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Réforme de la police judiciaire : policiers et magistrats ensemble dans la rue aujourd'hui

Les agents de la police judiciaire sont opposés au projet de réforme voulu par l’Intérieur. [Clement MAHOUDEAU / AFP]

Policiers et magistrats doivent se réunir ce lundi 17 octobre dans de nombreuses villes de France pour dénoncer la réforme de la police judiciaire, voulue par le ministère de l’Intérieur.

Le projet de réforme ne passe pas. Alors que Gérald Darmanin et le ministère de l’Intérieur souhaitent réorganiser le fonctionnement de la police judiciaire sur l’ensemble du pays, enquêteurs et magistrats s’allient pour dénoncer cette idée. Après une première mobilisation la semaine dernière à Paris, ils doivent à nouveau se rassembler ce lundi, dans plusieurs grandes villes de l’Hexagone.

Bordeaux, Marseille, Le Mans, Lyon, Toulouse, Versailles, Lille… Les rendez-vous seront nombreux, majoritairement devant les palais de justice.

Si cette réforme n’est pas présente dans le projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (Lopmi), actuellement en première lecture au Sénat, ses opposants voient dans le texte les prémices de cette restructuration de la PJ. Celle-ci doit faire en sorte que l’ensemble des services de police du pays soient désormais dirigés à l’échelle de leur département. La crainte étant que les missions de la PJ, réunies autour de la lutte contre la grande criminalité (gros réseaux de trafic de drogues, cellules terroristes, meurtres, viols, délinquance économique…) en soient impactées.

Des craintes sur les enquêtes et l'indépendance de la PJ

Les critiques à l’encontre de cette réforme pointent le risque d’une orientation des moyens vers la sécurité publique et le besoin de faire du chiffre, plutôt que sur un service dont les enquêtes prennent du temps et dépassent les limites d’un département. «C’est privilégier l’arrestation du petit trafiquant, aussitôt remplacé, plutôt que le démantèlement des réseaux, ou du vendeur à la sauvette plutôt que de ceux qui l’exploitent. C’est porter un coup fatal à la lutte contre la criminalité organisée ou contre la délinquance économique et financière déjà si mal en point», ont ainsi résumé des syndicats et organisations professionnels de magistrats, se faisant écho des propos formulés dans les rangs des policiers.

Les craintes se font également sur les pressions que pourraient subir le directeur départemental de la police nationale, qui dépendra du préfet, lui-même lié au gouvernement. Celles-ci pourraient le pousser à axer les efforts des services de police sur des sujets médiatiques (violences conjugales, rodéos urbains, points de deals), en délaissant les enquêtes de plus grande ampleur. Avec, en toile de fond, une perte d’indépendance de la PJ vis-à-vis du pouvoir politique.

La mobilisation a pris un tour nouveau, faisant grimper les tensions, lorsque Gérald Darmanin a décidé d’évincer il y a dix jours le directeur de la PJ des 21 départements de la zone sud du pays, Eric Arella. Une réaction à une «haie du déshonneur» effectuée par 200 enquêteurs lors de la visite à Marseille du directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux. Alors que le ministre a indiqué que des discussions auront lieu au sujet de la réforme, celles-ci s’annoncent glaciales.

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