La Hongrie n'est pas prête à renoncer à importer du pétrole russe, a indiqué ce mercredi 1er octobre son Premier ministre Viktor Orban. Une déclaration qui va à l'encontre des réclamations des Etats-Unis de Donald Trump et d'une majorité des pays de l'Union européenne.
Le Premier ministre hongrois a admis n'avoir «aucune autre option, aucune». Ce mercredi devant la presse à Copenhague, Viktor Orban a affirmé que son pays n'était pas prêt à renoncer à importer du pétrole russe. Il a également précisé que le 47e président américain ne lui avait jamais demandé de fermer le robinet du pétrole russe.
«Le président américain respecte la souveraineté des autres pays, il m'a juste demandé quelle est la situation - c'est une différence importante - il n'est pas [comme les Européens] qui sont plus agressifs que les Américains», a-t-il déclaré.
Donald Trump dénonce un comportement «inexcusable»
En effet, depuis les premières incursions russes qui ont violé l'espace aérien de plusieurs frontières des pays situés à l'Est de l'Europe, plusieurs pays de l'Union européenne ont réclamé que la Hongrie et la Slovaquie cessent d'importer du pétrole russe, dont les revenus financent une partie de l'effort de guerre de Moscou en Ukraine.
Donald Trump a, de son côté, a maintes fois critiqué les achats de pétrole russe par les Européens, dénonçant un comportement «inexcusable», mais sans jamais pointer du doigt la Hongrie.
«Ils financent la guerre contre eux-mêmes. Qui a déjà entendu parler d'une chose pareille ?», martelait-il le 23 septembre dernier devant les Nations Unies.
Des droits de douane européens sur les importations de pétrole russe ?
En décidant, dès 2022, de se sevrer du pétrole russe, l'Union européenne avait toutefois accordé une exemption à la Hongrie et à la Slovaquie, deux pays enclavés et très dépendants des hydrocarbures russes. Ainsi, la remettre en cause nécessite l'accord des deux pays concernés.
Pour tenter de contourner cette difficulté, l'UE envisage d'imposer des droits de douane sur ses importations de pétrole russe. S'agissant d'une mesure commerciale, les 27 peuvent l'adopter à la majorité qualifiée, qui requiert l'approbation de 55% des Etats membres, soit 15 pays, représentant au moins 65% de la population européenne.
La Commission européenne a par ailleurs proposé aux Etats membres un arrêt total des importations d'hydrocarbures russes d'ici 2027, et même 2026 en ce qui concerne le gaz naturel liquéfié (GNL).