Le président Vladimir Poutine a annoncé ce lundi 22 septembre que la Russie souhaitait prolonger d’un an les termes du traité de désarmement nucléaire New Start. Que signifie cette prolongation et qu'implique ce texte ?
Le dernier accord bilatéral du genre. À l’occasion d'une réunion télévisée avec des membres du Conseil de sécurité russe ce lundi 22 septembre, Vladimir Poutine a annoncé que la Russie souhaitait prolonger d'un an les termes du traité de désarmement nucléaire New Start, le dernier accord de maîtrise des armements liant Washington et Moscou, qui doit expirer en février prochain.
«La Russie est prête, après le 5 février 2026, à continuer de respecter pendant un an les restrictions quantitatives centrales prévues par le traité Start», a ainsi déclaré le chef du Kremlin.
Signé à Prague en 2010 par les présidents Barack Obama pour les Etats-Unis et Dmitri Medvedev pour la Russie, le traité New Start était le dernier accord bilatéral du genre liant les deux anciens rivaux de la Guerre froide. Il répondait à une stratégie politique nommée «reset», dans l’optique de «réinitialiser» les relations entre les Etats-Unis et la Russie, suite à la guerre froide.
Dans le détail, l'accord New Start devait limiter les arsenaux des deux puissances nucléaires à un maximum de 1.550 ogives déployées de chaque côté, soit une réduction de près de 30% par rapport à la limite précédente, fixée en 2002. Il limitait aussi le nombre de lanceurs et bombardiers lourds à 800, ce qui reste suffisant pour détruire la Terre plusieurs fois.
Le traité prévoyait en outre un mécanisme de vérifications. Cependant, ces inspections ont été interrompues depuis que Moscou a suspendu sa participation au traité il y a deux ans, sur fond de conflit en Ukraine et de tension croissante avec les Occidentaux.
Un traité qui devait être prolongé
Afin de le prolonger, des négociations devaient être organisées, mais ces dernières étaient restées dans l’impasse pendant toute la présidence de Donald Trump, qui voulait voir la Chine, autre puissance nucléaire majeure, être incluse dans les restrictions des arsenaux.
Moscou et l'administration de Joe Biden avaient trouvé un accord en janvier 2021 pour le prolonger de cinq ans, jusqu'au 5 février 2026, dans un climat de grande défiance mutuelle, entre désaccords persistants sur un nombre croissant de dossiers internationaux, accusations d'ingérence électorale, d'espionnage et vague massive de cyberattaques. L'accord de prolongation avait été promptement ratifié par le Parlement russe, puis validé par Washington.
Néanmoins, avec la guerre en Ukraine entamée en février 2022, la Russie avait annoncé suspendre les inspections américaines prévues sur ses sites militaires dans le cadre du traité.
Il semble donc que Moscou soit prêt à revoir sa position. Toutefois, pas sans conditions. «Nous pensons que la prolongation de ce traité ne sera viable que si les États-Unis agissent de manière analogue et ne prennent pas de mesures qui sapent ou violent le ratio actuel de capacités de dissuasion», a précisé le président russe.
Selon lui, après cette période d'un an, Moscou prendra une décision, «sur la base d'une analyse de la situation», concernant le maintien ou non de ces «restrictions volontaires». Il a par ailleurs affirmé qu'un «rejet complet» de «l'héritage» du traité New Start constituerait «à de nombreux points de vue une mesure erronée et de courte vue».