La France s’apprête à vivre une vague de chaleur intense, un mois seulement après avoir sué sous les températures élevées du mois de mai. Les situations diffèrent pourtant, d’autres mécanismes météorologiques étant à l’œuvre.
Depuis 1947, pas moins de 51 vagues de chaleur ont été recensées à l’échelle nationale. Ces prochains jours, une nouvelle occurrence va faire son apparition, l’Hexagone étant dans l’expectative d’une 52e vague de chaleur, la première de l’année.
Le mercure montera sur l’ensemble du territoire, dès ce mercredi. Entre jeudi et dimanche, les très fortes chaleurs attendues seront accompagnées de nuits chaudes. La journée de dimanche s’annonce ainsi éprouvante, des possibles pointes à 40 °C pouvant émailler la Fête de la musique, notamment en Île-de-France, en Poitou-Charentes, dans le Centre-Val-de-Loire ou encore dans la Vallée du Rhône.
Les Français s’apprêtent donc à connaître des conditions météorologiques estivales marquées, après un bref répit. Le mois de mai avait, en effet, déjà été placé sous le signe du soleil, avec ses fortes températures. Pour autant, cet épisode de forte chaleur diffère de celui à venir.
Des différences notables
Pour cause, les températures enregistrées en mai ne rentraient pas dans les critères statistiques précis de l’indicateur thermique national créé en 1947. Les températures ayant plafonné à 24,8 °C, il ne s’agissait donc pas à proprement parler d’une vague de chaleur, mais d'un épisode de chaleur durable et intense. Celui-ci était dû à un phénomène météorologique appelé «dôme de chaleur».
De l’air chaud en provenance du Maroc avait remonté par la péninsule Ibérique, avant de se voir bloqué par un anticyclone particulièrement robuste. Cela avait entraîné une stagnation des masses. Un véritable couvercle sur une casserole, dont les effets s’étaient particulièrement fait ressentir dans les régions de l’ouest, du centre et du sud du pays.
La vague de chaleur attendue dans les prochains jours est, elle, due à un blocage anticyclonique, qui s'est mis en place sur l'ouest de l'Europe. Un effet de hautes pressions s’exerce, l’air se réchauffant par subsidence. «Par ailleurs, à partir de jeudi, une zone de basses pressions sur l'Atlantique va aspirer l'air très chaud du sud vers le nord du pays, ce qui va provoquer le début de l'épisode caniculaire», a fait savoir Météo-France lors d’un point presse.
Des facteurs aggravants
Si ce dimanche 21 juin marque la Fête de la musique, cette date coïncide également avec le solstice d’été dans l'hémisphère nord. Les journées s’apprêtent donc à devenir plus longues et les nuits plus courtes. De quoi influer sur les températures.
Avec des nuits plus courtes, le refroidissement nocturne se trouve en effet limité, tandis que les premiers rayonnements du soleil créent un nouvel apport de chaleur «Au moment du solstice d’été, les températures minimales peuvent être particulièrement élevées et les nuits plus difficiles», souligne Christelle Robert, prévisionniste à Météo-France.
En outre, l’assèchement des sols provoqués par les chaleurs observées en mai ont aggravé la situation. Des sols plus secs vont, en effet, avoir tendance à restituer davantage de chaleur. «L’épisode de mai a très globalement asséché l’ensemble des sols au niveau national. Il s’agit d’un facteur aggravant pour les températures que nous allons vivre», précise ainsi l’institut météorologique de référence.