Elections européennes : les candidats les plus surprenants

L'ancienne légende du tennis Ilie Nastase se présente en Roumanie sous la bannière d'un parti de centre gauche. L'ancienne légende du tennis Ilie Nastase se présente en Roumanie sous la bannière d'un parti de centre gauche. [Capture d'écran YouTube / PRO TV]

Tous les cinq ans, les élections européennes nous offrent des candidats pour le moins inattendus. En 2014, on avait eu droit à un prêtre finlandais ou une ancienne star du football grec. Cette année se présentent d'anciens candidats de téléréalité en France, un descendant de Mussolini ou encore un ex-numéro un mondial roumain en tennis.

Cindy Lopes

Lors de sa participation à l'émission de téléréalité Secret Story sur TF1 en 2009, elle avait pour secret : «Je suis bisexuelle.» Mais Cindy Lopes avait caché aux téléspectateurs une autre facette de sa personnalité : sa passion pour la politique. Celle qui est maintenant mère de deux enfants se présentera aux européennes en France, sous les couleurs d'une liste de gilets jaunes, baptisée Alliance jaune et conduite par le chanteur Francis Lalanne.

«J’ai été gilet jaune quand j’étais en Bourgogne et j’ai manifesté avec quelques manifestants en jaune. Je suis très concernée par ce sujet parce que maintenant j’ai deux enfants et que je ne roule pas sur l’or», a-t-elle expliqué dans une interview sur le site du spécialiste médias et people Stéphane Larue.

Ce n'est pas la première fois que Cindy Lopes, 36 ans, s'engage en politique. Elle s’était présentée aux élections municipales à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), en 2014, dans une liste divers-droite, qui n’avait obtenu que 4 % des voix.

Kevin Miranda

C'est décidément l'année des anciennes gloires de la téléréalité. Ex-candidat de l'émission Les Anges de la téléréalité sur NRJ12, Kevin Miranda se présente aux européennes en France sur la liste de l'Union populaire républicaine (UPR) de François Asselineau, qui prône le «Frexit» (la sortie de la France de l'UE).

Adolescent, cet aspirant comédien a joué de petits rôles dans des séries de TF1 à succès, comme Navarro ou Une femme d'honneur. Le natif de Seine-Saint-Denis a ensuite choisi la téléréalité pour relancer sa carrière, en participant en 2010 à l'émission Dilemme sur W9 en 2010, puis Les Anges de la téléréalité un an plus tard.

On a pu le voir récemment dans la pièce de théâtre Bonjour ivresse ! à Paris, ou encore sur le média jeune Radio VL, où il était chroniqueur. N'ayant jamais caché sa proximité avec le parti de François Asselineau, le jeune homme de 32 ans travaille aujourd'hui sur UPR TV, la chaîne en ligne de la formation souverainiste.

Caio Giulio Cesare Mussolini

Un patronyme pas banal, mélangeant le nom de l'empereur romain Jules César et celui du dictateur fasciste Benito Mussolini. Mais ne vous y trompez pas, c'est avec le second que Caio Giulio Cesare Mussolini a un lien de parenté. Arrière-petit-fils du Duce, l'homme de 50 ans se présente aux européennes sous la bannière du parti d'extrême droite Fratelli d'Italia, les opinions politiques semblant de famille chez les Mussolini.

Caio Giulio Cesare Mussolini était jusque-là inconnu du grand public en Italie. Né en Argentine, il a passé sa jeunesse entre l'Italie et le Venezuela, avant de s'engager dans la marine italienne puis de devenir dirigeant d'une entreprise d'armement (il est actuellement en poste aux Emirats arabes unis).

Ce n'est pas le premier descendant du dictateur italien à se lancer en politique. S'il est élu, il pourrait en effet retrouver au Parlement européen sa cousine, Alessandra Mussolini, députée européenne sortante et qui se représente sous les couleurs du parti de centre-droit Forza Italia (la formation de l'ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi). Quant à la soeur d'Alessandra, Rachele, elle est de son côté conseillère municipale à Rome.

Ilie Nastase

Il ne veut pas entendre parler de revers. L'ex-tennisman Ilie Nastase, ancien numéro un mondial, vainqueur de l'US Open en 1972 et de Roland-Garros en 1973, est candidat aux européennes en Roumanie, sous les couleurs de l’Union nationale pour le progrès de la Roumanie (UNPR), une formation de centre gauche.

Mais l'ex-champion de 72 ans a peu de chances d'aller représenter son pays au Parlement européen, les sondages prédisant que l'UNPR n'obtiendra aucun siège. Cela ne l'empêche pas de faire parler de lui. L'ex-tennisman a en effet provoqué une polémique en Roumanie, après la diffusion d'une vidéo dans laquelle on le voit jeter un café sur une tente électorale d'un parti concurrent, sur laquelle figurait le visage de Traian Basescu, ancien président de la Roumanie.

Ilie Nastase est un habitué des coups d'éclat. Il a été récemment condamné à neuf mois de prison avec sursis, après avoir été interpellé deux fois en quelques heures l'an dernier à Bucarest, d'abord pour avoir refusé de se soumettre à des prélèvements biologiques alors qu'il était en état d'ébriété au volant de sa voiture, puis pour conduite d'un scooter sans permis valable.

Il avait également fait scandale en 2017, lorsqu'il était capitaine de l'équipe de Roumanie de Fed Cup, pour ses propos sur la grossesse de la joueuse américaine Serena Williams («On va voir de quel couleur il [le bébé] est. Chocolat au lait ?»), puis pour avoir insulté l'arbitre et les joueuses britanniques lors d'un match contre le Royaume-Uni.

Oriol Junqueras

Candidat aux élections européennes tout en étant en prison. L'indépendantiste catalan Oriol Junqueras, en détention depuis un an et demi, est jugé depuis le 12 février à Madrid, aux côté de quatre autres personnes, pour son rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017. Lui qui est le principal accusé dans ce procès a tout de même été autorisé à se présenter aux élections européennes, car il n'a pas encore été jugé.

L'ancien vice-président du gouvernement catalan est même la tête de liste (ou «Spitzenkandidat»), et donc le candidat à la présidence de la Commission européenne, du groupe politique européen de l'Alliance libre européenne, qui regroupe des partis nationalistes, régionalistes et autonomistes au Parlement européen (il siège actuellement dans le Groupe des Verts au Parlement européen).

Il a été élu député au niveau national en avril dernier, en tant que leader du parti de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC). Durant la campagne, il a pu participer à une conférence de presse depuis sa prison, via une vidéoconférence, où il a répondu aux questions des journalistes réunis dans une rédaction à plus de 600 kilomètres de là. 

Ivan Bella

Ivan Bella reste jusqu'à présent le seul Slovaque de l'histoire à avoir été dans l'espace. C'était il y a vingt ans tout juste, en 1999. Son objectif est maintenant de décoller en politique. L'homme de 54 ans est en effet candidat aux européennes, sur la liste du parti d'extrême droite «Nous sommes une famille».

Pilote de guerre, colonel des forces armées et astronaute, il a passé une semaine dans l'espace, durant laquelle il a participé à des projets de recherche dans les domaines de la médecine, la biologie et la physique. Par la suite, un astéroïde a été nommé Ivanbella, en 2001.

Numéro quatre sur la liste de la formation «Nous sommes une famille» pour les européennes, il a peu de chances d'entrer au Parlement européen, son parti étant crédité d'un siège dans les sondages.

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