Instaurées depuis 2021 à Roland-Garros, les «night sessions» ne verront pas de rencontre féminine programmée cette année. Un choix du diffuseur qui divise au sein de l’organisation et de certaines joueuses.
Est-ce la fin des sessions de nuit pour le tennis féminin ? Depuis que la «night session» a été instaurée à Roland-Garros en 2021, une rencontre féminine avait toujours été programmée en soirée. Or, cette année, sur les onze matchs en «night session», aucune affiche féminine n’a trouvé sa place. Une triste première que n’ont pas manquée de souligner certaines joueuses, mécontentes de la programmation.
Quatre rencontres féminines depuis 2021
Depuis l’instauration de ces sessions de nuit, seules quatre rencontres féminines ont eu l’honneur de jouer sous le toit du court Philippe-Chatrier à la tombée de la nuit (Serena Williams-Begu et Swiatek-Kostyuk en 2021, Cornet-Ostapenko en 2022 et Sabalenka-Stephens en 2023). Mais cette année, pour la première fois, aucune rencontre opposant des femmes n’a attiré les faveurs du diffuseur (Prime Vidéo). Et pourtant, un match aurait pu avoir sa place légitime, à savoir le choc du 2e tour entre Iga Swiatek, n°1 mondiale et double tenante du titre, et Naomi Osaka, qui compte quatre Grands Chelems à son palmarès.
Et avec un combat de près de trois heures remporté par la Polonaise (7-6 [1], 1-6, 7-5), ce match aurait tout à fait pu trouver sa place lors d’une «night session». Mais le diffuseur n’était pas du même avis et a décidé de programmer le duel entre Richard Gasquet et Jannik Sinner. Au grand dam de la directrice du tournoi Amélie Mauresmo. «Je suis déçue qu’une affiche comme Swiatek-Osaka n’ait pas eu lieu en 'night session', mais cela ne dépend pas que de nous», avait-elle réagi.
Un format pas adapté ?
Et justement, comment se décide «l’affiche du jour» ? Si les rencontres masculines sont privilégiées pour ces «night sessions», cela peut s’expliquer par la particularité de ces soirées. Pour ces affiches, la billetterie est différente des rencontres programmées en journée, et le public ne vient que pour assister à une seule rencontre. Autrement dit, il faut être en capacité de proposer du spectacle aux spectateurs. C’est pourquoi, avec un temps de jeu moins important avec un format en deux sets gagnants, les rencontres féminines semblent être moins attractives.
Un choix qui ne plaît pas forcément à la Tunisienne Ons Jabeur, éliminée en quart de finale après sa défaite face à Coco Gauff (4-6, 6-2, 6-3). A l'issue de la rencontre, elle n’a pas caché son incompréhension et mécontentement. «J’ai beaucoup à dire sur ce sujet. J’aimerais voir le contrat négocié avec Prime. Je ne comprends vraiment pas ce qu’il se passe. J’aurais aimé voir des quarts de finale joués le soir, et pas à 11h du matin comme le mien. Ça n’a pas de sens. Il y a beaucoup de matchs féminins qui, bien sûr, ne durent pas quatre heures, mais qui sont bons», a-t-elle déploré.
En revanche, pour la n°1 mondiale, le fait de ne pas jouer en «night session» n’est pas un problème. Au contraire. «Honnêtement, je suis désolée de dire ça, mais je m’en fiche. Pour moi, c’est toujours plus pratique de jouer en journée. Le tournoi sait que je suis le type de joueuse qui aime jouer en journée», a-t-elle reconnu. Et quand on regarde ses dernières rencontres, deux victoires en 1h42 seulement (6-0, 6-0 et 6-0, 6-2), on se doute que Iga Swiatek va trop vite pour jouer en «night session».
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