsi, alors que la baisse était de 2,4 % en 2015, elle est passée à 1,9 % en 2016 puis 1,8 % en 2017, 1,4 % en 2018 et enfin 0,7 % en 2019, note l'Institut national de la statistique.

Dans la foulée, après quatre années consécutives de baisse entre 2015 et 2018, le taux de fécondité, soit le nombre moyen d'enfants par femme en âge de procréer s'est, lui, stabilisé en 2019.

Il s'établissait ainsi à 1,87 enfant par femme, après 1,88 en 2018 (taux corrigé). Un chiffre toutefois toujours en-deçà du seuil nécessaire (2,05 enfants par femme) faisant que chaque génération puisse en engendrer une suivante de taille équivalente.

La France peut toutefois à nouveau s’enorgueillir d'être, en 2017 (dernières données disponibles, ndlr), le pays le plus fécond de toute l'Union européenne

Enfin, à noter que l'âge moyen de la maternité dans notre pays tend à augmenter toujours plus : il atteint 30,7 ans en 2019, contre 30,6 ans en 2018 et, surtout, 29,3 ans vingt ans plus tôt. 

Des décès en hausse mais des français qui vivent plus longtemps

Comparativement aux naissances, en baisse donc, les décès, eux, sont en augmentation. En 2019, 612.000 personnes sont ainsi mortes en France. C’est 2.000 de plus qu’en 2018, soit une hausse de 0,4 %.

Parmi les facteurs qui peuvent expliquer cette augmentation, l'Insee relève trois causes principales. Les générations nombreuses du baby boom, soit globalement les personnes nées avant 1955, arrivent d'abord à des âges de forte mortalité.

Puis, à cela, s'ajoute l’épidémie de grippe hivernale 2018-2019, qui, si elle a été de durée limitée (8 semaines), s'est traduite, avec environ un millier de décès, par une mortalité relativement élevée, (quoique inférieure à celle de l’hiver précédent).

Enfin, l’été 2019 a été marqué par deux canicules intenses, en juin et en juillet, sur la quasi-totalité du territoire métropolitain, et qui a durement touché les plus de 75 ans (1.500 décès attribués aux fortes chaleurs).

Pour autant, les Français ont, en moyenne, tendance à vivre plus longtemps. A comparer avec 2018, où l’espérance de vie à la naissance était de à 85,3 ans pour les femmes et 79,4 ans pour les hommes, celle-ci s'établit en effet, en 2019, à 85,6 ans et 79,7 ans respectivement.

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Plus spectaculaire encore, en dix ans, les hommes français ont même gagné 2 ans d'espérance de vie, et les Françaises 1,2 an.

Ce faisant, l’espérance de vie des femmes en France est aujourd'hui l’une des plus élevées de l’Union européenne : seule l’Espagne (86,1 ans) devance la France. Pour les hommes, la France se situe un peu au-dessus de la moyenne de l’UE (78,3 ans).

Mais ces données cachent toutefois des réalités diversifiées, à comparer ainsi avec l'espérance de vie en bonne santé. Des chiffres, révélés en février 2019 par Eurostat, l'Office statistique de l’Union européenne, indiquaient à cet égard, que la France est plutôt mal placée sur ce critère.

Dans notre pays, l’espérance de vie en bonne santé est en effet seulement de 64,1 ans chez les femmes et 62,7 chez les hommes, alors que la moyenne en Europe est respectivement de 64,2 et 63,5 ans.

Un solde naturel qui atteint un nouveau point bas historique

Avec ce recul des naissances et ces décès en hausse, le solde naturel de la France - soit la différence entre ces deux variables - atteint, en 2019, un nouveau record.

Alors qu'au 1er janvier 2020 la France compte 67 millions d'habitants, le solde naturel, la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès donc, s'établit à + 141.000 (une hausse de 0,3 %).

Il n’a jamais été aussi bas depuis la fin de la seconde Guerre mondiale. En 2016, le solde naturel avait atteint son niveau le plus bas depuis 1946, et a continué de baisser depuis lors pour atteindre un nouveau point bas en 2019.

A noter que le solde migratoire (c'est-à-dire la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours de l'année) est estimé, lui, à + 46.000 personnes en 2019.

«L’augmentation de la population française est donc, comme par le passé, davantage tirée par le solde naturel que par le solde migratoire», résume l'Insee.

Des mariages qui repartent à la baisse

Alors qu'en 2018, 235.000 mariages avaient été célébrés en France, il y en a eu, en 2019, 227.000 (unions hétérosexuelles et homosexuelles).

Concernant les mariages de couples de sexe différent, 221.000 unions de ce type ont été enregistrées l'année dernière, contre 229.000 en 2018.

En 2019, l’âge moyen des mariés était de 36,1 ans pour les femmes et 38,6 ans pour les hommes.

Un âge, souligne l'Insee, qui est en constante augmentation depuis vingt ans et qui peut notamment s'expliquer par un allongement de la durée des études, suivi par la recherche d'un emploi stable, associé à une envie de faire carrière.

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De leur côté, le nombre de mariages entre personnes de même sexe, après un pic à plus de 10.000 en 2014 avec l'introduction du mariage pour tous en 2013, connaît lui aussi un phénomène de décrue et de stabilisation.

Ainsi, après être resté supérieur à 7.000 entre 2015 et 2017, le nombre d'unions entre personnes de même sexe était de 6.000 en 2018, soit le même qu'en 2019.

Etant donné que ce nouveau droit a entraîné un «effet de rattrapage» pour légaliser des unions qui auraient peut-être été contractualisées par un mariage plus tôt si cela avait été possible, l'âge des mariés (ou mariées) est, dans ce type d'union, plus élevé.

En 2013, il était de 49,8 ans pour les hommes et 43,0 ans pour les femmes. Mais contrairement aux mariages de couples de sexe différent, l’âge au mariage a ensuite diminué. En 2019, il est de 37,9 ans pour les femmes et 43,0 ans pour les hommes.

Fait notable : seul le Pacs (pacte civil de solidarité) connaît un succès qui ne se démord pas. En 2018 (derniers chiffres disponibles, ndlr) 209.000 pacs ont été conclus, soit 13.000 de plus qu'en 2017.

A l'exception de l'année 2011, le nombre de Pacs a augmenté chaque année de façon constante et cela depuis 2002.

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