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Débarquement de Normandie : tout savoir sur le commando Kieffer

Les hommes du commando Kieffer ont été formés au camp militaire écossais d'Achnacarry. [Imperial War Museum / AFP]

Le 6 juin 1944, les 177 membres du 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos ont été les seuls Français à participer au Débarquement. Retour sur le destin hors du commun des membres du célèbre Commando Kieffer.

Ils n'étaient que 177, mais leur rôle dans l’histoire est immense. Ce samedi 6 juin, la France célèbrera les 82 ans du Débarquement qui a mené à la Libération du pays après quatre ans d’occupation nazie. À cette occasion, CNEWS a voulu mettre à l’honneur les Français, membres du Commando Kieffer. 

Une unité française au sein de l'armée britannique

Le 22 juin 1940, la France a capitulé. Néanmoins, tous les Français ne se sont pas résignés et beaucoup ont pris la direction de l'Angleterre pour rejoindre les Forces françaises libres (FFL) de Charles de Gaulle. 

Parmi eux, Philippe Kieffer qui a réussi, à force de persuasion, à obtenir des commandants de la FFL et des forces britanniques, l'autorisation de créer une unité de commandos français. Dès 1941, il a commencé le recrutement de volontaires. Sous son impulsion, des volontaires français suivent un entraînement particulièrement éprouvant en Écosse et en Angleterre, inspiré des méthodes des commandos britanniques.

L'entraînement pour devenir de véritables commandos a été intense pour les hommes du 1er BFMC. Ils ont rejoint les rangs des armées britanniques et ont suivi le même entraînement que leurs commandos au sein du camp militaire écossais d'Achnacarry. Ils sont alors devenus de véritables bérets verts. 

Aux premières loges du Débarquement

Quand est venue l'heure du Débarquement du 6 juin 1944. Philippe Kieffer et 176 de ses hommes sont incorporés au sein des armées britanniques. Le bataillon a atteint les côtes normandes en uniforme britannique mais l'écusson France est bien visible. 

Tout au long de l'avancée des Alliés, les hommes de Kieffer ont été un soutien essentiel des armées d'outre-Manche. Parmi leurs actions les plus importantes, la prise d'assaut du casino d'Ouistreham transformé en bunker par les Allemands. Leurs compétences ont été mises à profit pour détruire les fortifications nazies et couper les lignes de communication allemandes. 

Plusieurs commandos sont tués ou blessés avant même d’avoir atteint leurs objectifs. Philippe Kieffer lui-même est blessé au cours des combats mais refuse d’abandonner le commandement de ses hommes. Au total, 27 d'entre eux ont été tués au cours de la Campagne de Normandie et seuls 24 n'ont pas été blessés au cours des combats.

L'héritage du Commando Kieffer

Si aujourd'hui les hommes du commando Kieffer font partie de ceux qui ont marqué l'Histoire de France, à la Libération, ils sont tombés dans l'oubli. En uniforme britannique et parlant français, nombreux sont ceux qui les ont pris pour des Canadiens. 

Ce n'est qu'en 1984, que la France, sous l'impulsion de François Mitterrand, a rendu hommage pour la première fois aux 177 hommes du commando Kieffer. En 2004, à l'occasion du 60e anniversaire du Débarquement, les membres encore en vie ont reçu la Légion d'honneur. 

Certains héritiers des commandos français militent aujourd'hui pour que cette distinction soit accordée à l'ensemble des membres du 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos ayant participé au D-Day.

Un monument, qui honore leur bravoure, a été dressé à Ouistreham et un musée fait perdurer leur histoire. Deux des sept commandos de la Marine nationale portent aujourd'hui le nom d'officiers du 1 BFMC tombés au combat, Augustin Hubert et Charles Trepel. 

Le 8 mai 2008, Nicolas Sarkozy, alors président de la République, avait annoncé la création d'un nouveau commando Kieffer pour rendre hommage à son créateur Philippe Kieffer. 

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