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«Jusqu’à 150 patients par jour» : la Sécurité sociale réclame le remboursement d’un million d'euros à un kinésithérapeute

Kinésithérapeute dans les Yvelines, Frédéric Juge voit jusqu’à 150 patients par jour. Un chiffre qui a fait bondir la Sécu, qui lui demande un «trop-perçu» d’un million d’euros pour avoir «trop travaillé». [@Philippe HUGUEN / AFP]

Kinésithérapeute dans les Yvelines, Frédéric Juge voit jusqu’à 150 patients par jour. Un chiffre qui a fait bondir la Sécu, qui lui demande un «trop-perçu» d’un million d’euros pour avoir «trop travaillé».  

Endetté parce qu’il travaille trop. C’est la folle histoire de Frédéric Juge, un kinésithérapeute à qui la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) réclame un trop-perçu d’un million d’euros… pour avoir trop travaillé. L’Assurance maladie lui demande désormais de ralentir son rythme. 

Installé à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, depuis 1990, le praticien reçoit sept à huit patients simultanément toutes les 30 minutes. Selon la CPAM, il traiterait ainsi jusqu’à 150 patients par jour dans son cabinet. «Dès lors, notre organisme a considéré que vos facturations au-delà de 30 patients par jour étaient une anomalie», a ainsi écrit la CPAM. 

En effet, la réglementation impose qu’un kinésithérapeute consacre au minimum 30 minutes individuelles par patient, afin d’assurer «la qualité, la sécurité et l’efficacité des soins». Autrement dit, même en travaillant 12 heures par jour, Frédéric Juge n’aurait pas pu accueillir plus de 24 patients quotidiens. 

Il conteste la demande de la CPAM 

Frédéric Juge conteste fermement le fonctionnement et la demande de la CPAM. Il explique que, grâce à l’équipement de son cabinet, chaque patient peut être autonome en début de séance. Il souligne par ailleurs que la kinésithérapie ne se limite pas à de simples massages et met en avant l’utilisation de l’électrothérapie. 

Cette technique, qui consiste à administrer de petites impulsions électriques souvent utilisées en rééducation, nécessite des temps où le patient est actif mais où le kinésithérapeute n’a pas d’intervention directe. En théorie, cela permettrait au kiné de s’occuper simultanément d’un autre patient. Une explication qui passe mal auprès de ses confrères.  

«Les machines ne remplacent ni la main, ni l’œil, ni la présence ou encore le raisonnement clinique du professionnel. La kinésithérapie moderne repose sur une approche globale du patient, intégrant les dimensions physiques, psychologiques et sociales», dénonce ainsi la communauté professionnelle territoriale de santé 78 Porte de Normandie, auprès de Ouest France. 

Fautes d’accord à l’amiable entre les deux parties, l’affaire se poursuivra au tribunal. En attendant, Frédéric Juge a réduit son rythme.  

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