Les différentes versions de Jonathann Daval

Jonathann Daval, informaticien de 34 ans, a été mis en examen en janvier pour «meurtre sur conjoint» et encourt la prison à perpétuité. Après avoir avoué avoir étranglé sa femme, Alexia, il a récemment fourni une autre version. Au total, trois versions ont déjà été livrées par cet homme difficile à cerner.

1ère version : le mari dévasté

Au départ, Jonathann Daval s’est présenté aux enquêteurs comme le mari modèle, inquiet pour sa femme censée être partie faire un jogging dans un bois de Haute-Saône, non loin de leur domicile, le 28 octobre 2017, et jamais revenue depuis. Jonathann Daval avait alors avoir envoyé des sms sur le téléphone de son épouse, restés sans réponses. Il avait ensuite prévenu ses beaux-parents de la disparition inquiétante de sa femme, avant de partir à sa recherche avec son beau-frère, Grégory Gay, puis avait lui-même prévenu les gendarmes de la disparition de son épouse.

Ce grand timide très discret avait, par la suite, participé aux battues pour la retrouver, le visage noyé de larmes et meurtri par la douleur. Le corps d’Alexia avait finalement été retrouvé deux jours plus tard, en partie calciné, laissant penser qu’un tueur avait malheureusement croisé sa route. Lors des obsèques de sa défunte épouse, aux côtés de ses beaux-parents, il avait là encore affiché le visage d’un homme rongé par le chagrin.

2e version : le mari devenu tueur «par accident»

Durant les mois qui ont suivi la découverte du corps d’Alexia Daval, les enquêteurs ont œuvré, dans l’ombre, pour tenter de comprendre ce qui était arrivé à la jeune femme de 29 ans. Ils avaient évidemment autopsié son corps, mais également analysé le traceur du véhicule professionnel de son mari, puis interrogé le voisinage. L’un des voisins avait justement entendu le véhicule sortir en pleine nuit, roulant sur une plaque d’égout. Les draps découverts sur le corps d’Alexia sont également analysés : ils appartiennent en réalité au couple.

Jonathann Daval est confondu et finit par avouer sous la multiplicité des preuves qui l’accablent. Il explique alors aux enquêteurs s’être disputé avec sa femme dans la nuit du 27 au 28 octobre après qu’ils soient revenus d’une soirée raclette chez les parents d’Alexia. Tentant, dit-il, de «maîtriser» sa femme «en proie à une crise d’hystérie», comme le rapporte son avocat Randall Schwerdorffer, Jonathann Daval l’étrangle et la tue «par accident» selon lui. En revanche, il réfute catégoriquement avoir mis le feu au cadavre. Suite à ses aveux, le mari est mis en examen pour «meurtre sur conjoint» et écroué. Il affirme avoir été poussé à bout par son épouse qui «l’écrasait» de sa «personnalité trop forte», toujours selon les propos de son avocat.

3e version : le mari victime d’un complot

Le 27 juin dernier, Jonathann Daval demande à être auditionné par le juge d’instruction et revient sur ses précédentes déclarations. Cette fois, l’informaticien affirme être le pantin d’un complot familial. Il affirme que le meurtre se serait en réalité déroulé chez les parents d’Alexia, où sa sœur Stéphanie était présente, avec son mari Grégory Gay. Cette dernière aurait fait, selon lui, une énième crise d’hystérie, et son beau-frère Grégory l’aurait alors étranglée.

«Je démens formellement», a déclaré ce dernier à la sortie de son audition, mercredi. Pour Isabelle Fouillot, la mère d’Alexia, ce retournement de situation est «un véritable cauchemar». De premiers éléments concernant la personnalité du suspect, basés sur une première expertise psychiatrique de Jonathann Daval, font état d'un homme aux «traits pervers», capable de «manipulation», a indiqué une source proche du dossier à l'AFP.

Son avocat, Randall Schwerdorffer s'est agacé de ces fuites, dénonçant une «violation du secret de l'instruction», destinée à «décrédibiliser la parole» de son client. Pour Me Jean-Marc Florand, avocat de la famille de la victime, les déclarations de Jonathann Daval ne correspondent en rien à la réalité de l'autopsie de la jeune femme étranglée et brûlée.

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