Ce vendredi, une partie de la classe politique et notamment Emmanuel Macron et François Bayrou ont dénoncé la «haine antisémite» de ceux qui ont abattu l'arbre planté à Épinay-sur-Seine en hommage à Ilan Halimi, jeune Français juif séquestré et torturé à mort en 2006 par le «gang des barbares». Une enquête a été ouverte.
Ne rien laisser passer. Ce vendredi 15 août, et après l'acte visant l'olivier planté en la mémoire d'Ilan Halimi à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), Emmanuel Macron a dénoncé un «acte de haine».«Abattre l’arbre rendant hommage à Ilan Halimi, c’est chercher à le tuer une deuxième fois. Il n’en sera rien : la Nation n’oubliera pas cet enfant de France mort parce que Juif», s'est indigné le président de la République sur X. Rajoutant : «Face à l'antisémitisme, la République, toujours intransigeante». Une déclaration qui intervient alors qu'une enquête a été ouverte, a annoncé dans la foulée le préfet de Seine-Saint-Denis.
Abattre l’arbre rendant hommage à Ilan Halimi, c’est chercher à le tuer une deuxième fois. Il n’en sera rien : la Nation n’oubliera pas cet enfant de France mort parce que Juif.
Tous les moyens sont déployés pour punir cet acte de haine.
Face à l’antisémitisme : la République,…— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) August 15, 2025
Le chef du gouvernement François Bayrou a lui aussi dénoncé, sur son compte X ce vendredi, «la haine antisémite» après l’abattage de l'arbre planté en hommage à Ilan Halimi.
«L’arbre pour Ilan Halimi, vivant rempart contre l’oubli, a été fauché par la haine antisémite. Nul crime ne peut déraciner la mémoire. La lutte jamais achevée contre le mortel poison de la haine est notre devoir premier», a écrit le Premier ministre.
L’arbre pour Ilan Halimi, vivant rempart contre l’oubli, a été fauché par la haine antisémite. Nul crime ne peut déraciner la mémoire. La lutte jamais achevée contre le mortel poison de la haine est notre devoir premier.
— François Bayrou (@bayrou) August 15, 2025
La ministre de l'Education nationale, Élisabeth Borne, a quant à elle dénoncé un acte d'«une lâcheté absolue». «Un affront à notre mémoire collective et aux valeurs de la République», a-t-elle déploré.
L’olivier, planté en mémoire d'Ilan Halimi, était un symbole d’espoir face à la barbarie. Le détruire, est un acte infâme de haine et d'antisémitisme d'une lâcheté absolue.
Nous sommes face à un affront à notre mémoire collective et aux valeurs de la République. Les auteurs…— Élisabeth BORNE (@Elisabeth_Borne) August 15, 2025
De son côté, Yaël Braun-Pivet a appelé à rester «debout» face à l'antisémitisme qui «frappe encore». «S'attaquer à l'hommage rendu à Ilan Halimi, c'est raviver l'horreur qui l'a tué», a dénoncé la présidente de l'Assemblée nationale française.
S’attaquer à l’hommage rendu à Ilan Halimi, c’est raviver l’horreur qui l’a tué.
L’antisémitisme frappe encore.
Restons debout face à lui.— Yaël Braun-Pivet (@YaelBRAUNPIVET) August 15, 2025
L'arbre, qui avait été planté en 2011 dans cette commune de Seine-Saint-Denis, a été sectionné probablement à l'aide d'une tronçonneuse dans la nuit du mercredi 13 au jeudi 14 août.
«Cette réaffirmation violente de l'antisémitisme à la face de la société est quelque chose d'extrêmement douloureux. Il n'y a rien de plus lâche et les assassins de sa mémoire ne valent pas mieux que ceux qui lui ont pris la vie il y a vingt ans», a aussi souligné ce vendredi le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Yonathan Arfi.
Sur le réseau social X, Julien Charles, préfet de la Seine-Saint-Denis, a condamné «avec fermeté la destruction de l’olivier du jardin d’Alcobendas d’Epinay-sur-Seine, planté en hommage à Ilan Halimi, mort le 13 février 2006, après avoir été enlevé, séquestré et torturé par le "gang des barbares"».
#Condamnation
Julien Charles, préfet de la Seine-Saint-Denis, condamne avec fermeté la destruction de l’olivier du jardin d’Alcobendas d’Epinay-sur-Seine, planté en hommage à Ilan Halimi, mort le 13 février 2006, après avoir été enlevé, séquestré et torturé par le "gang des…— Préfet de la Seine-Saint-Denis (@Prefet93) August 14, 2025
«Le préfet de la Seine-Saint-Denis s’indigne de cet acte abject dirigé contre un lieu de mémoire. Son auteur devra en rendre compte à la justice», a-t-il ajouté.
De son côté, le préfet de Police, Laurent Nuñez, a fait savoir qu’une procédure était ouverte et que «tout sera mis en œuvre pour retrouver les auteurs et les livrer à la justice».
Pour rappel, Ilan Halimi, 23 ans, avait été enlevé, séquestré et torturé en janvier 2006 par un groupe d'une vingtaine de personnes qui se faisaient appeler «le gang des barbares», sous la direction de Youssouf Fofana, comme le rappelle l’AFP.
Découvert nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures, à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l'Essonne, le jeune homme était mort pendant son transfert à l'hôpital un peu moins d'un mois plus tard.