Le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a confié la direction des affaires scolaires de la Ville (Dasco) à Catherine Baratti-Elbaz, ex-maire du 12e arrondissement. Une prise de poste qui s'inscrit dans une période de crise profonde du périscolaire dans la capitale.
Une nomination qui a fait grincer des dents. Alors que le périscolaire parisien traverse une importante crise, le maire de Paris Emmanuel Grégoire a décidé de confier la direction des affaires scolaires de la ville à Catherine Baratti-Elbaz.
À 56 ans, cette ex-enseignante chercheuse en biochimie prendra «courant juin» la succession de Sophie Fady-Cayrel, qui avait quitté ses fonctions en avril dernier au bout de trois ans, alors que les révélations de soupçons de violences sexuelles dans le périscolaire se multipliaient.
Catherine Baratti-Elbaz, maire socialiste du 12e arrondissement sous la première mandature d'Anne Hidalgo (2014 à 2020), actuellement inspectrice générale de l'éducation, des sports et de la recherche (IGESR), «connaît particulièrement bien les politiques éducatives», a indiqué jeudi Lamia El-Aaraje, premier adjoint au maire socialiste, lors d'une conférence de presse en amont du prochain Conseil de Paris.
«Un symbole épouvantable»
Le groupe d'opposition de droite au Conseil de Paris a fustigé le «symbole épouvantable» que constitue à leurs yeux la nomination de Catherine Baratti-Elbaz, le 12e arrondissement étant «l'un de ceux les plus touchés» par le scandale «puisqu'il relève de la circonscription des affaires scolaires (11e et 12e) la plus défaillante depuis ces derniers mois».
Maud Gatel, conseillère MoDem, a déploré de son côté «voir revenir dix ans après Clatherine Baratti-Elbaz», qui en 2015 avait été rapporteure de la mission d'information et d'évaluation (MIE) sur le périscolaire, «alors que les préconisations» du rapport issu de cette MIE «n'ont pas été mises en œuvre».
Catherine Baratti Elbaz, nommée à la tête de la Dasco, était la rapporteure de la MIE sur le périscolaire en 2016 dont les 50 recommandations sont restées lettre morte. Elle est donc bien placée pour savoir tout ce qui n’a pas été fait par la Ville depuis 10 ans. #surrealistehttps://t.co/VwYm0jI3UJ
— Maud Gatel (@maudgatel) June 10, 2026
Un nouveau bilan
Depuis le 1er janvier, 132 animateurs de la Ville de Paris, qui en emploie environ 14.000, ont été suspendus, dont 52 pour «suspicion de violences sexuelles ou sexistes», a dévoilé le nouvel édile de la capitale dont le plan d'action promet la «tolérance zéro» et la «transparence totale».
Le plan d'action à 20 millions d'euros, mis en oeuvre en avril, a «complètement réorganisé les signalements qui passent par voie hiérarchique et aussi par des plates-formes», notamment une cellule d'écoute, a-t-il pointé. Lui qui a fait du périscolaire la «priorité absolue» de son début de mandat a aussi fait valoir la «grande sévérité» de la ville qui désormais suspend «systématiquement au moindre signalement».
Ce jeudi, le groupe co-présidé par Sophia Chikirou (LFI) et l'écologiste Émile Meunier (Verts populaires) au Conseil de Paris a annoncé avoir fait un signalement au procureur pour mettre en cause la «responsabilité pénale» de la ville de Paris dans le scandale.