Alors que le premier tour des élections municipales 2026 se déroulait ce dimanche 15 mars, certains résultats surprenants ont eu lieu. De quoi faire des déçus. Voici les principaux.
Pour certains, dimanche soir était un jour de fête. Pour d'autres, la soirée a été plus compliquée. À Lyon, Nice ou encore Saint-Denis, les résultats ont laissé présager une certaine déception.
à lyon, Jean-Michel Aulas surpris par la gauche
Il s'agit de l'une des plus grosses surprises. Annoncé comme le grand favori pour la mairie de Lyon, Jean-Michel Aulas (union de la droite et du centre), était même estimé à 43%, soit à +8% de son principal adversaire : le maire sortant Grégory Doucet.
Mais ce dimanche soir, pour l'ancien président de l'OL, la surprise est à la hauteur de la déception. C'est finalement Grégory Doucet (gauche unie hors-LFI) qui arrive en tête avec 37,36% des voix au premier tour, devant les 36,78% de Jean-Michel Aulas.
Autre déconvenue pour l'ancien dirigeant, si à quelques jours du premier tour, la liste conduite par Anaïs Belouassa-Cherifi, soutenue par La France Insoumise, ne devait accéder au second tour, elle y est finalement parvenue (10,41%). Dans la foulée, elle a annoncé sur BFM Lyon être «prête à aller discuter et prête bien sûr à garder (la) ville à gauche». En réponse, Jean-Michel Aulas avait déploré avec amertume «l’accord de la honte qui est en train de se mettre en place» chez ses adversaires.
Le duel eric Ciotti-christian Estrosi en défaveur du maire sortant
«Les Niçois veulent l'alternance». C'est ainsi qu'Éric Ciotti, sorti grand victorieux de ce premier tour des élections municipales à Nice, a réagi. Le candidat UDR-RN a obtenu 43,43% des voix exprimées. De quoi nettement devancé le maire sortant Christian Estrosi (30,92%).
En réaction à cette bataille perdue, Christian Estrosi a simplement souhaité mettre en avant le travail fait en Côte d'Azur «pendant 18 ans».
Le RN, quelques ratés dans le Pas-de-Calais
À commencer par une défaite amère pour Bruno Clavet, candidat du Rassemblement national, à Lens. Le bras-de-fer était attendu. Mais c'est bien le maire sortant Sylvain Robert (gauche unie sans LFI) qui s'en sort haut la main dès le premier tour, avec 50,72%.
Alors que le maire sortant, Laurent Duporge, ne s'est pas présenté à Liévin, le RN avait bon espoir. C'est finalement l'un de ses fidèles adjoints, Jérôme Darras (gauche unie hors LFI) qui a rassemblé plus de 43% des voix, contre 38,48% pour le candidat RN Dany Paiva.
Autres déceptions à Béthune où Olivier Gacquerre (UDI) a été réélu dès le premier tour face au candidat RN Alexandre Maeseele, ou encore à Arras, où Frédéric Leturque (Centre) a assez nettement devancé le Rassemblement national représenté par Alban Heusèle avec plus de 60% des voix exprimées.
la gauche plus que jamais menacée À Nantes
Bastion socialiste depuis près de quatre décennies, Nantes va peut-être connaître un tournant majeur. Issue de l'union de la gauche hors LFI, Johanna Rolland, maire sortante, a été créditée de 35,24% des voix. Mais elle est suivie de très près par Foulques Chombart de Lauwe, qui incarne l'espoir à droite avec une alliance de la droite et du centre (33,77%).
Troisième et dernier qualifié pour le second tour avec 11,20%, William Aucant (LFI) a d'ores et déjà proposé de «faire barrage» à la droite, en proposant une «fusion technique» à Johanna Rolland. Sans dévoiler directement ses intentions, la maire depuis 2014 a tenu à souligner que «le maintien d'une triangulaire au second tour ouvre un risque impardonnable : celui de voir la droite l'emporter malgré une gauche majoritaire dans la ville».
À Paris, la droite entre déception et léger espoir
Certainement les résultats les plus attendus. Et c'est Emmanuel Grégoire (37,98%) qui a marqué les esprits, devançant pleinement sa dauphine Rachida Dati (25,46%). Parmi les autres qualifiés figurent la candidate LFI Sophia Chikirou, Pierre-Yves Bournazel (11,34%)... et aussi sur le fil Sarah Knafo (10,40%).
Un premier tour, certes, décevant pour la droite, mais l'espoir est permis. Ce lundi matin, la candidate Reconquête! a tendu sa main à Rachida Dati, l'appelant à un «rassemblement» pour faire barrage à la gauche.
Martine Vassal qualifiée sur le fil À Marseille
Elle nourrissait de grands espoirs. Et de meilleurs résultats. Alors que le sortant Benoît Payan (gauche unie hors LFI) et Franck Allisio (RN-UDR-Reconquête) se sont facilement qualifiés pour le second tour avec plus de 35% des voix pour chacun, Martine Vassal, ancrée dans la cité phocéenne en tant que présidente de la Métropole, est difficilement parvenue à se qualifier (12,41%). À Marseille, une quadrangulaire se profile, sauf alliance de dernière minute, avec les presque 12% de Sébastien Delogu (LFI).
À Limoges, plusieurs déçus, le maire sortant se retire
Contrairement à Martine Vassal, à Limoges, le président de la Métropole, Guillaume Guérin (LR) est arrivé en tête du premier tour des municipales, juste devant le candidat insoumis Damien Maudet.
Et si Thierry Miguel (union de la gauche, hors LFI) et Albin Freychet (RN) se sont également qualifiés, un cinquième candidat est parvenu à se hisser au second tour, et pas n'importe lequel : Émile Roger Lombertie. Avec 10,05%, le maire sortant devait être de la partie dimanche prochain, mais en dépit de sa 5e place, il a annoncé «se retirer» au micro de la radio Ici Poitou, ajoutant espérer «que le prochain maire de Limoges ne soit pas un LFiste».
Pour le second tour, Thierry Miguel, qui a fait part de sa «grosse déception», a déclaré être «ouvert à la discussion avec Damien Maudet». L'un des seuls heureux dimanche soir.
Le PS balayé à Saint-Denis
Détenue par le Parti Socialiste depuis 2020, la deuxième ville d'Île-de-France change de propriétaire. Et ce dès le premier tour. Avec 50,77% des voix, Bally Bagayoko, candidate soutenue par LFI, prend le trône au nez et à la barbe du maire socialiste sortant, Mathieu Hanotin (32,70%).
À Grenoble, la gauche surprise par LR
Elle était favorite. Représentante de la gauche unie, Laurence Ruffin, a vu Alain Carignon, candidat LR, lui passer devant d'une courte tête, avec 27,04% contre 26,33%.
Mais avec la qualification d'Allan Brunon (LFI) au second tour, une union avec Laurence Ruffin est possible d'autant plus que cette dernière avait d'ores et déjà déclaré ne fermer aucune porte, souhaitant «faire en sorte que Grenoble reste une ville de gauche et une ville écologiste».