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Casse-tête du choix du nouveau Premier ministre, mouvement du 10 septembre, note de la dette… Après la chute de François Bayrou, la mauvaise semaine d’Emmanuel Macron se poursuit

Emmanuel Macron se retrouve ce mardi en première ligne après la chute de François Bayrou et de son gouvernement. [©Abdul SABOOR/REUTERS]

Après la chute de François Bayrou, Emmanuel Macron se retrouve en première ligne, secoué par les appels à la démission et à la dissolution. Une semaine difficile pour le chef de l’État qui va se prolonger avec le mouvement «Bloquons tout» et la probable dégradation de la note de la dette française.

Le ciel gronde sur la tête d’Emmanuel Macron. C’était attendu, c’est désormais chose faite : le Premier ministre, François Bayrou, a perdu son pari en échouant à obtenir, ce lundi, le vote de confiance des députés pour valider sa politique axée notamment sur «la crise de la dette». Sa démission est attendue ce mardi midi à l’Élysée

Le président de la République doit maintenant agir vite : nommer son remplaçant, mais aussi se préparer pour le mouvement de contestation du 10 septembre «Bloquons tout», le tout dans un climat de défiance avec des appels à la dissolution ou à sa démission

Des turbulences sur les marchés financiers pourraient venir conclure cette semaine de tous les dangers pour Emmanuel Macron, avec la probable dégradation de la note de la dette française par l'agence Fitch ce vendredi.

Cinquième Premier ministre depuis 2022

Emmanuel Macron se retrouve ce mardi en première ligne pour tenter de résoudre, «dans les tout prochains jours», le casse-tête qu'il est incapable de dénouer depuis plus d'un an : trouver un Premier ministre susceptible de survivre dans un paysage parlementaire sans majorité et plus fracturé que jamais, avec un budget à adopter avant le 31 décembre. 

Se pose alors la question du qui. Si le président a exhorté ses chefs à «travailler avec les socialistes» pour «élargir» son assise, il ne devrait pas aller jusqu'à nommer le patron du PS Olivier Faure, malgré ses offres de services pour la formation d'un «gouvernement de gauche» qui irait chercher des «compromis». Sur TF1 lundi soir, Olivier Faure a indiqué ne pas avoir été contacté par le président.

Selon toute vraisemblance, Emmanuel Macron préfèrera donc donner les clés de Matignon à une personnalité «de confiance», issue de son camp. Le nom de Sébastien Lecornu alimentait jeudi soir les spéculations, avec la prudence de réserve. Surtout pour le ministre des Armées, qui a déjà expérimenté un revirement élyséen. Il ferait néanmoins toujours office de favori ce mardi. 

Le nom de la ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin, ou encore ceux de Gérald Darmanin et même de Jean-Yves Le Drian, ont également été évoqués en suivant la même logique. A moins que le président n'écoute ceux qui lui recommandent la cohabitation, auquel cas le président Les Républicains des Hauts-de-France Xavier Bertrand pourrait tenir la corde.

Quelle que soit cette nomination, il s'agira du cinquième Premier ministre depuis le début du quinquennat de 2022, du jamais-vu dans une Ve République longtemps réputée pour sa stabilité politique mais entrée dans une crise sans précédent depuis la dissolution de juin 2024. En attendant, François Bayrou et son gouvernement démissionnaire seront chargés d'expédier les affaires courantes. 

Mouvement du 10 septembre

Le choix du nouveau Premier ministre pourrait néanmoins se faire plus rapidement qu'à l'accoutumée, peut-être même dès ce mardi, pour permettre à Emmanuel Macron de ne pas se trouver seul à la tête de l'Etat mercredi face à un autre élément de la tempête qui se profile : le mouvement «Bloquons tout», né sur les réseaux sociaux et soutenu par la gauche, qui précédera la mobilisation syndicale du 18 septembre

En effet, près de 100 actions seront observées en Ile-de-France et plus de 600 en régions pour cette journée de mobilisation du 10 septembre, selon un bilan provisoire qui s'appuie sur une carte collaborative. L’objectif est clair : «Bloquer tout», des portes du périphérique parisien aux rocades en province en passant par les grandes gares, universités ou entreprises de France. Et la cible est commune : Emmanuel Macron. 

Près de 30 universités françaises organisent ce mardi leurs assemblées générales pour décider de leurs actions mercredi. «L’Union étudiante appelle les étudiant-es à se joindre à la mobilisation pour battre Emmanuel Macron dans la rue», a déclaré son porte-parole, Félix Stive. Les autres nombreuses initiatives d'une mobilisation citoyenne, dont l'ampleur reste indéterminée, vont encore s'affiner ce mardi.

Note de la dette

La semaine d’Emmanuel Macron pourrait enfin se terminer sur une nouvelle note négative. Celle de l’agence Fitch, qui doit évaluer, vendredi 12 septembre, le niveau de la dette française et ses perspectives de remboursement. Si elle se trouvait dégradée, cela engendrerait d’importantes turbulences sur les marchés financiers. 

La crainte d'un retour de l'instabilité politique en France avait ainsi poussé le taux d'intérêt de l'emprunt à échéance 10 ans au-delà des 3,6% mardi, au plus haut depuis mars 2025 et non loin d'un sommet depuis 2011. Jeudi, il évoluait autour des 4,5%.

Emmanuel Macron en sursis ?

À moins de deux ans de la fin de son mandat, Emmanuel Macron se trouve donc acculé de toute part. La pression des oppositions s’est accentuée avec notamment la France insoumise qui pousse pour une démission tandis le Rassemblement national espère une nouvelle dissolution. La cheffe de file des députés insoumis, Mathilde Panot, a ainsi annoncé le dépôt d'une nouvelle motion de destitution du chef de l'Etat.

Le RN, lui, est désormais tenté de ne plus laisser sa chance à un nouveau Premier ministre issu de la macronie. Son groupe, qui compte 123 députés, réfléchit à censurer d'emblée le successeur de François Bayrou, afin de forcer le président à convoquer des législatives anticipées. La dissolution n'est pas pour Emmanuel Macron «une option, mais une obligation», a même clamé Marine Le Pen à la tribune de l'Assemblée. 

De quoi promettre un avenir agité pour le président de la République, qui a pour l’heure écarté toute possibilité de démission. Reste que dans cette instabilité, la France a jusqu'au 31 décembre pour adopter le projet de loi de finances pour 2026, sans quoi, la loi spéciale fera son retour. Comme l'année dernière.

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