La première condamnation d'un président de la Ve République à cinq ans de prison a fait couler beaucoup d’encre. Prochainement convoqué pour connaître sa date d'incarcération, Nicolas Sarkozy s'est pourtant dit «serein» ce samedi. Il a salué une décision du tribunal, qui a choisi de ne pas retenir une note de la presse ayant suscité les premières interrogations sur le financement de sa campagne présidentielle en 2007.
«Toute l’accusation s’est effondrée», s’est réjoui Nicolas Sarkozy. L’ancien président de 70 ans a pourtant été condamné, jeudi 25 septembre, à cinq ans de prison avec mandat de dépôt a effet différé pour association de malfaiteurs. Une peine assortie de l’exécution provisoire, ce qui signifie qu’il sera incarcéré prochainement, étant donné que sa décision de faire appel du jugement n’est pas suspensive.
Convoqué le 13 octobre par le parquet national financier pour connaître la date à laquelle il entrera en prison, il a tout de même pris le temps de saluer dans les colonnes du JDD ce samedi 27 septembre le choix du tribunal de ne pas retenir un document révélé par la presse en 2012, qui avait initié les premières interrogations à propos du financement libyen de la campagne présidentielle du candidat républicain en 2007.
«Il n'y a jamais eu un centime d'argent libyen dans ma campagne»
«Je suis serein. Parce qu’aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce délibéré, derrière une condamnation aussi injuste qu’infamante, prouve surtout que toute l’accusation s’est effondrée», a souligné l’époux de Carla Bruni. Ce dernier a fait référence à un document daté de 2006 et révélé par la presse en 2012. Sur la note, le chef des services de renseignement extérieur de la Libye ferait état d’un «accord de principe» pour «appuyer la campagne du candidat» Nicolas Sarkozy «pour un montant d’une valeur de 50 millions d’euros». Cependant, durant le délibéré de la peine, le tribunal a estimé que le document était «probablement un faux», choisissant de ne «pas le retenir comme preuve».
Le délibéré «confirme, comme je le dis depuis douze ans, qu’il n’y a jamais eu un centime d’argent libyen dans ma campagne. (…) C’est maintenant reconnu, ce n’était en réalité qu’une fable, un mensonge, une calomnie. Des pans entiers de l’accusation se sont écroulés (…). Il n’y a plus d’argent libyen dans ma campagne. Ce n’est pas rien», a pointé Nicolas Sarkozy auprès de nos confrères.
Et si le document publié en 2012 le mettant en cause a été écarté par le tribunal pour cause de «faux», «C’est qu’il y a eu des faussaires, des manipulateurs et donc un complot», a alerté l’ancien chef de l’État, mettant en parallèle la date de publication du document en 2012 avec sa défaite à l’élection présidentielle de 2012.
Nicolas Sarkozy clame son innocence et maintient «le combat pour la vérité»
Si le ministre de la Justice démissionnaire Gérald Darmanin a dénoncé ce samedi les menaces envers les magistrats depuis l’annonce de la condamnation, Nicolas Sarkozy a, lui, signalé «l’ampleur des moyens déployés par les juges d’instruction et le parquet pour tenter à tout prix d’établir [sa] culpabilité».
Répétant que le jugement prononcé était le résultat de «l’effondrement de la quasi-totalité de l’accusation», il a balayé cette dernière - «association de malfaiteurs» -, selon lui «rajoutée in extremis par les juges d’instruction à la toute fin de l’enquête, lorsqu’ils ont pris conscience que leur dossier était plus que fragile». L’ancien président de la République, qui a de nouveau clamé son innocence dans les colonnes du JDD, a cependant déploré «la souffrance que [sa] famille et [ses] amis ressentent».
«Je sentais leur présence dans la salle d’audience. Nous n’avions pas besoin de nous parler pour nous comprendre. Ils savent qu’ils sont ma force», a-t-il soutenu, en référence à son épouse Carla Bruni, mais aussi sa fille Giulia et ses fils Jean, Louis et Pierre.
«Je ne cesserai le combat que lorsque j’aurai obtenu la vérité, c’est-à-dire la reconnaissance de mon honnêteté», a-t-il certifié, suggérant même d’ouvrir le dossier judiciaire aux Français, par l’intermédiaire de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), afin qu’ils puissent «juger» sa condamnation.