«Chaque année, 4 milliards d'euros sont engloutis par l'audiovisuel public. Nous le privatiserons», a promis Jordan Bardella ce dimanche à Bordeaux, à l'occasion de la rentrée du RN.
Le Rassemblement national entend faire des économies sur «le gouffre financier» que représente l’audiovisuel public. La chute du gouvernement de François Bayrou, lundi 8 septembre dernier, a rebattu les cartes du jeu politique français. Accueilli par plus de 6.000 militants réunis au Parc des expositions de Bordeaux (Gironde) dans le cadre de la rentrée du RN ce dimanche 14 septembre, Jordan Bardella a préparé ses électeurs a de nouvelles élections législatives et a présenté un «contre-budget» qui s’éloigne de celui du socle commun.
Le président du RN a lourdement critiqué le budget accordé à l’audiovisuel public, qu’il a volontiers accusé de «gouffre financier». «Chaque année, plus de 4 milliards d’euros sont engloutis dans une machine dont les dérives militantes sont désormais connues de tous», a-t-il reproché. Les sociétés de l’audiovisuel public, réparties en six organismes (France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, l’Institut National de l’audiovisuel, Arte France, LCP Assemblée nationale - Public Sénat) ont recueilli 3.949 millions d’euros pour 2025, selon l'Arcom.
«Une télévision publique pléthorique, partisane et militante»
«Ce ne sont pas certains stratèges du Parti socialiste qui me démentiront», a raillé Jordan Bardella, en référence aux journalistes Patrick Cohen (France Inter) et Thomas Legrand (Libération), accusés en juillet dernier de connivence avec le PS à l'encontre de Rachida Dati (LR) après la publication d'un enregistrement d'une conversation privée avec deux ténors du PS, au cours de laquelle les journalistes évoquaient la course à la mairie de Paris.
«Quelle grande démocratie digne de ce nom, en 2025, peut encore accepter de financer à ce prix-là une télévision publique pléthorique, partisane et militante ?», a-t-il interrogé le public. «Voilà pourquoi nous privatiserons l’audiovisuel public», a promis le bras droit de Marine Le Pen, dont la conclusion a été acclamée par la foule présente au Parc des expositions de Bordeaux.
«C’est une question de principe, mais c’est aussi une question de saine gestion des deniers publics», a assumé le président du RN, assurant que le contre-budget de son parti «permettra d’économiser des dizaines de milliers d’euros chaque année dans le budget de l’État». Ces économies seront, selon lui, affectées au «remboursement de la dette», mais aussi «aux baisses d’impôts et aux dépenses utiles comme la sécurité, la Justice, l’école ou les soins».
L'aide publique au développement tarie
Dans la ligne de mire de Jordan Bardella : l’aide publique au développement. «Autrement dit, l’argent que verse la France chaque année à des États étrangers», a-t-il résumé. Cette aide financière permet à la France de soutenir le développement économique des pays à revenu faible et intermédiaire dans des domaines tels que la santé, l’assainissement, l’éducation ou l’infrastructure.
«Des milliards d’euros versés à des pays parfois hostiles, comme l’Algérie», a déploré l’eurodéputé, en référence à la crise entre Paris et Alger lancée par l’emprisonnement, en novembre 2024, de l’auteur franco-algérien Boualem Sansal, condamné à cinq ans de prison en juillet dernier pour «atteinte à l’unité nationale» en Algérie. «Des milliards envoyés à la Chine, deuxième puissance économie mondiale, qui n’a, je crois, nul besoin de la générosité française pour bâtir sa puissance et sa dynamique de croissance», a ajouté le président du RN, promettant «de fermer le robinet».
«Cet argent, près de 12 milliards d’euros chaque année, doit revenir, non pas à l’autre bout du monde, mais à nos territoires de France, à notre ruralité oubliée, à nos campagnes, dans l’accès à la Santé, à l’éducation, au service public», a martelé Jordan Bardella, adoubé par Marine Le Pen lors de cette rentrée politique aux multiples enjeux.