Le conspirationniste Alex Jones censuré par YouTube, Apple, Facebook et Spotify

Le médiatique conspirationniste est sanctionné par les géants du web pour son discours haineux[Capture YouTube / © NBC News]

Les géants d'Internet ont lancé lundi une offensive contre le conspirationniste américain Alex Jones. A quelques heures d'intervalle, Facebook, Apple, YouTube et Spotify ont tour à tour exclu de leur plateforme les podcasts, pages et chaînes de cette personnalité médiatique affiliée à l'extrême-droite américaine.

Dimanche, Apple a commencé a retirer de son «store» ses podcasts de cette figure médiatique devenue populaire à la faveur de propos et théories conspirationnistes. C'est ensuite Facebook qui, quelques heures plus tard, clôt ses pages. Puis Spotify décide de supprimer tous les enregistrements de son émission. Et enfin YouTube ferme définitivement sa chaîne, qui comptabilisait près de 2, 5 millions d'abonnés.

Un discours haineux dans le viseur

Les sanctions prises par les quatre grands groupes à l'égard de ces contenus interviennent après des mois de tergiversations, oscillant entre défense de la liberté d'expression et lutte contre les discours haineux. Il y a quelques jours, Facebook avait déjà retiré quatre vidéos d'Alex Jones qui violaient le règlement du réseau social sur le discours haineux et le harcèlement.

Si ses théories du complot ne sont pas directement visées par les sanctions, c'est bien le langage utilisé par le médiatique Texan qui est en cause. Le service de musique en ligne, Spotify a d'ailleurs justifié sa décision en dénonçant un contenu qui «encourage et incite expressément et principalement à la haine ou à la violence contre un groupe ou un individu basé sur ses caractéristiques». 

Dans des propos rapporté par BuzzFeed News, Apple a également affirmé ne pas pouvoir « tolérer les discours de haine» pour assurer «un environnement sûr à tous [ses] utilisateurs», tandis que Facebook déclare avoir des contenus destinés «glorifier la violence» et qui emploient «un langage déshumanisant pour décrire les personnes transgenres, musulmanes et immigrées, ce qui enfreint notre politique envers le discours haineux». 

A l'inverse de tous ses homologues, Twitter a indiqué lundi à la chaîne CNBC qu'il ne suspendrait pas, en l'état, les comptes d'Alex Jones et d'InfoWars, car ils ne violaient pas son règlement

Un complotiste soutenu par les ultra-conservateurs

Fondateur du site InfoWars, Alex Jones a bati son business la viralité des réseaux sociaux et les revenus publicitaires tirées de ses vidéos, relais des théories conspirationnistes les plus stupéfiantes.

Selon ses dires, les attentats du 11 septembre seraient en réalité un «inside job» planifié par le gouvernement des Etats-Unis. Le même gouvernement aurait planifié la fusillade d'Orlando afin d’adopter des lois plus restrictives sur les armes à feu. Les eaux du pays seraient en fait empoisonnées avec des produits chimiques qui rendraient les grenouilles gays, tandis que la prestation de Lady Gaga au Superbowl ne serait finalement qu'une ôde à Satan.

Mais c'est une autre théorie du complot qui l'a fait connaître Le Texan de 44 ans avait notamment affirmé que la fusillade de Sandy Hook en 2012, une tuerie qui avait fait 26 morts, dont 20 enfants, dans une école élémentaire du Connecticut, était un simple canular, une mise en scène destinée tromper le public américain.  

Celui qui avait reçu le soutien public de Donald Trump a depuis été assigné en justice par les familles de victimes, l'accusant de propager ces théories du complot mensongères pour accroître son audience sur le web et générer plus de revenus.

Considérée comme l'une des plus importantes «purges» de contenus populaires sur Internet, les sanctions sont vivement dénoncées par ses soutiens, notamment l'extrême droit américaine, qui y voit un complot et un affront à la liberté d'expression.

Plusieurs sites ultra-conservateurs, comme Gateway Pundit ou Breitbart News, ont d'ores et déjà affiché publiquement leur soutien, accusant la «Big Tech», comme Alex Jones aiment à nommer les grandes compagnies comme Apple ou YouTube, de mener une action coordonnée à visée politique. 

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