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Chute du gouvernement : après le départ de François Bayrou, le budget 2026 a-t-il du plomb dans l'aile ?

La chute du gouvernement de François Bayrou fait peser des craintes sur l'adoption du budget 2026. [Benoit Tessier/REUTERS]

Au lendemain de la chute de François Bayrou de nombreuses incertitudes planent au-dessus de l'avenir politique, mais également économique du pays. En creux : l'épineuse question du budget 2026 dont les délais approchent à grands pas.

Une épée de Damoclès au-dessus des finances publiques et des investisseurs aux aguets. Après la chute du gouvernement de François Bayrou, qui n'a pas réussi à obtenir la confiance des députés, lundi 8 septembre, ce dernier devait déposer sa démission ce mardi matin. 

Un séisme politique, bien que largement anticipé, qui ouvre une nouvelle période d'instabilité gouvernementale, entraînant avec elle de nombreuses incertitudes, notamment quant à l’adoption du budget 2026.

En effet, ce dossier était déjà l’élément clé de la chute du gouvernement Bayrou. Avec un objectif de 44 milliards d’euros d’économies, celui qui est aussi maire de Pau (Pyrénées-Atlantiques) n’avait pas convaincu avec plusieurs propositions chocs, telles que la suppression de deux jours fériés, la réforme de l’assurance chômage ou encore la mise en place d’une année blanche. 

Un mouvement national, baptisé «Bloquons tout» et découlant de ses différentes prises de parole, devrait avoir lieu ce mercredi 10 septembre. Et la question budgétaire avait déjà fait chuter son prédécesseur, après la motion de censure liée à un 49.3, tenté par Michel Barnier en décembre dernier.

Un calendrier chamboulé ?

Avec ce retournement de situation, de nombreuses questions vont donc se poser, notamment sur le calendrier du budget 2026. En effet, dès le 7 octobre prochain, le texte devra être présenté devant le Conseil des ministres avant un examen parlementaire de 70 jours maximum, menant à la mi-décembre. Le projet de loi de finances devra ensuite être voté avant le 31 décembre pour être appliqué dès le 1er janvier 2026.

Cependant, après la journée parlementaire de ce lundi, d'autres options pourraient mettre à mal ce délai. Emmanuel Macron a en effet toujours la possibilité de dissoudre l’Assemblée nationale, ce qui reporterait le calendrier budgétaire puisque des élections législatives devraient alors être organisées. 

Le président de la République a toutefois annoncé qu’il se pencherait sur la question du gouvernement «dans les tout prochains jours», comme l'a détaillé dès lundi soir l’Élysée dans un communiqué. L’objectif serait d’avoir un nouveau gouvernement avant son départ pour New York, les 22-23 septembre prochains, à l’occasion de la reconnaissance par la France de l’État de Palestine à l’ONU.

Des conséquences directes redoutées

Pour le vice-président des Régions de France, François Bonneau, la situation est plus que préoccupante. Cette instabilité politique représenterait sur le plan local un risque pour le financement des régions et notamment des lycées. Il estime : «Ce ne sont pas les régions ni les collectivités qui sont surendettées, ce sont des erreurs de gestion de l'État». 

Le président de la région Centre-Val de Loire s’inquiète des conséquences directes sur les établissements scolaires, qu’il s’agisse de l’aménagement des formations, de la rénovation énergétique des bâtiments ou encore de la végétalisation des cours. Mais surtout, il alerte sur la sécurisation des lycées, qui pourrait être pénalisée.

Pour Gabriel Attal, un profil de négociateur serait idéal pour prendre la tête du gouvernement afin d’aboutir à «un accord d’intérêt général» jusqu’a la prochaine présidentielle en 2027. À défaut, il faudrait sans doute faire face à une nouvelle dissolution de l’Assemblée, comme le réclame le Rassemblement national, ou à une démission, souhaitée par La France insoumise.

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