Allemagne : il a le droit à un dernier mot au tribunal, il parle pendant 20 heures d'affilée

Au cours de son interminable monologue, Michael Jauernik a affirmé qu'il était «plus intelligent que n'importe quel employé de la police criminelle». Au cours de son interminable monologue, Michael Jauernik a affirmé qu'il était «plus intelligent que n'importe quel employé de la police criminelle». [Capture d'écran YouTube / Hamburger Morgenpost]

Sans doute l'un des plus longs monologues de l'histoire. Jugé entre autres pour trois braquages de banques la semaine dernière, un Allemand de 71 ans, qui avait droit à «un dernier mot» avant l'annonce du verdict, en a bien profité puisqu'il a discouru pendant vingt heures d'affilée au tribunal d'Hambourg.

Avec tout le culot du monde, lunettes de soleil sur le nez, Michael Jauernik a testé la patience des juges, en racontant des anecdotes sur sa longue carrière criminelle, entamée dans les années 1970 et qui lui a déjà valu plusieurs séjours en prison. Tout cela en se vantant d'avoir gardé la forme lors de sa détention provisoire grâce à un entraînement physique quotidien, et en enchaînant les déclarations provocatrices.

Dans sa longue tirade, il a notamment affirmé qu'il était «plus intelligent que n'importe quel employé de la police criminelle», ajoutant que les forces de l'ordre l'avaient attrapé seulement grâce à la chance. Celui qui est surnommé «Richard Gier» par les médias allemands (pour sa ressemblance avec l'acteur américain Richard Gere, «Gier» voulant dire en allemand «cupidité») a également osé déclarer qu'il avait «plus de connaissances juridiques que (ses) avocats».

Condamné à douze ans et demi de prison

Au bout de ces vingt longues heures de discours, qui ont duré sur cinq jours d'audience selon la presse allemande, la juge a finalement décidé de couper la parole du retraité braqueur pour annoncer le verdict. Elle a par la suite déclaré qu'elle regrettait de ne pas l'avoir interrompu plus tôt, faisant état de nombreuses répétitions et de «digressions excessives».

Le septuagénaire - devenu célèbre dans les années 1980 sous le surnom de «voleur du jeudi» après avoir multiplié les braquages juste avant l'heure de fermeture des banques le jeudi - a finalement été condamné à douze ans et demi de prison pour trois vols réalisés entre 2011 et 2019, durant lesquels il a dérobé environ 25.000 euros. Lors de l'un d'eux, en 2017, il a par ailleurs grièvement blessé par balle un employé de banque en lui tirant dans le ventre. Lors du prononcé de sa peine, Michael Jauernik a continué son show, interrompant à plusieurs reprises le juge. Son avocat a annoncé qu'il allait faire appel.

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