Changement de braquet dans le suivi de la montée de l'épidémie dans les écoles parisiennes. Alors qu'elle avait choisi de mener des opérations de dépistage dans une vingtaine d'établissements, la municipalité parisienne va désormais se concentrer sur les plus touchés.
Car la situation se dégrade dans les écoles parisiennes. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a en effet estimé à «environ 200» le nombre de classes fermées dans la capitale mercredi 24 mars au soir. Un chiffre qui pourrait encore augmenter, sachant que le taux d'incidence chez les 10-19 ans a atteint 768 à Paris.
A titre de comparaison, le taux d'incidence (nombre de cas sur 7 jours pour 100.000 habitants) est de 550 en moyenne dans tout le département, selon les dernières données de Covid Track au vendredi 26 mars, contre «seulement» 325 dans le reste de la France.
Pire, plus d'une centaine d'enseignants du premier degré seraient positifs au coronavirus sur les 7 derniers jours et presque tout autant étaient «cas contacts», selon le rectorat. Ce qui expliquerait la fermeture de ces 200 classes. Un chiffre difficile à rattraper, même en misant sur l'embauche de professeurs remplaçants.
«Priorité aux clusters»
Face à ce constat, Anne Souyris, l'adjointe à la mairie de Paris chargée de la santé publique, a annoncé que les tests salivaires seraient désormais réalisés «en priorité dans les écoles où les cas positifs se multiplient». L'élue estime en effet qu'il faut «que les tests soient prioritairement organisés là où apparaissent des clusters pour qu'ils deviennent un vrai outil de maîtrise de l'épidémie».
«Dès lundi [29 mars 2021, ndlr] et comme je le préconisais», s'est félicitée Anne Souyris, les équipes de dépistage préalablement déployées dans les quelques «écoles sentinelles» – pour réaliser des tests salivaires auprès du personnel enseignant et des enfants – seront désormais basculées «dans les écoles où plusieurs cas positifs sont déclarés», communique-t-on à la mairie de Paris.
Depuis le 8 mars, cette campagne de tests salivaires – menée en partenariat avec l'Agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France et l'Académie de Paris – avait débuté dans une vingtaine d'écoles parisiennes, plus ou moins choisies au hasard. Le but pour la maire de Paris Anne Hidalgo était ainsi «de repérer rapidement un cas de Covid parmi les élèves ou leurs professeurs» et «d'intervenir au plus vite et ce, dès que le virus circule dans une école».
Tenue du conseil de surveillance de l’@APHP sous le signe de la colère et de l’inquiétude devant la situation dramatique que traverse l’hôpital face à cette crise de + en + incontrôlée. Sans mesure urgente impossible d’inverser la pente alerte @RemiSalomon président de la #CMEpic.twitter.com/sTx526UZIg
— Anne Souyris (@annesouyris) March 26, 2021
En région parisienne, les discussions vont bon train pour savoir s'il vaut mieux fermer les écoles ou avancer les vacances scolaires, quand le gouvernement ne démord pas de sa politique «de tout faire pour garder les écoles ouvertes». La fermeture des écoles doit rester «un ultime recours» a rappelé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, tandis que pour le président (LR) de l'Association des maires de France François Baroin, la question d'une fermeture «pas taboue» doit «être posée».
![Les élèves du collège de la Grange-aux-Belles, à Paris.[© Thomas SAMSON / AFP] Les élèves du collège de la Grange-aux-Belles, à Paris.](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/college_605ca180e093a.jpg?itok=WbpXqvht)