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Le gouvernement lance un plan de lutte contre la prostitution des mineurs

Entre 7.000 et 10.000 mineurs se prostituent actuellement en France. Pour lutter contre ce terrible phénomène, le gouvernement dévoile aujourd'hui un plan de 14 millions d'euros.

Les différentes actions, portées par le secrétaire d'Etat à l'Enfance Adrien Taquet, seront lancées en 2021 et 2022. Elles se divisent en quatre axes : «sensibiliser, informer et mieux connaître» la prostitution des mineurs, «renforcer le repérage à tous les niveaux» des jeunes impliqués, «accompagner les mineurs en situation prostitutionnelle» et «poursuivre et réprimer plus efficacement» les clients et les proxénètes. 

Ce plan est d'autant plus urgent que la prostitution des mineurs est en plein essor. Selon le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), le nombre de jeunes victimes de proxénétisme a augmenté de 70% en cinq ans. 

Les filles, principales victimes

Le rapport de la magistrate Catherine Champrenault, publié en juillet, a établi un portrait des principaux concernés. Une majorité des mineurs prostitués sont des filles âgées de 15 à 17 ans. 

Issues de tous les milieux sociaux, elles sont souvent pour point commun d'avoir été confrontées à des violences au sein de leur famille. Par exemple, l'inceste, les violences conjugales, la précarité, l'alcoolisme... 

Elles peuvent être amenées à se prostituer après une fugue, à cause de mauvaises rencontres ou de la nécessité de gagner de l'argent. Beaucoup d'entre elles peuvent également être sous l'emprise d'un «lover boy», avec qui elles entretiennent une relation sentimentale, et qui «organise» leur prostitution. Dans de nombreux cas, elles ont «des difficultés à prendre conscience de leur statut de victime et à révéler les faits aux autorités», souligne le rapport de Catherine Champrenault. 

Les mineurs prostitués sont considérés comme des victimes par la loi française. 85% d'entre eux sont exploités par des proxénètes, qui encourent jusqu'à 15 ans de prison et 3 millions d'euros d'amende si le mineur a moins de 15 ans. 

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