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Coronavirus : pourquoi la situation sanitaire à Paris justifie les nouvelles restrictions

[© Ludovic MARIN / AFP]

Le directeur général de l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France, Aurélien Rousseau, a fait ce lundi 5 octobre un point très précis sur l'évolution très préoccupante de l'épidémie de coronavirus en région parisienne, et qui met à mal le système de santé.

Selon le responsable de la santé francilien, la situation sanitaire actuelle «justifie» le passage de la région parisienne en «zone alerte maximale» et donc les nouvelles restrictions annoncées. Après le sursis accordé par le ministre Olivier Véran jeudi 1er octobre, les données actualisées ce week-end confirment en effet le franchissement des trois seuils édictés par le gouvernement.

Concernant le taux d'incidence (c'est-à-dire le nombre de nouveaux cas pour 100.000 habitants), il est «supérieur à 260 depuis le 28 septembre», contre un seuil à 250 fixé par les autorités. Et dans la tranche d'âge où le virus circule le plus, chez les 20-30 ans, ce taux «est au-dessus de 500».

Deuxième critère, le taux d'incidence chez les plus de 65 ans : «il est supérieur à 110», a fait savoir le directeur général de l'ARS, contre une limite à 100 recommandée par le gouvernement.

Enfin, le critère «le plus important» selon Aurélien Rousseau, à savoir l'occupation des lits de réanimation, est aussi dans le rouge. «On a franchi 36 % d'occupation dimanche 4 octobre», alors que le seuil est fixé à 30 %.

Des difficultés à tracer certaines contaminations

A l'heure actuelle, 3.500 nouveaux cas sont détectés en moyenne chaque jour en Ile-de-France, avec un pic à 5.900 cas lundi 28 septembre. «C'est trois fois et demi plus qu'il y a un mois», a ainsi regretté Aurélien Rousseau.

Concernant la répartition des clusters, «203 sont en cours d'examen» dans la région. «Un peu moins de 40 %» se trouvent dans le milieu scolaire et universitaire, «26 %» dans milieu professionnel et «10 %» dans des rassemblements privés.

Les autorités sanitaires peinent d'ailleurs à remonter certains foyers «quand les personnes contaminées ne se connaissent pas», en particulier «dans les bars et les grands rassemblements». Des difficultés de tracing qui expliquent sans doute en partie la fermeture de ces établissements.

Et le directeur général de l'ARS est inquiet pour la suite. Si la dynamique de dissémination du virus n'est pas enrayée, «nous savons très bien ce qui va se passer dans les 15 prochains jours : 50 % des lits de réanimation seront occupés».

Plus globalement, il a aussi alerté sur «l'impact réel, et de plus en plus fort chaque jour» que subit l'ensemble du système de santé francilien. Environ 2.300 patients Covid sont hospitalisés actuellement dans la région, «un chiffre proche de celui de la fin mai, et qui est en constante augmentation».

Et s'il a assuré que les hôpitaux sont désormais dotés d'équipements et de médicaments «en nombre suffisant», leur talon d'Achille se situe au niveau des ressources humaines. Des soignants en sous-nombre et déjà trés éprouvés par la première vague.

Or, «pour récupérer des personnels afin d'armer des lits de réanimation, les établissements déprogramment des opérations» pour des patients hors-covid. Depuis la semaine dernière, «20 %» de ces actes chirurgicaux sont désormais annulés.

La petite couronne aussi concernée

Le directeur général de l'ARS a aussi expliqué pourquoi les départements voisins de Paris ont été englobés dans le dispositif d'alerte maximale : «nous avons appris depuis le début de l'épidémie que l'augmentation des chiffres parisiens est suivie rapidement, en quelques jours ou semaines seulement, par la même tendance en petite couronne».

La rapidité de la propagation du coronavirus entre la capitale et la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne s'explique selon lui par «la densité de la population, ainsi que par les échanges quotidiens pour le travail ou le loisir». D'autant que les autorités de santé ont une gestion des lits de réanimation «à l'échelle de toute la région, pour ne pas accélérer inégalités dans l'accès au soin» entre les départements d'Ile-de-France, a assuré Aurélien Rousseau.

Enfin, le responsable de la santé francilien a rappelé la responsabilité de chacun dans la situation : «nous connaissons les outils pour freiner la propagation du virus : la distanciation, la réduction des interactions sociales et le recours au télétravail. Le milieu professionnel est encore un fort lieu de contamination malgré le port généralisé du masque».

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