À quelques mois des élections municipales, l'insécurité préoccupe les Français. Alors que le gouvernement s’apprête à présenter un projet de loi pour renforcer les pouvoirs de la police municipale, Laurent Nuñez s'est dit «très favorable» au port d’armes par ces fonctionnaires.
Le sentiment d’insécurité ne concerne plus seulement les grandes métropoles françaises. Comme l’a dévoilé le sondage de l’Ifop pour La Tribune dimanche ce 16 novembre à quatre mois des élections municipales 2026, les projets des différents candidats concernant la sécurité des personnes et des biens auront une influence déterminante sur le vote des Français.
Un enjeu compris par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a plaidé pour que les agents municipaux puissent «se défendre», alors qu’un projet de loi sur l’extension des prérogatives des polices municipales était déposé au Sénat début novembre, et sera prochainement discuté lors des débats parlementaires.
«Moi, je suis très favorable à l’armement des policiers municipaux car ça donne un caractère dissuasif plus fort», a assumé le locataire de la place Beauvau, alors que les refus d’obtempérer prolifèrent sur le territoire national. En effet, à quelques heures de la publication de l’entretien du ministre de l’Intérieur, un cycliste a été percuté ce samedi 15 novembre à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) par un chauffard sous l’empire de stupéfiants alors qu’il venait de refuser de se soumettre à un contrôle de la police municipale d’Asnières-sur-Seine. La victime, polytraumatisée, a été transportée à l’hôpital par le SAMU en urgence absolue.
«L'uniforme est une cible»
«Il faut que les policiers puissent se défendre lors d’attaques terroristes - on sait que l’uniforme est une cible -», a martelé Laurent Nuñez, alors qu’un sondage de l’institut CSA pour CNEWS révélait en septembre dernier, que les Français étaient 81% à souhaiter la condamnation à des peines de prison automatiques pour les agresseurs de policiers. Un résultat obtenu peu de temps après l’agression d’un policier roué de coups à Tourcoing (Nord) et deux jours après les mouvements «Bloquons tout» dans plusieurs villes de France, au cours desquels de nombreux heurts ont impliqué des policiers.
«Mais, évidemment, le principe de libre administration des collectivités locales fait que les maires sont libres de le faire ou pas. Notons que 54% des polices municipales sont déjà dotées d’armes létales», a souligné le ministre de l’Intérieur, qui a fait référence au Code de la sécurité intérieure, au sein duquel est précisé que l’édile d’une commune est libre de décider de l’armement de sa police ou non, et d’en faire la demande motivée au préfet du département «pour un ou plusieurs agents nommément désignés».
Pour l’heure, il existe de fortes disparités en France. Les départements où les agents municipaux sont le plus armés sont situés sur le pourtour méditerranéen, notamment dans l’Hérault, les Bouches-du-Rhône, le Var ou encore le Vaucluse, où 80% des brigades sont équipées d’armes à feu, selon les chiffres de La Dépêche du Midi en juillet dernier. Au contraire, les départements du centre du territoire national sont ceux où les policiers municipaux sont le moins armés. Aucun policier n’a accès à une arme létale dans la Creuse ou l’Indre, et seulement un dans le Loir-et-Cher.
À partir du mardi 18 novembre prochain, les maires de France se réuniront pour leur congrès annuel. Et à la grande majorité, ils sont favorables au renforcement des pouvoirs de leur police municipale.