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Élections législatives 2024 : qui pourrait être le Premier ministre proposé par le front populaire en cas de victoire ?

Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Fabien Roussel et Laurent Berger sont les principaux profils étudiés par le nouveau front populaire. [Dimitar DILKOFF/JULIEN DE ROSA/EMMANUEL DUNAND/ERIC FEFERBERG/AFP]

En cas de victoire du nouveau Front populaire aux élections législatives, l’alliance de gauche devra proposer un candidat pour le poste de Premier ministre, en cohabitation avec Emmanuel Macron. Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin, Fabien Roussel ou encore Laurent Berger sont les profils envisagés.

Alors que les principaux partis de gauche ont signé un accord ce jeudi 13 juin pour une coalition commune sous la bannière du «nouveau Front populaire», cette alliance pourrait conduire la gauche à obtenir une majorité lors des élections législatives qui se tiendront le 30 juin et le 7 juillet prochain. Le cas échéant, les signataires devront proposer un candidat pour devenir Premier ministre, en cohabitation avec Emmanuel Macron. Si plusieurs personnalités ont candidaté, c’est la France insoumise qui sera chargée de soumettre une proposition officielle, qui devra être validée par l’ensemble de la coalition. 

Jean-Luc Mélenchon 

C’est probablement la candidature la plus évidente, mais aussi la plus clivante. Le fondateur de la France insoumise a assuré ce mercredi sur France 2 qu'il se «sent capable» de diriger le gouvernement en cas de victoire de la gauche, mais qu'il faudra «attendre» pour trancher entre les partis alliés. «Je ne m’élimine pas, mais je ne m’impose pas», a-t-il déclaré. Fort de son statut de leader insoumis, groupe le plus important de la coalition, mais surtout de son score de 22% au premier tour de la présidentielle 2022, Jean-Luc Mélenchon voit sa candidature s’imposer comme étant l’une des plus légitimes. 

Néanmoins, sa personnalité clivante et sa campagne brutale lors des élections européennes ont créé des divisions, à gauche, et sa capacité à rassembler les électeurs ne semble plus aussi importante qu’en 2022. Tour à tour, Raphaël Glucksmann et Fabien Roussel ont notamment émis des réserves quant à la candidature du triple candidat à la présidentielle pour devenir chef du gouvernement en cas de victoire de la gauche. Le nouveau Front populaire pourrait donc faire le choix d'un profil plus fédérateur pour diriger la cohabitation avec Emmanuel Macron.

François Ruffin 

Après Jean-Luc Mélenchon, le député insoumis de la Somme et candidat à sa réélection, François Ruffin, a également proposé ses services, ce jeudi, pour être Premier ministre en cas de victoire de la gauche. «Je m’en sens capable. Si jamais il y a un consensus qui devait aboutir à un nom, je suis prêt à prendre la place qu’on voudra pour transformer la vie des gens», a-t-il déclaré auprès de France Bleu Picardie. Il a notamment rappelé que c’est lui qui a lancé, dès dimanche soir, après l’annonce de la dissolution, le nom de «Front populaire» pour une éventuelle alliance à gauche. 

Fort d’un ancrage populaire solide acquis grâce à sa victoire électorale dans la Somme en 2017 et son engagement pour le mouvement des Gilets jaunes l’année suivante, le député insoumis bénéficie surtout d’un véritable soutien de la classe ouvrière, un secteur perdu par la gauche au profit du Rassemblement national ces dernières années. François Ruffin avait notamment gagné du crédit au sein du monde ouvrier après ses combats et coups médiatiques en faveur des salariés des usines Goodyear et Whirlpool, dont les fermetures avaient marqué la campagne présidentielle de 2017. 

S’il souhaite aujourd’hui «prendre le capitanat» du nouveau front populaire, certains lui reprochent toutefois un manque d’expérience politique pour devenir Premier ministre en cohabitation avec Emmanuel Macron. 

Fabien Roussel 

Si une «lutte de pouvoir» devait s’organiser, à gauche, en cas de victoire aux élections législatives, celle-ci ne se ferait pas sans le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, qui a confirmé ce jeudi faire partie «des profils» étudiés pour le poste de Premier ministre. «Il faudra un premier ministre populaire, rassembleur, bienveillant, qui parle à tout le monde», a-t-il déclaré sur RTL. Quant à savoir qui, le chef de file des communistes a affirmé ne vouloir «exclure personne» parmi les figures de gauche, «pas même Jean-Luc Mélenchon», auquel Fabien Roussel s’est beaucoup opposé ces derniers mois.

Dans l’immédiat, «ce qui compte aujourd’hui, c’est d’abord de présenter aux Français notre programme, et d’avoir une majorité avec le plus de députés possible», a-t-il ajouté. L’extrême droite présente un programme «très dur pour les Français», a-t-il fait valoir. «Nous, nous avons un programme qui défend le monde du travail, le monde ouvrier, un programme pour la transition écologique», a-t-il poursuivi. «En ce moment même, nous sommes encore en train de discuter entre nous pour trouver les mots justes qui vont nous rassembler et il y a encore des arbitrages à faire», a fait savoir Fabien Roussel.

Laurent Berger 

C’est le seul à ne pas appartenir à une famille politique de gauche, ni à avoir candidaté pour le poste. Et pourtant, le nom de l’ancien secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a été cité, lundi soir, par Raphaël Glucksmann, pour entrer à Matignon en cas de victoire aux élections législatives. «Je pense qu’il y a une figure de la société civile qui est capable d’apaiser, qui est l’antithèse du président actuel, qui ne jouera pas avec les institutions, qui réconciliera les Français, qui portera un projet de justice sociale et d’écologie. Oui, je pense à Laurent Berger», a estimé le député européen sur France 2.

L’ancien patron de la CFDT, qu’il a dirigée pendant onze ans, farouche opposant à la réforme très contestée des retraites adoptée par Emmanuel Macron en 2023, n’a pas directement réagi à la proposition de Raphaël Glucksmann. Âgé de 55 ans, il a toutefois déclaré à plusieurs reprises qu’il n’avait aucune ambition politique. En juin 2023, il avait quitté la tête du syndicat pour entrer un peu plus tard au Crédit Mutuel pour travailler dans le domaine de la responsabilité climatique et environnementale.

Représentant des travailleurs, rompu aux combats politiques, et fidèle aux valeurs incarnées par la coalition de gauche, le choix de Laurent Berger présente de nombreux avantages et pourrait faire l’unanimité, à gauche. Il permettrait également d’empêcher la nouvelle alliance de se livrer à un combat fratricide entre ses leaders, qui pourrait desservir l’idéologie qu’ils prétendent vouloir faire triompher. 

À noter que d'autres candidatures pourraient émerger dans le court temps imparti avant le résultat des élections législatives. Une candidature féminine a notamment été plébiscitée par plusieurs députées, à l'image de Valérie Rabault, qui estime qu'un tel choix présenterait «beaucoup d'atouts». 

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