L'Anses a alerté sur une recrudescence «préoccupante» des cas de rage en Europe centrale depuis 2021. Le phénomène serait une conséquence de la guerre en Ukraine. Voici les symptômes de la maladie.
Elle tue encore près de 60.000 personnes dans le monde chaque année. La rage est une maladie virale portée par certains animaux et qui peut se transmettre à l'Homme par morsure ou par léchage d'une peau abimée.
Mercredi 10 juin, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a alerté sur une réémergence «préoccupante» des cas chez les animaux sauvages et domestiques dans plusieurs pays d'Europe centrale depuis 2021. En Pologne, par exemple, alors qu'on dénombrait habituellement une dizaine d'animaux infectés, 113 cas ont été comptabilisés sur l'année 2021, principalement chez les renards. La Roumanie, l'Hongrie et la Slovaquie sont également concernées par cette recrudescence.
«La recrudescence de la rage en Europe est une illustration de l’impact des conflits armés sur la santé et la faune sauvage», a expliqué Emmanuelle Robardet, co-autrice du rapport de l'Anses et directrice du laboratoire de référence de l’Union européenne (LRUE) pour la rage. En effet, cette hausse est notamment liée à l'émergence du variant C du virus, auparavant présent en Russie, qui s'est propagé en Europe centrale depuis le début de la guerre, alors qu'il n'y avait pas été détecté depuis une dizaine d'années.
Plusieurs semaines d'incubation chez l'homme
Si aucune prise en charge n'est effectuée, la personne atteinte par la rage décède habituellement entre quatre et six jours après l’apparition des signes.
Avant cela, l'incubation, c'est-à-dire, la période silencieuse entre la contamination et le développement dans l'organisme de germes associés, sans qu'il n'y ait encore des symptômes, varie en moyenne entre trente et quarante-cinq jours.
Mais la maladie est sournoise, au point qu'elle peut parfois aller d’une semaine à plus d’un an, sa durée se faisant en fonction de la dose de virus inoculée, de la localisation de la morsure et de la gravité de la plaie.
Démangeaisons, fièvre, douleurs musculaires...
L'invasion par le virus se manifeste par un prurit (démangeaisons) ou des douleurs dans la région mordue, parfois une petite fièvre (fébricule) passagère, des céphalées et des douleurs musculaires (myalgies).
En outre, l'insomnie est fréquente et le malade devient anxieux, anormalement triste, sujet à des crises de larmes et cherche souvent à s'isoler.
La rage est une encéphalo-myélite (inflammation du cerveau et de la moelle épinière) qui peut se présenter sous une forme paralytique (30 % des cas) ou furieuse.
... Et surtout peur de l'air et de l'eau
Deux signes sont caractéristiques de la maladie : une peur pathologique de l’air (aérophobie) et, surtout, de l’eau (hydrophobie).
La simple vue d'un verre d'eau, le bruit de son écoulement déclenchent un spasme oropharyngé caractéristique et l'hydrophobie peut même être responsable de convulsions ou de crises tétaniformes.
En cas de morsure par un animal suspect, il faut avant tout laver la plaie à l’eau savonneuse, la rincer abondamment et la désinfecter avec une solution antiseptique.
Ensuite, il faut bien sûr consulter rapidement un médecin. Seul ce dernier jugera utile ou non de prescrire un vaccin antitétanique et des antibiotiques, et décidera s’il est nécessaire d’adresser le patient à un centre de traitement antirabique.
Dans tous les cas, si doute il y a, il faut absolument consulter car une fois la rage déclarée, il n’y a aucun moyen de la guérir.
L'Institut Pasteur indique sur son site internet, que la rage est responsable de 59.000 décès annuels dans le monde, principalement en Asie et en Afrique.
En 2023, en France, 3.016 personnes ont reçu un traitement préventif après une exposition à risque, dont 70% de voyageurs exposés dans un pays étranger. Dans le pays, le dernier décès lié à la rage remonte à septembre 2025. Il s'agissait d'un homme ayant contracté le virus après un voyage eu Maghreb.